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QUESTION D'ACTU

Suivi à long terme

Les survivants d’Ebola ont des anomalies sévères du système immunitaire deux ans après

Les survivants d’Ebola devraient être suivis à long terme, notamment au niveau des marqueurs inflammatoires. 

Les survivants d’Ebola ont des anomalies sévères du système immunitaire deux ans après Harry1978/iStock

  • Publié le 30.07.2020 à 15h00
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L'ESSENTIEL
  • Au cours de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest (2013-2016), plus de 28 000 personnes ont été infectées et plus de 11 000 d’entre elles sont décédées.
  • Les chercheurs soulignent l’existence à long terme d’une persistance de l’activité immunitaire spécifique à Ebola et d’une inflammation intense et chronique chez ces anciens malades, deux ans après avoir été infectés par le virus.

Quatre ans après la fin de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, et alors que la maladie continue de faire des ravages en RDC, une nouvelle recherche publiée dans Nature Communications démontre que les survivants présentent des anomalies sévères du système immunitaire deux ans après avoir été contaminés. Le système immunitaire est l'ensemble des cellules, des tissus et des organes qui assurent la défense de l'organisme contre les agents extérieurs, notamment infectieux.

Au cours de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest (2013-2016), plus de 28 000 personnes ont été infectées et plus de 11 000 d’entre elles sont décédées. Si les conséquences à long terme sur la santé des survivants sont encore mal connues, un nombre croissant d’études décrit des séquelles cliniques persistantes chez ces patients. On parle par exemple d’une fatigue généralisée, de douleurs musculo-squelettiques ou encore de troubles oculaires.

Echantillons de salive, d’urine et de sperme

Une nouvelle étude, menée par le professeur Yves Lévy et sa collègue Aurélie Wiedemann à l’Institut de Recherche Vaccinale (Inserm/Université Paris-Est Créteil), est l’une des premières à s’intéresser au profil immuno-inflammatoire à long terme des survivants d’Ebola.

Les chercheurs se sont fondés sur l’analyse de prélèvements sanguins de 35 individus recrutés en moyenne deux ans après la survenue de leur maladie. Un groupe contrôle a également été mis en place afin de comparer leurs profils immunitaires. Chaque patient a été vu à trois reprises pour réaliser ces prises de sang. En outre, des échantillons de salive, d’urine et de sperme ont été analysés pour écarter la présence du virus.

L’analyse des échantillons sanguins indique que, même lorsque les survivants sont guéris physiquement et n’ont plus de virus détectable, ils présentent encore un profil immunitaire particulier, différent de celui des personnes n’ayant jamais contracté la maladie.

Les chercheurs ont notamment identifié la présence de cellules immunitaires, appelées lymphocytes T mémoires CD4+ et CD8+, spécifiques du virus, qui subsistent deux ans après la maladie dans le sang des 35 survivants. “On retrouve également un nombre plus élevé de lymphocytes T CD8+ cytotoxiques impliquées dans la destruction des cellules infectées ainsi que la présence d’anticorps IgG spécifiques du virus Ebola chez ces survivants", notent les chercheurs. 

Vers une maladie chronique

Par ailleurs, l’équipe a montré la présence d’une quantité importante de marqueurs inflammatoires dans les échantillons sanguins, qui témoignent de la persistance d’une inflammation chez les survivants d’Ebola. Enfin, cette étude a mis en évidence que certains marqueurs immunitaires spécifiques étaient associés à la persistance des symptômes chez ces patients.

Ces résultats soulignent donc l’existence à long terme d’une persistance de l’activité immunitaire spécifique à Ebola et d’une inflammation intense et chronique chez ces anciens malades, deux ans après avoir été infectés par le virus. “Nos travaux soulignent l’importance de réaliser un suivi à long terme des survivants d’Ebola, ce qui avait déjà été mis en avant dans les études portant sur les séquelles cliniques. Il est important de voir comment l’état et le profil immunitaire de ces personnes évolue et si l’on ne s’oriente pas vers une maladie chronique”, précise Aurélie Wiedemann.

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