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QUESTION D'ACTU

Le Jour d'Après

Jean-Paul Ortiz: “L'accès aux soins doit se faire par la médecine de ville”

Dans une série d'émissions consacrées au “Jour d'Après”, le docteur Jean-François Lemoine reçoit les principaux acteurs du système de santé. Aujourd'hui, le docteur Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats de médecins (CSMF). Au lendemain d'une crise à laquelle la médecine de ville a payé un lourd tribut, il veut peser sur les débats du “Ségur” de la santé pour replacer les libéraux au cœur du système.

Jean-Paul Ortiz: “L'accès aux soins doit se faire par la médecine de ville” DR

  • Publié le 17.06.2020 à 11h35
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La médecine, on l'exerce ensemble, en coordination et en partage, ou on s'isole et c'est une vision du passé !”. A travers cette affirmation, Jean-Paul Ortiz, le président de la Confédération des syndicats de médecins français (CSMF) et lui-même praticien néphrologue, dresse le bilan de la crise du coronavirus en même temps qu'il pose sa conviction dans le débat qui s'ouvre à l'occasion du “Ségur” de la santé qui doit déboucher sur une remise en état de notre système de soins.

Même si le patron de la CSMF, en grand connaisseur des plans successifs qui ont cherché à redonner tout son lustre au système français, craint qu'il ne sorte “pas grand-chose” de cette “grande messe, avec beaucoup de monde mais où tout risque de se traiter surtout ailleurs”, il y place tout de même “l'espoir que cela fasse bouger les lignes”.

“On nous a envoyés au front sans protection, on ne peut pas l'oublier”

Tout ne peut pas reposer sur l'hôpital, l'accès aux soins doit se faire par la médecine de ville!”, réaffirme avec force celui qui préside le syndicat historique des médecins libéraux. Et Jean-Paul Ortiz d'illustrer son propos en revenant sur la crise sanitaire. " On a tout misé sur l'hôpital et on est allé voir les libéraux après !", s'indigne-t-il en contenant mal son émotion sur le sort réservé à la médecine de ville : "Nous avons servi de roue de secours dans la crise du coronavirus, mais on nous a envoyés au front sans aucune protection, on ne peut pas oublier les 26 médecins libéraux qui l'ont payé de leur vie, la nation doit être reconnaissante, elle doit mettre en place un système qui repose sur ces soldats de la première ligne".

Fort de ce constat qui conforte la ligne qu'il préconise, Jean-Paul Ortiz entend bien faire entendre sa voix dans les débats du "Ségur" de la santé. "On nous demande de proposer des mesures concrètes, il va y en avoir !", prévient-il. Et il les décline. Sur la rémunération des praticiens, "il faut une base unique du statut de médecin, que l'on exerce en ville ou à l'hôpital, avec une rémunération et un statut communs, c'est ce que veulent les jeunes générations qui souhaitent avoir cette base qui leur assure la sécurité mais aussi la liberté d'aller au-delà avec, à ce moment-là, une rémunération en fonction de leur activité", explque-t-il.

Sur les urgences, l'hôpital doit, pour la patron de la CSMF, "être réservé aux urgences graves". Et Jean-Paul Ortiz avance deux chiffres qui, effectivement, invitent à la réflexion :"Pour une petite urgence, il en coûte 200 euros d'être pris en charge à l'hôpital; pour une prise en charge équivalente en termes de qualité des soins par un médecin de ville, il en coûte 25 euros!".

Dépenser plus d'argent pour la santé ?

Faudrait-il alors que le pays soit prêt à dépenser plus d'argent pour sa santé ? "Non, plus que distribuer de l'argent, il faut réorganiser le système, plaide le président de la CSMF, il faut favoriser la coordination entre médecins, leur donner du temps, des outils, et ramener l'Etat à son rôle de stratège et d'accompagnateur, pas dé régulateur", précise-t-il en épinglant au passage les ARS (Agences Régionales de Santé) "qui sont plus souvent des freins que des facilitateurs".

Cette voix des libéraux sera-t-elle entendue dans un "Ségur" qui pourrait être tenté de l'ignorer en s'appuyant sur l'influence relative d'un univers syndical parfois divisé ? Jean-Paul Ortiz qui oeuvre pour une représentation plus forte reconnait cette faiblesse. Mais il avance sa botte secrète :" Nos armes, ce sont les Français qui aiment leurs médecins ! Les politiques feraient bien de les écouter ..."

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