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Déconfinement

Enfants et Covid-19 : tout ce qu’il faut savoir avant la réouverture des classes

Alors que les jeunes Français s'apprêtent à reprendre le chemin des classes dès le 11 mai, une étude allemande révèle que les enfants “pourraient être aussi contagieux que les adultes”. Une nouvelle qui survient dans un contexte où des cas infantiles alarmants sont recensés dans le pays. En parallèle, Santé publique France, elle-même, insiste sur la difficulté d'évaluer la circulation du SARS-CoV-2 chez les mineurs. Pourquoi Docteur fait le point.

Enfants et Covid-19 : tout ce qu’il faut savoir avant la réouverture des classes Coscaron/iStock

  • Publié le 06.05.2020 à 18h00
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À moins d'une semaine de la réouverture des crèches, écoles, collèges et lycées en France, des chercheurs issus de l'université de Bonn (Allemagne), sont parvenus à une découverte inquiétante. Selon l'étude, menée par le docteur Christian Drosten — le virologue qui conseille Angela Merkel — les enfants “pourraient être aussi contagieux que les adultes".

En effet, après avoir analysé les données de 3 712 patients atteints du Covid-19, les scientifiques ont conclu que “la charge virale chez les très jeunes ne diffère pas de manière significative de celle des adultes. En s'appuyant sur ces résultats, nous devons mettre en garde contre une réouverture illimitée des écoles et des crèches dans la situation actuelle”, écrivent les chercheurs. 

De plus en plus d'enfants touchés par une maladie inflammatoire émergente 

Cet avertissement s'ajoute à l'émergence de cas infantiles alarmants recensés dès la fin du mois d'avril au Royaume-Uni, en Espagne, en France, en Italie et aux États-Unis. Ils ont été évoqués pour la première fois lundi 27 avril, au Royaume-Uni, lorsque la Société de soins intensifs pédiatriques a déclaré avoir reçu une alerte des services de santé dans le week-end. En cause : “Une légère hausse du nombre d'enfants malades dans un état critique présentant un tableau clinique inhabituel”, selon le communiqué.

Si la plupart des jeunes patients ont été testés positifs au Covid-19, ce n'était pas le cas de tous. Ils présentaient néanmoins plusieurs symptômes communs, tels que les caractéristiques du syndrome de choc toxique, ainsi qu'“une forme atypique de la maladie de Kawasaki [une maladie infantile rare caractérisée par une atteinte du cœur et des vaisseaux, NDLR] avec des paramètres sanguins concordant avec des cas sévères de Covid-19.” Autres similarités : des douleurs abdominales, des symptômes gastro-intestinaux et une inflammation cardiaque. 

L'Italie, la France, l'Espagne, le Royaume-Uni et les États-Unis concernés 

Dans la journée du 27 avril, l'Association pédiatrique espagnole a signalé à son tour l'émergence de cas semblables depuis deux semaines dans le pays. En Italie, le Corrierre della sera rapportait le 28 avril qu'un pédiatre urgentiste de Bergame avait identifié ces cas dans son hôpital dès le 21 avril. En France, Olivier Véran, le ministre de la Santé, s'est exprimé à ce sujet sur Franceinfo le 29 avril, déclarant avoir reçu une alerte “de la part d'équipes parisiennes". Celles-ci lui signalaient que, dans l'Hexagone, “une quinzaine d'enfants présentent des symptômes de fièvre, digestifs et un syndrome inflammatoire vasculaire assez général qui peut provoquer une défaillance cardiaque.” 

Selon Libération, le directeur médical de crise de l’AP-HP, Bruno Riou, indiquait dans une note du 29 avril destinée aux médecins du groupe “que 21 cas précisément sont en ce moment pris en charge dans les réanimations pédiatriques. Une adolescente de 16 ans se trouve également en réanimation à la Pitié-Salpêtrière”. Selon nos confrères, le document faisait état d’autres cas à Reims, Nancy, Bordeaux, Montpellier, Chambéry et Lyon.

“Un peu plus d’une cinquantaine d’enfants sont concernés à Paris”

Des nouveaux cas sont toujours recensés en France depuis le début du mois, comme l'a signalé le professeur Damien Bonnet, chef de service en cardiologie congénitale et pédiatrique à l'hôpital Necker-Enfants malades, à Paris, dans une interview accordée à Marianne le 5 mai.

[Dans l'établissement], il y a environ trois enfants hospitalisés par jour pour cette nouvelle forme de la maladie de Kawasaki, admis dans des secteurs de soins intensifs, mais pas tous en réanimation. Ce rythme n’a pas changé depuis maintenant une dizaine de jours. Si on mélange toutes les formes sévères et sérieuses — car tous les enfants ne sont pas en réanimation — un peu plus d’une cinquantaine d’enfants sont concernés à Paris”, estime le docteur.

Quinze enfants âgés de 2 à 15 ans hospitalisés à New York

De même, comme le rapporte l'AFP, dont Le Figaro s'est fait l'écho le 5 mai, 15 enfants âgés de 2 à 15 ans ont été hospitalisés entre le 17 avril et le 1er mai à New York. Chacun d'entre eux a eu besoin d'assistance respiratoire ou cardiaque, voire les deux. Des cas ont également été recensés à Philadelphie, ainsi qu'à Boston. Si le lien avec le Covid-19 n'a pas encore été établi, Santé publique France indique sur son site qu'une “quarantaine de cas sont actuellement en cours d'investigation” dans l'Hexagone et qu'ils “sont vraisemblablement en lien avec une infection symptomatique ou non par le SARS-CoV-2.”

L'état des lieux flou de Santé publique France 

Ces données assombrissent l'état des lieux de la littérature scientifique à la date du 24 avril 2020, dressé par l'agence qui dépend du ministère de la Santé. En effet, dans un document de 28 pages publié le 4 mai, Santé publique France propose une synthèse plutôt floue sur le Covid-19 chez les enfants. Elle s'était donné l'objectif d'évaluer les bienfaits et les risques de la réouverture des crèches, écoles, collèges et lycées le 11 mai.

Si l'institution rappelle que “les données disponibles concernant le Covid-19 chez l'enfant sont encore limitées", elle indique qu'ils “semblent autant sujets à l'infection par le Sars-CoV-2 que les adultes", en citant les chiffres de la Chine, de la Corée du Sud, ainsi que de l'Islande. Néanmoins, Santé publique France note que le nombre de cas pédiatriques de nouveau coronavirus rapportés dans le monde sont minoritaires, notamment en Chine, en Italie, aux États-Unis et en France. En effet, ils représentent 1 à 5% de l'ensemble des personnes diagnostiquées. 

“La transmission à partir d’enfants infectés est possible mais n’a pas été observée”

En cause : “Les enfants infectés présentent majoritairement des formes asymptomatiques ou peu graves”, rappelle Santé publique France. Il n'est donc pas aisé de définir clairement le rôle des moins de 18 ans dans la propagation du virus. “La transmission à partir d’enfants infectés, éventuellement asymptomatiques, est possible mais n’a pas été observée”, note l'agence. De même, il a été observé que près de 90% des mineurs infectés “l'ont été par l'intermédiaire d'une exposition intrafamiliale à un cas suspecté ou confirmé chez un adulte.”

Ainsi, l'état des lieux insiste sur la difficulté d'évaluer la circulation du SARS-CoV-2 chez les mineurs, et, de fait, de déterminer les conséquences de la réouverture des classes dès le 11 mai sur le contrôle de l'épidémie. De plus, il est important de rappeler que cette synthèse ne prend pas en compte les données recueillies après le 24 avril 2020, soit quelques jours avant l'émergence de cas d'enfants hospitalisés pour des réactions inflammatoires inquiétantes.

https://www.pourquoidocteur.fr/MaladiesPkoidoc/1176-Coronavirus-Covid-19-n-est-qu-une-infection-virale-poumon

Ci-dessous, l'interview du Pr Robert Cohen sur l'étude qui souligne le degré de contagiosité des enfants :

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