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Covid-19

L'épidémie vue par les médecins-réanimateurs : “Nous restons sur nos gardes !”

Ils sont au cœur de la crise du coronavirus dans les hôpitaux. Après un pic de l'épidémie qui leur a fait craindre le pire, les médecins réanimateurs restent mobilisés. Ils ont eux aussi appris sur cette maladie pleine d'inconnues. Leur regard sur deux mois de tension.

L'épidémie vue par les médecins-réanimateurs : “Nous restons sur nos gardes !” dan-alto/iStock

  • Publié le 22.04.2020 à 17h15
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L'ESSENTIEL
  • Deux professeurs responsables de services de réanimation témoignent sur la crise du coronavirus
  • Ils dressent le "portrait-robot" des patients Covid-19 en réanimation en soulignant notamment le risque lié au surpoids

Covid-19, c'est pour certains un voyage de 10 jours à 3 semaines en réanimation et au cours de la traversée de ce tunnel, il faut les tenir en oxygénation”. Le professeur Elie Azoulay, chef du service de réanimation à l'hôpital Saint-Louis, exprime bien à travers cette image l'importance de sa spécialité et du travail de ses équipes dans l'épidémie de pneumonie sévère due au coronavirus. 

Une importance qui se traduit aussi par des chiffres : il y a aujourd'hui plus de 30 000 personnes toujours hospitalisées pour Covid-19 dont plus de 5 600 en réanimation. Une situation qui s'améliore de jour en jour. Cependant, on n'est pas passé loin du “désastre sanitaire”. “Au moment où nous avons atteint le pic de l'épidémie en Ile de France, nous étions au maximum de nos capacités, reconnaît Alexandre Demoule, chef du service de réanimation à la Pitié-Salpêtrière. On ne sait pas ce qui adviendra dans les prochaines semaines, on n'est pas à l'abri d'une deuxième vague après le déconfinement, nous restons sur nos gardes !”

Des patients qui arrivent avec des signes respiratoires sévères

Aujourd'hui, tout le monde reconnaît notre rôle et cette reconnaissance permet de supporter la charge de l'événement, explique Elie Azoulaye en soulignant l'implication de ses équipes dans cette crise. En réanimation, médecins et infirmiers ne peuvent pas travailler les uns sans les autres.”

Mais que se passe-t-il vraiment de ces services de réanimation dont on voit souvent des images faites de patients dans des lits médicalisés autour desquels s'affairent des professionnels de santé ? “Avec Covid-19, la trajectoire principale qui amène les patients en réanimation, c'est une trajectoire pré-hospitalière, c'est-à-dire qu'il s'agit de patients atteints à leurs domiciles de signes respiratoires sévères, en fort déficit d'oxygénation et qui arrivent directement dans nos services”, précise Elie Azoulay. Ces patients souffrent d'atteintes pulmonaires. "Dans un premier temps, on essaie de leur donner de l'oxygène par des méthodes non-invasives, ajoute Alexandre Demoule, en espérant ne pas avoir à les intuber, sachant que l'intubation ne concerne au final qu'environ 15% des patients.”

“Au-delà de l'âge, l'important c'est la fragilité d'une personne”

Depuis le début de cette crise, l'un et l'autre de ces experts de la réanimation ont fini par recueillir assez d'éléments pour dresser une sorte de “portrait-robot” des patients qui arrivent dans leurs services. “Dans les facteurs de risque, il y a évidemment l'âge et aussi tout ce qui est lié à l'immunodépression, que ce soit à cause d'une maladie ou d'un traitement, mais au-delà de l'âge  — certains de mes patients de 60 ans étaient en meilleure forme que des patients de 40 ans — l'important est le degré de fragilité d'une personne, son autonomie par rapport à une vie sans aide, que ce soit sur le plan physique ou cognitif”, affirme Elie Azoulay.

Il y a également cette “inégalité” liée au genre: “Les trois quarts de mes patients sont des hommes, confirme Alexandre Demoule, sans que l'on sache si c'est lié à des modes de vie, à des comorbidités ou à d'autres facteurs associés au sexe masculin.” Autre catégorie de patients très présents en réanimation, les personnes en surpoids ou souffrant d'obésité. “Ils représentent 80% de mes patients, mais on ne sait pas encore si leur état les rend plus sensibles à une infection par le coronavirus ou s'il entraîne des formes plus graves de cette infection”, ajoute Alexandre Demoule.

Les deux chefs de service ont enfin été, comme de nombreux médecins, surpris par les particularités de Covid-19, et notamment cette “aggravation du 7e jour”. “La première phase de la maladie, c'est une pneumonie virale… et le 8e jour, il se produit un rebond inflammatoire avec des complications thrombo-emboliques”, remarque Elie Azoulay.

https://www.pourquoidocteur.fr/MaladiesPkoidoc/1176-Coronavirus-Covid-19-n-est-qu-une-infection-virale-poumon

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