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En cours de fabrication

Bientôt des toilettes intelligentes capables de détecter les maladies ?

Des chercheurs américains ont annoncé être en train de fabriquer des toilettes capables d'analyser les urines et les selles des utilisateurs pour détecter d'éventuels problèmes de santé. 

Bientôt des toilettes intelligentes capables de détecter les maladies ?  Vichai phububphapan/iStock

  • Publié le 12.04.2020 à 09h00
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L'ESSENTIEL
  • Des Américains ont mis au point des toilettes capables d'analyser les urines et les selles
  • Ce dispositif peut être relié à une application qui alerte l'utilisateur en cas d'anomalie détectée

Les toilettes intelligentes, l’avenir de la santé ? Il semblerait bien. Il y a environ un an, la start up Heart Health Intelligence a en effet annoncé avoir créé un siège de WC capable de détecter l’insuffisance cardiaque congestive. Il y a quelques mois, des chercheurs de l’université du Winconsin (Etats-Unis) avaient annoncé être en train de fabriquer des toilettes intelligentes capables de collecter des informations dans les urines pour suivre l’état de santé d’un individu en temps réel. Récemment, des chercheurs de l’université américaine de Standford ont annoncé avoir eux aussi un projet similaire dans leurs tuyaux. Projet de plus en plus concret puisqu’ils ont testé leurs super WC sur 21 sujets. Les résultats de leur étude sont parus dans le 6 avril dans la revue Nature Biomedical.

Notre concept remonte à plus de 15 ans, explique le professeur Sam Gambhir, dans un communiqué paru sur le site de l’université. Quand je l'évoquais, les gens riaient en quelque sorte parce que cela semblait être une idée intéressante, mais aussi un peu bizarre.” Les chercheurs ont donc mis au point des toilettes équipées, à l’intérieur de la cuvette, d’une technologie détectant les mouvements de l’utilisateur. Celle-ci déploie un mélange-test pour évaluer les dépôts. Dans le détail, les échantillons d’urine sont soumis à une analyse physique et moléculaire, tandis que l’évaluation des selles est basée sur des caractéristiques physiques.

Ensuite, la cuvette envoie automatiquement les données à un système sécurisé en ligne. Celles-ci sont alors traitées par un ensemble d’algorithmes capables de distinguer les “urodynamiques” normales (débit, temps de parcours et volume total, entre autres paramètres) et les consistances des selles malsaines.

“Tout le monde utilise les toilettes”

Ces super-toilettes utilisent également des bandes d’analyses d’urine pour mesurer certaines caractéristiques moléculaires, car la “numération des globules blancs, une contamination sanguine constante, certains niveaux de protéines et d'autres paramètres peuvent indiquer un éventail de maladies, allant de l'infection au cancer de la vessie en passant par l'insuffisance rénale”, expliquent les chercheurs. Actuellement, les toilettes sont capables de mesurer 10 biomarqueurs différents.

"Le truc avec les toilettes intelligentes, cependant, c'est que contrairement aux articles portables, vous ne pouvez pas les enlever”, explique Sam Gambhir. La technologie est intégrée dans une cuvette classique de porcelaine. “C'est un peu comme si vous achetiez un bidet supplémentaire qui peut être monté directement dans vos toilettes existantes. Et comme un bidet, il a de petites extensions qui remplissent différentes fonctions (…) Tout le monde utilise les toilettes — il n'y a pas moyen de les éviter — et cela augmente leur valeur en tant que dispositif de détection des maladies”, se félicite-t-il.

Néanmoins, ce qui pourrait bien perturber certains consommateurs serait le système d’identification intégré. “Le but est de fournir un retour d'information précis et individualisé sur la santé, nous devions donc nous assurer que les toilettes puissent discerner entre les utilisateurs, explique Sam Gambhir. Pour ce faire, nous avons fabriqué un levier de chasse d'eau qui lit les empreintes digitales.” Pour encore plus de fiabilité, les chercheurs ont également agrémenté les toilettes d’un petit scanner permettant de reconnaître certaines parties du corps difficilement accessibles pour un appareil photo classique. “Nous savons que cela peut paraître bizarre, mais il s'avère que votre empreinte anale est unique”, détaille Sam Gambhir, assurant que ces toilettes n’ont ni vocation à remplacer un médecin ni un diagnostic.

Individualiser les tests ?

Dans la pratique, les capteurs ne transmettront aucune donnée directement au patient. “Dans un scénario idéal, si quelque chose de douteux devait se produire — comme du sang dans les urines — une application équipée d'une protection de la vie privée enverrait une alerte à l'équipe de soins de santé de l'utilisateur, permettant aux professionnels de déterminer les prochaines étapes pour un diagnostic correct. Les données seraient stockées dans un système sécurisé, basé sur Internet”, précisent les chercheurs.  

Quant à ceux qui s’inquiéteraient de l’utilisation de leurs données de santé, Gambhir tient à les rassurer. “Nous avons pris des mesures rigoureuses pour garantir que toutes les informations soient dépersonnalisées lorsqu'elles sont envoyées dans le nuage et que les informations — lorsqu'elles sont envoyées aux prestataires de soins de santé — soient protégées en vertu de la loi HIPAA, explique le chercheur, en référence à la loi américaine sur la portabilité et la responsabilité de l'Assurance maladie, qui restreint la divulgation des dossiers de soins de santé.

Désormais, les chercheurs voudraient augmenter le nombre de participants à leurs études. Ils travaillent également à intégrer des caractéristiques moléculaires à l’analyse de selles et à perfectionner des technologies déjà efficaces. Enfin, à terme, ils souhaiteraient individualiser les tests mis en place par les WC. Ainsi, un diabétique pourrait avoir besoin de faire contrôler son urine pour le glucose tandis qu’un utilisateur prédisposé au cancer de la vessie ou des reins pourrait avoir besoin que ses toilettes contrôlent la présence de sang dans ses urines. Reste à convaincre les potentiels consommateurs frileux de l’utilité d’une telle technologie.

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