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Consommation d'alcool en France : dans quelle région boit-on le plus ?

C'est en Occitanie que les habitants consomment le plus d'alcool quotidiennement (12,6%) révèle Santé publique France ce mardi. 

Consommation d'alcool en France : dans quelle région boit-on le plus ? Natalia Van Doninck/iStock




En moyenne, 10% des Français boivent quotidiennement de l’alcool mais cela varie selon les régions. Ce mardi 14 janvier, alors que l’opération Dry January tente tant bien que mal de se faire une place dans l’Hexagone, Santé publique France a publié un “palmarès” de la consommation d’alcool par région. D’après l’agence française, l’Occitanie arrive en premier (en 2017, 12,6% des habitants âgés de 18-75 ans buvaient tous les jours), suivie de la Nouvelle-Aquitaine (12,3%) et des Hauts-de-France (11,5%).

La consommation quotidienne d’alcool “est significativement moins fréquente en Île-de-France (7,1%), en Normandie (7,9%) et dans les Pays de la Loire (8,1%)”, précise le communiqué. Qui plus est, elle est en baisse partout depuis 2000 dans le pays, surtout “en Occitanie, en Nouvelle Aquitaine et en Île-de-France.”

En revanche, concernant la consommation hebdomadaire d’alcool, les chiffres sont plus élevés. Près d’un tiers des Français (32,5%) boivent au moins une fois par semaine. Les alcoolisations ponctuelles importantes (six verres ou plus en une seule occasion) sont à la hausse, spécialement en Bretagne (20,5%) et en Auvergne Rhône-Alpes. Outre-mer, les Français ne sont en reste plus non plus puisque 47,7% des Martiniquais et 43,4% des Guyanais boivent de façon hebdomadaire.

En outre, les alcools consommés ne sont pas les mêmes en fonction des régions : dans le Nord, à l'Est en Bretagne, on boit plus de bière que dans le reste du pays. En Nouvelle-Aquitaine, en Occitanie et en Auvergne-Rhône-Alpes, où la production vinicole est très importante, les habitants consomment surtout du vin. 

Ne pas dépasser deux verres par jour

“Ces données confirment les tendances observées en Europe (…) Les comportements tendent à s’uniformiser. Ainsi, en France, on note une consommation régulière plus faible et une augmentation des consommations ponctuelles importantes"” explique Santé publique France.

De nombreux passages aux urgences directement liés à l’alcool ont d’ailleurs été recensés en 2017. “Pour les hommes, en moyenne quotidienne et suivant les régions, entre 1,2% et 3,1% des passages aux urgences sont en lien direct avec une consommation d’alcool” en 2017, alerte l’agence. Un chiffre qui monte à 7,3% pour la Réunion. “Il s’agit en majorité d’intoxications éthyliques aiguës”, est-il précisé. Les femmes sont en revanche moins touchées par ce phénomène (entre 0,3% et 1,4% des passages aux urgences liés à l’alcool en 2017). 

En conclusion, Santé publique France rappelle que pour limiter les risques liés à l’alcool il ne faut pas dépasser “10 verres par semaine et 2 verres par jour”. Il est également recommandé d’arrêter complètement de boire au moins deux jours par semaine afin de laisser au temps au corps (et surtout au foie qui élimine l’alcool à 95%) de récupérer.

Des conséquences néfastes sur la santé physique et psychique

Si la consommation de l’alcool a diminué de moitié en France ces cinquante dernières années, elle reste en moyenne responsable de 41 000 décès par an. A long terme, la consommation d’alcool régulière peut entraîner de nombreux problèmes. Elle favorise les risques de développer un cancer de la bouche et de la gorge, de l’œsophage, du foie, du côlon et du rectum et même du sein. Par ailleurs, boire trop souvent élève la pression artérielle et augmente le risque d’hypertension. Cela favorise également les hémorragies cérébrales et peut entraîner des troubles du rythme cardiaque. L’alcool est aussi la principale cause de cirrhose du foie, une maladie chronique et irréversible qui se caractérise par une destruction progressive des cellules, remplacées par un tissu fibreux.

Cependant, l’alcool n’a pas que des conséquences sur la santé physique. En effet, une consommation régulière et excessive serait également responsable de troubles cognitifs (altération de la mémoire, des capacités de planification, d’attention et de prise de décisions). Sans surprise, plus la consommation d’alcool commence à un jeune âge, plus la détérioration du cerveau est importante. Enfin, une consommation excessive d’alcool est souvent associée par les scientifiques à des troubles physiques comme l’anxiété et la dépression. Trop boire aurait également des conséquences néfastes sur le sommeil.

Afin de pousser les Français à diminuer leur consommation d’alcool, des associations ont lancé cette année le Dry January dans l’Hexagone, soit un mois sans alcool, à l’image de l’opération menée tous les ans en Angleterre depuis 2013. Chez nous, le mouvement a bien plus de mal à prendre que chez nos voisins d’outre-Manche. En effet, alors que le gouvernement voulait à l’origine lancer cette campagne au niveau national, il a dû l’annuler suite à la pression des lobbies, mais les associations l’ont maintenue avec les moyens du bord. Aujourd’hui, sur le site officiel français du Dry January, seuls 8 136 personnes disent participer. A titre de comparaison, il y a un an, au Royaume-Uni, 4,2 millions de personnes avaient déclaré leur intention d’essayer d’arrêter l’alcool au mois de janvier.

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