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QUESTION D'ACTU

Soulager la douleur

La Fédération des médecins réclame le droit d’administrer un sédatif aux patients en fin de vie

Dans une interview accordée au Parisien, le président de la Fédération des médecins de France réclame le droit de pouvoir administrer du Midazolam, un puissant sédatif, aux patients en fin de vie afin de les aider à mourir.

La Fédération des médecins réclame le droit d’administrer un sédatif aux patients en fin de vie KatarzynaBialasiewicz/iStock

  • Publié le 04.01.2020 à 08h00
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J'ai promis et je l'ai fait. C'était une sorte de contrat moral.” C’est en ces termes que Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins, assure déjà avoir aidé à mourir un patient atteint d’un mélanome découvert à un stade très avancé. Il assure d’être loin d’être le seul médecin généraliste à avoir déjà assisté un patient dans sa fin de vie. “Beaucoup font la même chose. Ils ont eu la chance de ne pas être dénoncés par un confrère malveillant ou poursuivi par la famille. S'il fallait interdire d'exercice tous les médecins généralistes qui prennent en charge la fin de vie, sans être tout à fait dans les règles, la France serait un Sahara médical.”

Un médecin traitant mis en examen

Dans les colonnes du Parisien, le président de la Fédérations des médecins de France plaide pour la légalisation de l’administration d’un puissant sédatif aux patients en fin de vie et désireux de mourir.

Cette prise de position survient alors que mi-novembre, un médecin généraliste exerçant près du Havre a été mis en examen pour “administration de substances nuisibles ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. Il est notamment accusé d’avoir administré entre 2015 et 2019 à cinq patients aujourd’hui décédés du Midazolam, un puissant sédatif qui soulage la douleur et n’est, pour l’heure, disponible qu’en milieu hospitalier. Accusée de lui avoir fourni les ampoules, son épouse, anesthésiste-réanimatrice en clinique, est aussi poursuivie pour complicité et abus de confiance. Le médecin traitant a reconnu les faits et précisé “qu’il ne s’inscrivait pas dans une démarche d’euthanasie”. Dans l’attente de son procès, il est interdit d’exercer la médecine.

Mieux considérer les médecins généralistes

Pour Jean-Paul Hamon, l’histoire de ce médecin “connu, compétent et dévoué”, “illustre de façon criante le mépris envers les généralistes et les difficultés que l'on a à exercer correctement notre métier.”

Selon lui, il est urgent de lever la suspension d’exercer des médecins généralistes administrant des sédatifs aux patients en fin de vie. Il est aussi nécessaire de les autoriser à utiliser des sédatifs comme le Midazolam car ils soulagent leurs douleurs et leur permettent de “partir en douceur dans un service de soins palliatifs ou lors d'une hospitalisation à domicile (HAD)”. “Il y a des malades qui habitent dans des régions où il n'y a pas de service de HAD ou qui ne le souhaitent pas. Que fait-on des patients atteints de cancers incurables au stade terminal, des personnes âgées voulant mourir chez elles mais que la morphine ne peut même plus calmer ? On les laisse dans d'atroces souffrances et on dit à la famille, impuissante, que l'on ne peut rien faire ? C'est insupportable”, s’alarme le président de la Fédération des médecins de France.

Jean-Paul Hamon l’assure : l’administration de Midazolam n’est en rien comparable à l’euthanasie. “C'est une étape supplémentaire dans la prise en charge de la douleur. Lorsqu'un patient veut mourir chez lui, il faut que son départ soit le plus digne possible. Ça s'appelle du soin”, affirme le médecin.

Plaidant pour une utilisation encadrée du sédatif, il souhaite que les médecins généralistes puissent eux aussi le prescrire et l’administrer lorsqu’ils le jugent nécessaire. “Ce serait une grande avancée, une grande reconnaissance. (…) Nous ne sommes pas assez considérés.”

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