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Vaccins: un nouveau système de contrôle face au manque de couverture ?

Pour améliorer le manque de couverture vaccinale et de suivi dans les pays en voie de développement, des chercheurs ont mis au point un système permettant d'implanter un carnet de vaccination sous la peau. Visible grâce à un smartphone modifié, il permettrait aux médecins de savoir si un patient est vacciné contre telle ou telle maladie. 

Vaccins: un nouveau système de contrôle face au manque de couverture ? MarianVejcik/iStock

  • Publié le 30.12.2019 à 09h00
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“Des millions de personnes sont encore privées d’une couverture vaccinale” dans le monde, alerte l’Organisation mondiale de la santé. Or, une personne non vaccinée est vulnérable à des maladies potentiellement mortelle. A terme, cela peut entraîner la “réémergence de maladies auparavant maîtrisées, propagation de maladies dans des pays où elles avaient été éliminées et lourd tribut que continueront de payer des millions de personnes”, écrit l’OMS. 

Aussi, pour mieux suivre la vaccination des personnes vivant dans les pays en voie de développement, où les cartes de vaccinations papiers sont souvent erronées ou incomplètes et les dossiers médicaux électroniques inexistants, des chercheurs du MIT ont mis au point un système à base de nanoparticules injectables sous la peau. Grâce à un smartphone, un médecin pourra donc vérifier si la personne a bien été vaccinée ou non. Cette technique, testée uniquement sur des rats à l’heure actuelle, a été décrite mercredi 18 décembre dans la revue Science Translational Medicine

Les chercheurs ont créé des nano-cristaux à base de cuivre, du nom de boîtes quantiques, de 3,7 nanomètres de diamètre et encapsulés dans des microparticules de 16 micromètres (1 micromètre correspond à un millionième de mètre et 1 nanomètre à un milliardième). Le tout est injecté par un patch de microaiguilles de 1,5 millimètre de longueur.

Des petits points visibles grâce à un smartphone modifié 

Les scientifiques ont testé ce système sur des rats. Après avoir été appliquées sur la peau pendant deux minutes, les microaiguilles se dissolvent et laissent des petits points sous la peau, formant un cercle ou une croix. Si ces points sont invisibles à l’œil humain, un smartphone modifié, pointé sur la peau, permet de les faire apparaître sur l’écran. Ces petits points seraient injectés en même temps que le vaccin. Ainsi, des années plus tard, un médecin pourrait pointer son smartphone sur quelqu’un et vérifier si le patient a bien été vacciné contre telle ou telle maladie.  

Si les chercheurs espèrent pouvoir tester leur méthode d’ici les deux prochaines années, celle-ci ne sera utile que si elle devient exclusive. Qui plus est, rien ne dit que les populations accepteront d’être marquée sous la peau pour chaque vaccin. Enfin, concernant les enfants, qu’adviendra-t-il des points quand ils grandiront ? Afin d’y voir plus clair, la Fondation Bill Gates, qui finance ces travaux, mène des enquêtes d’opinion au Kenya, au Malawi et au Bangladesh.

L’éternelle crainte du vaccin 

Cependant, il arrive que certaines personnes refusent les vaccins. D’après Michel Zaffran, directeur du programme d’éradication de la poliomyélite à l’OMS, à l’instar de certains Occidentaux, certains individus dans les pays voie de développement croient les rumeurs selon lesquelles les vaccins rendent malades ou sont destinés à stériliser les enfants, voire les femmes. Les gouvernements n’aident pas en mobilisant les ressources humaines et financières suffisantes. Une situation d’autant plus compliqué que selon l’Unicef, 29% des enfants ne sont pas enregistrés à la naissance, ce qui les écarte d’office des registres officiels.

“Ceci reflète un manque de priorisation de la part des gouvernements de faire de la vaccination un bien national et public”, dénonce Michel Zaffran.

En juillet, l’OMS et l’Unicef présentaient un rapport inquiétant sur la couverture vaccinale dans le monde. D’après leur constat, en 2018, près de 20 millions d’enfants n’ont pas reçu les vaccins susceptibles d’éviter des maladies mortelles, la plupart d’entre eux vivant dans des pays pauvres ou touchés par des conflits. “Si ces enfants tombent malades, ils sont exposés à un risque de graves complications, et sont moins susceptibles d’avoir accès aux traitements et aux soins qui permettraient de les sauver”, rappelait alors l’OMS.

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