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QUESTION D'ACTU

"Sauvons les ménisques!"

Des chirurgiens alertent sur les risques liés à une opération du genou

L’ablation des ménisques, situés dans les genoux, est une opération trop souvent pratiquée selon certains chirurgiens. Ils alertent sur les risques liés à cette intervention. Parmi eux, une usure prématurée des genoux.

Des chirurgiens alertent sur les risques liés à une opération du genou LSOphoto/iStock

  • Publié le 15.12.2019 à 10h30
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“Sauvons les ménisques!”. Voici le cri lancé par un groupe de chirurgiens appartenant à la Société francophone d’arthroscopie (SFA), réunis en congrès depuis le mercredi 11 décembre à Rennes. Ils souhaitent alerter sur l’ablation des ménisques, une opération trop fréquente qui comporte pourtant des risques à long terme. En effet, avoir mal à un genou n’est plus exclusivement réservé aux personnes d’un certain âge. Et pour ces chirurgiens, avoir un genou comme “rouillé” en pleine force de l’âge est souvent lié à une opération pratiquée sur les ménisques cinq, dix ou vingt ans auparavant.

L’intervention sur ces deux petits cartilages en forme de croissant, qui jouent un rôle de stabilisation et d’amortisseur dans l’articulation, peut être nécessaire. Car un ménisque abimé peut se traduire par d’importantes douleurs, un gonflement du genou ou une entrave à la mobilité de l’articulation. Mais pour ces chirurgiens, on pratique trop cette opération et de façon trop radicale. Il est pourtant possible de conserver une partie du cartilage, le réparer, voire même ne pas opérer du tout, selon les membres de la SFA.

Une opération trop banalisée…

Les chirurgiens estiment que l’ablation des ménisques est “banalisée”, “parfois abusive”. D’autant plus que le grand public et les autorités sanitaires ne semblent pas s’inquiéter du sujet. “Nous voulons former et informer les chirurgiens, mais aussi sensibiliser tous les acteurs dans un but de santé publique: patients, décideurs, médecins du sport…”, déclare Yacine Carlier, membre du bureau de la Société francophone d’arthroscopie. Pourtant en 2008, la Haute Autorité de santé (HAS) a recommandé de privilégier la conservation du ménisque lorsque c’est possible et de réaliser une ablation “la plus partielle possible” lorsqu’une intervention est nécessaire. Pour les membres du SFA, c’est encore loin d’être le cas en France, mais également dans de nombreux pays.

… Pour des raisons pratiques et économiques

Selon les chirurgiens, sur les 200 000 à 250 000 patients opérés en France chaque année soit du ménisque seul, soit en même temps que les ligaments croisés, seuls 5% font l’objet d’une réparation méniscale. Or, “au moins 15% des lésions pourraient être réparées”, estime Nicolas Pujol, secrétaire général de la SFA. Ainsi, des dizaines de milliers de patients supplémentaires pourraient conserver leur ménisque chaque année. Mais pourquoi les médecins pratiquent-ils autant l’ablation des ménisques ? Parce que l’opération est plus facile et moins coûteuse. De plus, “les conséquences immédiates sont positives”, avec moins de risque d’opérer à nouveau, une récupération plus rapide. Alors, les patients aussi optent plus souvent pour cette option.

Arthrose, douleurs chroniques sur le long terme

Sur le long terme, l’absence des ménisques augmente les frottements dans le genou et l’usure prématurée de l’articulation. Il y a également des risques de douleurs chroniques et une forte augmentation de la probabilité d’arthrose. Selon une étude américaine publiée en 2016, la réparation du ménisque représenterait 2 400$ de dépenses médicales en moins au bout de 30 ans par rapport à une ablation partielle. L’espérance de vie en bonne santé serait également allongée. Les chirurgiens de la SFA espèrent, dans le futur, une revalorisation financière de la réparation méniscale. Cela inciterait les hôpitaux et les cliniques à la pratiquer davantage.

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