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Urticaire et froid : ces personnes en danger quand les températures chutent trop

Arianna Kent et Tommy Leith souffrent tous les deux d'urticaire au froid : chaque hiver, la baisse des températures entraîne chez eux des plaques rouges accompagnées de démangeaisons et de difficultés à respirer. S'ils ne sont pas traités à temps, ils peuvent en mourir. 

Urticaire et froid : ces personnes en danger quand les températures chutent trop Panyawatt/iStock

  • Publié 24.10.2019 à 18h00
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“C’est tellement étrange et rare que souvent les gens pensent que c’est une blague”. Et pourtant... Arianna Kent, une Canadienne de 22 ans, et Tommy Leitch, un Britannique de 7 ans, souffrent tous les deux d’urticaire au froid, improprement surnommé allergie à l'hiver. Chaque année, la baisse des températures entraînent chez eux des plaques rouges, des démangeaisons et des difficultés respiratoires. Cette réaction rare touche une personne sur 2 000 dans le monde et peut entraîner la mort en cas de choc anaphylactique. Pourquoi Docteur vous en dit plus. 

C’est à 14 ans qu’Arianna Kent développe les premiers symptômes de l’urticaire au froid. Elle habite à Edmonton, dans l'état d'Alberta, à l'ouest du Canada, où le température peut descendre jusqu'à -40°C en hiver. Alors qu’elle balaye la neige devant sa maison, la jeune fille fait une crise. Face aux médecins persuadés qu’elle souffre d’allergies alimentaires, il faut deux ans pour identifier l’origine réelle de son mal. “C’est tellement étrange et rare que souvent les gens pensent que c’est une blague. Ce n’est pas tous les jours que quelqu’un vous dit ‘je suis allergique au froid’, mais c’est difficile, surtout quand les gens ne vous croient pas”, confie la jeune fille dans une vidéo diffusée par Caters News Agency.

“Le froid provoque des brûlures et des démangeaisons sur la peau. Pour ma gorge, c’est comme de l’asthme. On inhale plus fort et on a du mal à respirer. C’est comme si quelque chose pesait sur votre poitrine, la rendant plus étroite et plus lourde, décrit-elle. Je risque le choc anaphylactique. Dans ce cas de figure, je devrais avoir recours à un EpiPen (traitement d’urgence des réactions allergiques grave)”, détaille-t-elle.

Eviter les glaces, les boissons fraîches et les piscines

Mais l’hiver n’est pas le seul facteur de risque pour la jeune fille. Il lui suffit de manger une glace, de plonger dans une piscine fraîche ou de passer du temps dans une pièce climatisée pour être en danger. A cause de cela, Ariana a même dû quitter le secteur de la restauration, dans lequel elle travaillait. “Quand j’étais près d’un courant d’air, ou envoyée chercher des aliments au frigo, j’avais de l’urticaire”, raconte celle qui désormais essaye de rester confinée au chaud autant que possible. 

Tommy Leitch a quant à lui cinq ans quand apparaissent les premiers symptômes. Constatant une éruption cutanée sur sa tête, sa mère, Abigail, pense d’abord à une infection virale. “Mais le lendemain matin, il en était recouvert de la tête aux pieds, et se plaignait de douleurs à l'estomac et à la poitrine. Son visage et son estomac étaient enflés”, témoigne-t-elle auprès du Sun.

Aux urgences, un dermatologue diagnostique Tommy comme souffrant d’urticaire au froid. Plus tard, sa famille se rend compte que le garçon est également sensible aux températures trop chaudes. “Je n'aurais jamais imaginé que l'on puisse être allergique à des températures avant cela”, s’exclame Abigail.    

"Une maladie horrible"

L'enfant doit donc toujours rester à température ambiante. S’il est exposé à plus ou moins de 20 degrés, sa peau commence à éclater. Aussi, été comme hiver, il ne passe jamais plus de 20 minutes en extérieur. “Tommy commence à s'inquiéter dès qu'il voit l'éruption, ce qui, à mon avis, l’aggrave”, raconte sa mère. Mais l’enfant est désormais capable de reconnaître les premiers stades d’une poussée d’urticaire et demande alors immédiatement un antihistaminique à Abigail. Il arrive toutefois que cela ne suffise pas. L’enfant se met à vomir et doit être conduit à l’hôpital en urgences.   

“L’hiver dernier, il a été hospitalisé tous les mois. Sa réaction allergique le faisait vomir violemment, délirer et lutter pour respirer. C'est une maladie horrible, et je panique souvent à ce sujet car elle peut menacer la vie de Tommy s'il ne reçoit pas de soins médicaux en urgence”, confie la Britannique. “Il a manqué beaucoup de rendez-vous de jeu avec ses amis et, en famille, nous n'avons pas pu partir en vacances ou en excursion car j’ai trop peur que cela arrive quand nous serions dans l'avion ou à l'étranger.”

Si aucune statistique officielle n’a été réalisée sur l’allergie au froid, cette pathologie rare concernerait une personne sur 2 000 dans le monde. D’après l’OMS, “l'urticaire au froid se caractérise par des œdèmes qui apparaissent rapidement en réaction au froid. Pour les sujets affectés, le fait de plonger dans de l'eau froide comporte un risque de choc, de perte de connaissance et même de décès.” 

Dans le détail, les plaques rouges enflées qui apparaissent quelques minutes après le contact avec du froid, sont accompagnées de fortes démangeaisons. “Elles peuvent disparaître en quelques minutes ou en quelques heures”, explique le Dr Elisabeth Berrissoul, dermatologue et cofondatrice du site Epiderm à Santé Magazine. Aussi, la gravité de l’urticaire au froid et les conditions dans lesquelles il se déclenche varient beaucoup d’une personne à l’autre. 

Le test du glaçon existe bel et bien  

Pour confirmer le diagnostic de l’urticaire du froid, le médecin fait un test avec un glaçon. Après avoir posé un glaçon sur la peau, il observe au bout de combien de temps apparaissent les papules urticariennes. Bien que l’urticaire soit le plus souvent idiopathique, le spécialiste va rechercher une possible cause (prise de certains médicaments, contexte infectieux, maladies auto-immunes, cryopathies...) en posant des questions au patient sur ses habitudes de vie et ses antécédents familiaux et médicaux puis en lui faisant un examen clinique et un bilan sanguin.

En traitement de fond, les malades se voient prescrire un antihistaminique de seconde génération par voie orale pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Pour les formes graves de chocs comme dans les cas d’Adrianna Kent et de Tommy Leitch, le médecin prescrit de l’adrénaline auto-injectable que le patient doit absolument toujours garder à portée de main.

Dans tous les cas, les personnes affectées doivent éviter de prendre des bains froids, de consommer des boissons ou aliments glacés et limiter au maximum les déplacements quand les températures sont basses. Si une sortie est inévitable, il faudra alors se couvrir de plusieurs couches de vêtements. Enfin, en cas d’intervention chirurgicale, il est indispensable de prévenir le chirurgien en amont car les blocs opératoires sont généralement froids.

 

 

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