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Cancer du sein : les polluants organiques pourraient le rendre plus agressif

L'accumulations de polluants organiques dans les tissus adipeux aggraverait le cancer du sein chez les femmes. Celles en surpoids seraient particulièrement concernées. 

Cancer du sein : les polluants organiques pourraient le rendre plus agressif spukkato/iStock

  • Publié 24.10.2019 à 13h30
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Le cancer du sein est le plus diagnostiqué chez les femmes dans le monde. Selon l’OMS, il représente 16% de l’ensemble des cancers féminins. Comme pour tous les cancers, son taux de survie varie en fonction de l’avancée des métastases. Ainsi, quand des métastases distantes sont retrouvées, le taux de survie à cinq ans pour le cancer du sein est de seulement 26% contre 99% si la maladie est uniquement localisée au niveau du sein et 85% si seuls les ganglions lymphatiques sont touchés.

Parmi les possibles risques dans le cancer du sein, les chercheurs ont identifié des prédispositions génétiques liées à des mutations des gènes BRCA, un manque d’activité physique, du surpoids, une surconsommation de tabac ou d’alcool et également l’exposition aux polluants organiques persistants ou POP’s. Ces derniers sont des polluants environnementaux perturbateurs endocriniens et/ou carcinogènes dont l’organismes ne peut se débarrasser. Mais si leur rôle dans le cancer du sein avait déjà été mis en lumière, leur influence sur le niveau d’agressivité de la maladie reste peu étudiée. D'après une étude de l’Inserm parue dans la revue Environment International, leur accumulation dans les tissus adipeux des patientes favoriseraient le développement des métastases. Les femmes en surpoids seraient particulièrement concernées. 

Les chercheurs ont prélevé chez 91 femmes atteintes de cancer du sein, dans des échantillons de tissus adipeux dans un endroit proche de la tumeur. Ils ont ensuite mesuré la concentration de 49 POPs dans ces tissus. Enfin, le surpoids (IMC supérieur ou égal à 25) étant connu pour être un facteur favorisant et aggravant le cancer du sein, ils ont porté une attention toute particulières aux femmes concernées.

Migration des cellules tumorales

Chez ces dernières, ils ont observé une association entre la présence de métastases distantes et la concentration en dioxine dans le tissu adipeux. Or, chez toutes les patientes, la concentration en dioxine semblait liée à la taille de la tumeur et au stade métastatique des ganglions lymphatiques. Enfin, les femmes présentant de plus grandes concentrations de PCB (polychlorobiphényles) présentaient également un plus grand risque de récidive.

“Ces résultats suggèrent donc que plus la concentration en POPs dans le tissu adipeux est élevée, plus le cancer du sein est agressif, en particulier chez les femmes en surpoids”, expliquent donc les chercheurs dans un communiqué de l’Inserm. Cela pourrait s’expliquer car la dioxine et certains PCB enverraient un signal favorisant la migration des cellules tumorales, renforçant ainsi l’agressivité du cancer.

Selon Xavier Coumoul qui a dirigé ces travaux, “les adipocytes, les cellules du tissu adipeux qui stockent les graisses, jouent un rôle important en tant que cellules associées dans le développement du cancer du sein. En effet, le tissu adipeux fonctionne comme une glande? Endocrine? (sécrétant des hormones dans la circulation sanguine) et nous avions précédemment montré que les POPs étaient responsables d’une inflammation de ce tissu adipeux changeant la nature et le comportement des adipocytes. La sécrétion excessive de molécules inflammatoires et le relargage des POPs stockés par ces adipocytes, pourraient alors favoriser la formation de métastases.”

Une étude préliminaire

Cependant, cette étude est préliminaire et ne porte que sur peu d’individus. Aussi, ses résultats doivent être utilisés avec précaution, assurant les chercheurs. “Si elle ne permet donc pas de tirer des conclusions fermes sur le lien entre POPs et agressivité du cancer du sein, elle propose en revanche une piste inédite, en particulier chez les patientes en surpoids. Cette piste devrait être explorée par de futures études impliquant un plus grand nombre de patientes pour offrir des résultats statistiques plus représentatifs”, conclut Xavier Coumoul.

Malheureusement, on trouve des perturbateurs endocriniens dans un grand nombre de produits courants tels que les cosmétiques, les plastiques, les produits ménagers ou encore l’alimentation. Outre leur responsabilité dans le cancer du sein, ils seraient responsables de la diminution de la qualité du sperme ou encore de l’augmentation du nombre de pubertés précoces.

Pour limiter les risques représentés par ces substances, le gouvernement français a lancé il y a qulelques mois un plan d’action dont la mesure phare est de publier d’ici 2021 une liste de perturbateurs endocriniens, classés en trois catégories : “suspecté”, “présumé” et “avéré”. C’est l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) qui s’en chargera. Le plan prévoit également une meilleure formation du personnel de santé, ainsi que le financement de recherches scientifiques spécifiques sur le sujet.

 

 

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