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A surmonter

Cancers : les limites de la biopsie liquide

Si la biopsie liquide, qui permet de diagnostiquer les cancers de façon plus précise et moins coûteuse, sans chirurgie, parait révolutionnaire, quelques obstacles restent à surmonter avant une généralisation de cette méthode. 

Cancers : les limites de la biopsie liquide Andy/iStock

  • Publié 27.10.2019 à 18h00
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La microfluidique est la science de la manipulation des fluides à l'échelle micrométrique. A l’heure actuelle, ce domaine de recherche explose. A tel point que plus de 250 entreprises et de 250 équipes de recherche y travaillent à travers le monde. Le nombre d’applications est considérables, que ce soit dans l’énergie, dans la cosmétique, l’industrie agro-alimentaire ou encore en santé. Dans le secteur médical, l’une des applications la plus prometteuse est la biopsie liquide, qui aide à un meilleur diagnostic du cancer et devrait se généraliser d’ici à 2030. Mais si cette technique semble révolutionnaire, quelques limites demeurent encore.

La biopsie liquide permet de récupérer des cellules tumorales circulantes et ainsi de recueillir un maximum d’informations sur la composition de la tumeur et son stade de développement, sans aucune intervention chirurgicale. Valérie Taly, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), interviewée par Fréquence Médicale, détaille : cette méthode “consiste à analyser dans les effluents biologiques des patients des éléments provenant de la tumeur. Il peut s’agir de cellules tumorales circulantes et pendant très longtemps c’était essentiellement le cas mais on peut aussi avoir d’autres éléments biologiques incluant l’ADN tumoral circulant qui est l’élément sur lequel nous travaillons particulièrement”, explique-t-elle.

La biopsie clinique reste un outil de recherche

Outre le sang, il est possible de trouver des éléments de la tumeur dans d’autres liquides comme les urines, le sperme ou la salive, ce qui permet de se passer des biopsies traditionnelles de tissus, qui peuvent être risquées pour les patients.  

Et si de nombreux travaux ont déjà montré l’intérêt de cette pratique, que ce soit pour le suivi de l’efficacité thérapeutique pour les patients atteints de cancer, pour la détection de récidive, de progression tumorale ou de l’efficacité chirurgicale, à l’heure actuelle, cela reste un outil de recherche.

Démontrer l’intérêt clinique du suivi des marqueurs biologiques

“Il faut qu’on arrive à démontrer l’intérêt pour le patient du suivi de ces marqueurs biologiques dans le sang. De même, il faut s’assurer d’avoir les bons contrôles pour être sûr de ce qu’on analyse et ne pas donner de mauvais résultats aux patients”, explique le professeur Jérôme Bibette, physicien et chimiste, spécialiste de la microfluidique et directeur de l’Institut chimie biologie innovation (ESPCI) à Fréquence Médicale.

Car malgré des progrès technologiques majeurs comme les techniques de capture des cellules tumorales circulantes (CTC), de produits dérivés de tumeurs circulantes, ou de séquençage de l'ADN de nouvelle génération adaptées au matériel circulant, l’utilité clinique de ces marqueurs reste débattue. A l’heure actuelle, “la seule indication clinique approuvée par les agences de régulation reste la recherche de mutations d'EGFR dans le cancer bronchique non à petites cellules”, explique le Professeur Jean-Yves Pierga, spécialiste en oncologie à l’Institut Curie sur le site spécialiste Edimark.fr.

“L'utilisation des CTC ou de l'ADNtc comme outils de dépistage précoce d'une tumeur primitive ou d'une récidive reste un sujet de recherche clinique très actif, mais n'est pas, en l'absence de preuve clinique, utilisable en routine”, conclut-il, notant toutefois l’intérêt de ces marqueurs comme outils pour décrypter les mécanismes du processus métastatique.

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