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Dépistage

Cancer du côlon : un microbiote altéré peut favoriser son développement

Des chercheurs viennent de mettre en évidence le lien entre les espèces bactériennes abritées par notre intestin et le cancer du côlon: ce dernier favoriserait la présence de protéines mutantes, qui elles-mêmes augmenteraient la prolifération de bactéries impliquées dans le développement du cancer colorectal. Une piste pour des techniques de dépistage moins invasives.

Cancer du côlon : un microbiote altéré peut favoriser son développement Mohammed Haneefa Nizamudeen/iStock

  • Publié 08.10.2019 à 10h30
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Troisième cancer le plus fréquent chez l’homme derrière ceux du poumon et de la prostate, le cancer colorectal est une tumeur qui se développe à partir des cellules qui tapissent la paroi interne du côlon et du rectum. Touchant près de 45 000 personnes chaque année en France, il peut être efficacement traité s’il est pris en charge tôt.

De nouveaux travaux menés des chercheurs de l'Université George Washington (GW) et publiés dans la revue Gastroenterology, pourraient permettre de faciliter le dépistage. Ils ont en effet découvert l’existence dans le microbiote intestinal des personnes atteints d’un cancer du côlon d’une protéine mutante. Celle-ci a la particularité de bloquer une voie qui régule la prolifération et l'expansion des cellules, ce qui augmente le nombre d'espèces bactériennes associées au développement du cancer du côlon.

Un microbiote altéré à l’origine du cancer du côlon

Pour mener leurs recherches, les auteurs de l’étude sont partis d’un constat : le cancer du côlon augmente chez les jeunes. "Les lignes directrices actuelles recommandent le dépistage du cancer du côlon chez les personnes de plus de 50 ans, mais aujourd'hui, nous constatons que 15 % des personnes atteintes d'un cancer du côlon ont moins de 50 ans", explique ainsi Lopa Mishra, directrice du Center for Translational Medicine au GW Cancer Center et professeure de chirurgie à la GW School of Medicine and Health Sciences. "Nous avons émis l'hypothèse que l'alimentation et ses effets sur le microbiote peuvent être des acteurs importants, et c'est là que nous avons concentré notre étude."

Ils ont privilégié une piste : celle des interactions entre les protéines de la famille moléculaire d'adhésion cellulaire liée à l'antigène carcinoembryonnaire (CAECAM). En interagissant avec les microbes, ces protéines entraînent des changements dans le microbiote en favorisant la prolifération des bactéries responsables du cancer du côlon.

L'équipe a d’abord recueilli des données sur les séquences d'ADN, les niveaux d'expression de l'ARNm (c’est-à-dire d’ARN messager, une copie td'une portion de l'ADN correspondant à un ou plusieurs gènes) et les temps de survie de patients dans 456 cas de cancer colorectal, ainsi qu’un ensemble de 594 échantillons d'adénocarcinomes colorectaux. L'équipe a ensuite effectué une analyse de séquençage des selles de souris afin d'identifier les changements dans leur microbiote avant que les tumeurs du côlon ne se développent.

Les chercheurs ont alors découvert que l’expression des protéines CAECAM et des gènes qui régulent les caractéristiques des cellules souches des cellules augmentait dans les cas de cancer du côlon. Ils ont aussi mis en lumière la présence de protéines mutantes en cas de cancer colorectal, qui augmentent la formation et la prolifération de bactéries, elles-mêmes impliquées dans le développement de la maladie.

Vers d’autres formes de dépistages moins invasives

Pour l’équipe de recherche, cette découverte pourrait mener à des techniques de dépistage moins invasives du cancer du côlon, en particulier chez les patients plus jeunes. "Nous avons trouvé quatre espèces de microbiotes profondément altérées dans notre étude sur la souris", explique Shuyun Rao, professeur adjoint de recherche en chirurgie à la GW School of Medicine and Health Sciences. "Nos prochaines étapes consisteront à explorer cette question plus en détail et dans une population beaucoup plus vaste." Premiers concernés : les jeunes patients, qui "pourront simplement faire analyser leurs selles pour déceler la présence de ces microbiotes altérés et ainsi rechercher un risque de cancer du côlon et prévenir son développement".

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