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Cancer, maladies cardiovasculaires

Tabac : fumer moins ne tue pas moins

La réduction du nombre de cigarettes fumées ne suffit pas à réduire la mortalité. Mais si cette réduction s'accompagne de substitution, c'est une bonne étape de transition vers l'arrêt du tabac.

Tabac : fumer moins ne tue pas moins   POCHARD PASCAL/SIPA

  • Publié 05.07.2013 à 18h23
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Fumer moins ne tue pas moins. Une étude écossaise vient de le confirmer à grande échelle grâce au suivi régulier de 5000 personnes depuis les années 70. Le taux de mortalité des ex-fumeurs est significativement réduit par rapport à celui des personnes qui ont continué à fumer. En revanche, les fumeurs qui ont réduit leur nombre quotidien de cigarettes fumées n’y ont pas gagné en terme de réduction de mortalité.

L’explication est double, selon qu’il s’agit des décès par cancer ou par maladie cardiovasculaire. Sur le risque de cancer, on sait que fumer longtemps pèse beaucoup plus lourd que fumer beaucoup. En clair, fumer 3 cigarettes quotidiennes tout au long de sa vie suffit à faire le lit du cancer. Réduire le nombre de cigarettes fumées n’est donc pas suffisant pour modifier le risque de tumeur. Pour ce qui est du risque cardiovasculaire, la quantité fumée est préjudiciable en terme de complications mais les effets directs sur la mortalité concernent même les fumeurs passifs.

Ecoutez le Pr Daniel Thomas, cardiologue au CHU de La Pitié Salpêtrière à Paris : « Les mécanismes qui augmentent le risque d’infarctus ou d’accident vasculaire se mettent en place avec de toutes petites quantités fumées ou même inhalées par tabagisme passif »


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Le résultat est donc le même, réduire de quelques cigarettes sa consommation quotidienne n’a pas d’impact significatif sur le risque de décès prématuré. « La réduction n’est intéressante que si elle est un chemin vers l’arrêt du tabac, résume le cardiologue Daniel Thomas, et encore faut-il le faire correctement sinon c’est un leurre ! »

Ce qu’il ne faut pas faire

Pour un fumeur dépendant, réduire sa consommation de quelques cigarettes par jour sans compenser cette dose de nicotine perdue par des gommes ou des patchs se révèle au final totalement contre-productif pour la santé.

Ecoutez le Pr Daniel Thomas, cardiologue au CHU de La Pitié Salpêtrière à Paris : « Pour avoir sa dose de nicotine, le fumeur va fumer plus activement les cigarettes restantes et tous les autres toxiques qu’elles contiennent. »



Vapoter ou cloper, il faut choisir. Pour ceux qui se tournent vers la cigarette électronique, le piège est de continuer à fumer quelques vraies cigarettes chaque jour. Dans cette situation, même si la quantité de nicotine vapotée quotidiennement est progressivement réduite, les deux ou trois cigarettes réellement fumées chaque jour suffisent à augmenter à court terme le risque d’infarctus et d’accident vasculaire et à moyen terme le risque de cancer.

 

L’attitude recommandée pour une réduction utile

« La réduction oui, mais avec substitution », résume le Pr Thomas. Autrement dit, on ne passe pas de 30 cigarettes quotidiennes à 0 ni en un seul jour ni sans substitut nicotinique. La stratégie désormais conseillée par les tabacologues est de réduire progressivement le nombre de cigarettes fumées en compensant la dépendance physique à la nicotine par des gommes ou des patchs. Mais cette phase de réduction du nombre de cigarettes est transitoire, l’objectif reste l’arrêt du tabac.


Ecoutez le Pr Daniel Thomas
 : « Souvent, les gros fumeurs se satisfont d’avoir réduit leur consommation et continuent à fumer quelques cigarettes chaque jour. En terme de réduction des risques, c’est un leurre ! »



Autre solution très en vogue, la cigarette électronique. « Si les gens font le choix de la cigarette électronique contenant de la nicotine avec pour objectif de réduire progressivement la dose, alors il faut basculer complètement et arrêter totalement les cigarettes au tabac », conseille Daniel Thomas. Dans cette situation, la e-cigarette est utilisée comme un outil de réduction des risques liés au tabac. Mais pour le moment, on manque de recul et d'études fiables pour prouver qu’elle aide vraiment à arrêter de fumer.

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