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Sommeil : le gène qui autorise des nuits de seulement 4 à 6 heures

Des nuits reposantes de seulement 4 à 6 heures ? Un gène expliquant cette capacité à moins dormir a été identifié par des chercheurs américains.

Sommeil : le gène qui autorise des nuits de seulement 4 à 6 heures AntonioGuillem/iStock

  • Publié 29.08.2019 à 19h30
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Avoir un sommeil court mais réparateur, c'est beaucoup de temps de gagné dans une vie dont les humains "normaux" utilisent un tiers de la durée à ... dormir ! En étudiant une famille dont les membres ont besoin de moins de sommeil que la moyenne, des chercheurs américains viennent d'identifier un gène expliquant cette particularité.

"C'est une nouvelle frontière passionnante qui nous permet de disséquer la complexité des circuits dans le cerveau et les différents types de neurones qui contribuent au sommeil et à la veille", se réjouit Louis Ptacek, neurolongue à l'université de Californie à San Francisco, auteur principal de cette étude publiée dans la revue Neuron.

Une variante nouvelle et très rare du gène ADRB1

Les membres de la famille dont l'étude a permis l'identification de ce gène mènent une existence tout à fait normale avec seulement six heures de sommeil par nuit, soit deux heures de moins que la moyenne. Les chercheurs ont identifié chez eux une variante nouvelle et très rare du gène ADRB1.

La première étape pour déchiffrer le rôle de cette variante du gène a été l'étude de sa protéine en tube à essai. "Nous avons constaté que la version mutante de la protéine est beaucoup moins stable, ce qui modifie la fonction du récepteur et suggère que cela pourrait avoir des conséquences fonctionnelles sur le cerveau", précise Louis Ptacek.

La partie du cerveau qui gère les activités subconscientes

Son équipe a ensuite mené plusieurs expériences sur des souris portant une version mutée de ce gène. Ils ont constaté que ces animaux dormaient en moyenne 55 minutes de moins que des souris "ordinaires". Une analyse plus poussée a montré que le gène était exprimé à des niveaux élevés dans une partie du tronc cérébral impliquée dans des activités subconscientes telles que la respiration, les mouvements oculaires et le sommeil.

De plus, elle a découvert que les neurones ADRB1 normaux de cette région du cerveau étaient plus actifs non seulement pendant la veille mais également pendant le sommeil paradoxal et que les neurones mutants étaient encore plus actifs que les neurones normaux, contribuant probablement au temps de sommeil court.

Contrôler le sommeil et la veille

Ces travaux sur la souris ne sont toutefois pas totalement conclusifs pour les humains. Ces animaux ont en effet des habitudes de sommeil très différentes en dormant selon une configuration fragmentée de celles des humains qui dorment, eux, durant une seule période continue.

Ptacek et son équipe envisagent d'étudier la fonction de la protéine ADRB1 dans d'autres parties du cerveau et de chercher d'autres familles de gènes susceptibles d'être importants: "Nous ne pensons pas qu'il existe un gène ou une région du cerveau qui dit à notre corps de dormir ou de se réveiller, ce n'est qu'un partie parmi d'autres", précise-t-il.

Ce travail pourrait à terme permettre de développer de nouveaux médicaments destinés à contrôler le sommeil et la veille.

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