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QUESTION D'ACTU

FIV par injection intracytoplasmique d'un spermatozoïde

Les enfants nés par PMA ne présentent pas de risque accru de cancer

Une étude à long terme portant sur plus de 47 000 enfants nés par procréation médicalement assistée (PMA) montre que ces derniers ne présentent pas de risque plus élevé de cancer que ceux ayant été conçus naturellement.

Les enfants nés par PMA ne présentent pas de risque accru de cancer ktsimage/iStock

  • Publié 04.02.2019 à 13h26
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Voici l’étude qui devrait rassurer les couples qui suivent un traitement médical d’aide à la procréation dans l’espoir d’avoir un enfant. Alors que plusieurs travaux universitaires avaient jusqu’ici émis l’hypothèse que certaines techniques de procréation assistée comme la fécondation in vitro (FIV) avec injection intracytoplasmique d'un spermatozoïde (ICSI) pouvaient favoriser l’apparition de cancer chez les enfants nés, une nouvelle étude publiée dans la revue Human Reproduction affirme que les enfants nés par FIV à ICSI ne semblent pas plus à risque de développer un cancer que les autres enfants.

Un suivi médian de 21 ans

Cette nouvelle étude, menée par le Département d’épidémiologie de l’Institut néerlandais du cancer est la première à comparer les résultats sur une si longue période. Elle porte en effet sur 47 690 enfants, suivis pendant une moyenne médiane de 21 ans.

"Cette étude (…) est particulièrement importante parce qu’elle inclut un groupe de comparaison d’enfants nés de mères sous-fertiles après une conception naturelle" grâce à une stimulation ovarienne, explique le Pr Flora van Leeuwen, chef du département d'épidémiologie de l'Institut néerlandais du cancer. "Ces femmes sont différentes de la population générale et il est possible que la difficulté à concevoir soit un facteur qui influence le risque de cancer chez leurs enfants", poursuit la chercheuse.

Une comparaison à des femmes sous-infertiles

Pour déterminer dans quelle mesure les techniques de procréation médicalement assistées pouvaient ou non accroître le risque de cancer chez les enfants, les chercheurs ont analysé les données d’une vaste étude nationale (l’étude OMEGA) sur les femmes sous-fertiles, c’est-à-dire présentant une fertilité moindre que la moyenne mais capables d’effectuer une fécondation, et traitées dans l’une des 12 cliniques de fertilité des Pays-Bas entre 1980 et 2001.

Les chercheurs ont ensuite élargi leurs recherches aux données concernant les enfants, puis reliées à celles sur l’incidence du cancer provenant du Registre néerlandais du cancer, recueillies entre janvier 1989 et novembre 2016. Des renseignements sur la méthode de conception et tout facteur confusionnel, comme la cause de la sous-fertilité des parents, l'âge de la mère, l'année de naissance de l'enfant, le poids à la naissance, la durée de la grossesse et le fait qu'il s'agisse de naissances uniques ou multiples, ont également été recueillis dans les questionnaires remplis et les dossiers médicaux des mères.

Sur les 47 690 enfants nés vivants, 24 269 ont été conçus par FIV en ICSI (quand un spermatozoïde non-fonctionnel unique est injecté dans le cytoplasme de l’ovule), 13 761 ont été conçus naturellement et 9 660 ont été conçus à l'aide de médicaments de fertilité, comme les médicaments de stimulation ovarienne simple, mais sans FIV.

231 cas de cancer recensés

"Nous avons constaté que sur les 47 690 enfants inclus dans l'analyse, 231 ont développé un cancer. Après ajustement pour tenir compte de facteurs susceptibles de perturber les résultats, tels que l'âge et la cause parentale de la sous-fertilité, le risque global à long terme de cancer n'était pas plus élevé chez les enfants conçus par PMA-ICSI que chez les enfants conçus naturellement par des femmes sous-fertiles, ni comparativement à la population générale", explique Mandy Spaan, doctorante au Département d'épidémiologie et première auteure de l’étude.

Sur les 231 cas de cancer survenus chez l'ensemble des enfants, les chercheurs ont recensé 31 cas de leucémie lymphoblastique et 26 cas de mélanome. "Le risque de cancer était quelque peu accru, mais pas de façon statistiquement significative, chez les enfants conçus après une ICSI ou à partir d'embryons qui avaient été vitrifiés et utilisés comme traitement de fertilité. Ce sont deux types de traitements de fertilité qui sont plus souvent utilisés de nos jours", poursuit la chercheuse, qui insiste sur le fait que ces "résultats peuvent être dus au hasard et doivent être interprétés avec prudence".

Pas de différence statistique

"Il n'y a pas d'explication claire pour expliquer pourquoi il y a un plus grand nombre de ces cancers. Il se peut que certains traitements de fertilité induisent des altérations héréditaires de certains gènes qui augmentent le risque de mélanome et de leucémie", avance le Pr Spaan, qui explique que "des recherches plus poussées et plus nombreuses sont nécessaires pour clarifier cette découverte".

L’équipe scientifique se veut toutefois rassurante : "Ces résultats fournissent des preuves rassurantes que les enfants conçus à la suite de traitements de fertilité n'ont pas un risque accru de cancer après un suivi médian de 21 ans. Ils permettront aux médecins de mieux informer les couples qui envisagent un traitement de fertilité sur l'innocuité à long terme de ce traitement pour leurs enfants", conclut le Pr van Leeuwen.

"Cependant, comme de plus en plus d'enfants naissent grâce à l'ICSI et à la cryoconservation d'embryons, le risque de cancer à long terme devrait être étudié chez un plus grand nombre d'enfants nés grâce à ces techniques". Les chercheurs indiquent d’ailleurs avoir étendu leurs travaux à 30 000 enfants nés de ces deux techniques. "Nous espérons que cela fournira plus de preuves sur le risque possible de cancer à long terme pour ces enfants."

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