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Dépression : le frère de Kate Middleton témoigne pour faire changer les mentalités

Dans un puissant témoignage paru dans le "Daily Mail", James Middleton, le frère de la Duchesse de Cambridge, a raconté lutter contre une dépression depuis plusieurs mois. A travers son récit, il espère faire bouger les mentalités. 

Dépression : le frère de Kate Middleton témoigne pour faire changer les mentalités Capture d'écran/Instagram@jmidy

  • Publié 13.01.2019 à 10h10
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Que les gens arrêtent de stigmatiser les maladies mentales. Tel est l’objectif de James Middleton, le frère de Kate et de Pippa, qui vient de révéler au monde entier se battre depuis des mois contre une dépression. "Ce n'est pas simplement de la tristesse. C'est une maladie, un cancer de l'esprit", écrit-il dans un émouvant témoignage publié dans les colonnes du Daily Mail vendredi 11 janvier.

"Pendant la journée, je me traînais et allais au travail, puis je fixais les yeux vitreux sur mon écran d'ordinateur, prêt à laisser les heures passer afin que je puisse retourner chez moi à la maison. Je ne pouvais pas communiquer, même avec ceux que j'aimais le plus : ma famille et mes amis proches", commence le frère cadet de la Duchesse de Cambridge. "Ce n’est pas une émotion mais une absence d’émotions. Vous existez sans but ou direction. Je ne pouvais pas ressentir de joie ou d’excitation. Seule une anxiété qui me poussait à sortir du lit chaque matin. Je n’ai pas vraiment envisagé le suicide mais je ne voulais pas vivre dans l’état d’esprit où j’étais non plus. Je me sentais également incompris, comme un échec total. Je ne souhaiterais pas cette sensation de désespoir, d’isolation et de solitude, à mon pire ennemi. J’avais l’impression de devenir fou", poursuit-il.

"C’est pourquoi il y a un an, en décembre 2017, après avoir laissé ma santé mentale se dégrader progressivement pendant un an, j’ai mis mes chiens dans ma voiture et sans prévenir personnes je suis parti. Je suis allé dans une région que j’aime depuis l’enfance". Alors qu’il venait tout juste d’accepter l’idée qu’il était en dépression et qu’il avait besoin d’aide pour s’en sortir, cette retraite au Nord de l’Angleterre a permis à James Middleton de faire le tri dans le tumulte de son esprit. "Cette acceptation a mené à une sorte de calme : je savais que si j’acceptais de l’aide il y aurait de l’espoir. C'était une petite étincelle de lumière dans l'obscurité".

Malgré la fréquence de la maladie, la dépression demeure un tabou sociétal

Aujourd’hui, afin de rester à flot, le frère de Kate suit une routine. "Je commence à imposer de l'ordre à ma vie. J'écris une liste de dix choses que je veux faire chaque jour. Si je sais que je dois vraiment me concentrer sur une tâche, je pourrais prendre les médicaments prescrits par mon médecin pour contrôler mes symptômes", note-t-il.  

Et s’il décide aujourd’hui de raconter publiquement son histoire, c’est pour changer les idées reçues sur les maladies mentales. "Je me dois de parler de cela ouvertement parce que c’est précisément ce que mon beau-frère, le Prince William, ma sœur Catherine et le Prince Harry encouragent à faire avec leur association caritative Heads Together. Ils sont persuadés que nous pourront venir à bout des clichés sur les maladies mentales en ayant le courage de changer le débat national, de faire disparaître les associations négatives. C’est pourquoi, il ne serait pas honnête de taire mon histoire".

Bien évidemment, il n’y a pas qu’en Angleterre que la dépression demeure un tabou sociétal. En France, alors que selon l’Institut national de prévention et d’éducation pur la santé, en 2010, 7,5% des 15-85 ans (6,4% chez les 15-19 ans, 10,1 % chez les 20-34 ans, 9 % chez les 35-54 ans et 4,4 % entre 55 et 85 ans) avaient vécu un épisode dépressif caractérisé au cours de l’année précédente, de nombreuses personnes préfèrent se taire de peur du jugement des autres.

"La dépression n’est pas à l’origine d’un handicap durable"

En effet, malgré la forte incidence de la maladie, seuls 22% des salariés en parleraient avec leur collègue, 19% avec leur supérieur hiérarchique et 17% avec leur responsable des ressources humaines, d’après un sondage un sondage réalisé par Odoxa en avril 2017. Plus inquiétant encore, la grande majorité des personnes interrogées pensent qu’une personne ayant souffert d’un épisode dépressif risque d’être psychologiquement fragile (78%), de connaître de nouveaux épisodes dépressifs (74%) et de nécessiter une attention supérieure (73%).

"Pourtant, la dépression n‘est pas à l‘origine d’un handicap durable, il s’agit d’un épisode pathologique et non d’un état intrinsèque de la personne. A l’image d’une jambe cassée, une dépression c’est une fracture dans l’existence, avec ses soins et sa temporalité. Comme après une fracture de jambe, au-delà d’une période de consolidation il n’y a pas de raison de considérer qu’il persiste une fragilité", analyse Raphaël Gaillard, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne, dans le sondage.

Parmi les symptômes qui ne trompent pas, on retrouve une tristesse continue, une fatigue perpétuelle, des idées noires récurrentes, une perte d’appétit ou au contraire un rapport compulsif à la nourriture, des difficultés à se concentrer et à retenir les choses, un sentiment de culpabilité permanent, des troubles physiques en tous genres (insomnies, maux de ventres, perte de libido…), un ralentissement psychomoteur et une lassitude face aux choses qui avant vous réjouissaient, notent l’Inserm et la Haute Autorité de Santé sur leur site internet.

Si vous vous reconnaissez dans au moins deux des trois premiers symptômes définis ci-dessus, prenez immédiatement rendez-vous avec un médecin qui sera capable d’établir un diagnostic précis. Pour les personnes représentant entre cinq et sept de ces caractéristiques, la dépression est considérée comme légère et modérée. Au-delà de huit, elle est dite sévère. Il est alors indispensable d’évaluer cliniquement le niveau de sévérité de l’épisode dépressif afin de pouvoir traiter le patient de la meilleur façon possible (thérapie de soutien, thérapie cognitivo-comportementale, psychanalyse, anxiolytiques, antidépresseurs) et de l’orienter vers un spécialiste adapté.   

 

 

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