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QUESTION D'ACTU

Violences sexistes et sexuelles

1 femme sur 10 est victime de violences pendant sa grossesse

Un hôpital du Val-de-Marne a fait remplir à 900 femmes enceintes un questionnaire sur les possibles violences dont elles seraient victimes au sein de leur foyer. Les résultats ont mis en lumière un chiffre effrayant : 1 femme sur 10 serait victime de violences pendant sa grossesse.

1 femme sur 10 est victime de violences pendant sa grossesse kieferpix/iStock

  • Publié 30.11.2018 à 18h40
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"Votre partenaire vous a-t-il déjà rabaissée, insultée, humiliée ? A-t-il déjà essayé de contrôler ce que vous faites ? Avez-vous déjà eu peur de ce que votre partenaire a fait ou dit ? Vous a-t-il déjà menacée physiquement ou a-t-il déjà été violent ? Vous a-t-il déjà imposé des rapports sexuels que vous ne vouliez pas ?"

Voici les cinq questions auxquelles ont été amenées à répondre près de 900 femmes enceintes et qui a mis en lumière un chiffre effrayant : 1 sur 10 serait victime de violences.

Mis en place dans le cadre d’un protocole piloté par Bernard Marc, chef de service de l’unité médicojudiciaire (UMJ), et Estelle Wafo, son homologue du service gynécologie, ce court questionnaire a été remis à 870 femmes enceintes lors d’une consultation au Grand Hôpital de l’est francilien (Ghef), à Jossigny (Val-de-Marne) entre avril 2017 et septembre 2018, nous apprend Le Parisien.

Parmi elles, 103 ont répondu par l’affirmative à l’une des cinq questions posées, 17 ont répondu "oui" à au moins quatre reprises.

La grossesse, facteur de risque d’apparition des violences domestiques

Pour Bernard Marc, ce protocole répond à un besoin urgent : celui de protéger les femmes enceintes des violences conjugales et domestiques. "Nous sommes partis du constat que les violences augmentent en permanence depuis quinze ans. Presque une victime sur deux est une femme. L’Organisation mondiale de la santé a aussi établi que la violence était la première cause de mortalité et de morbidité. C’est un vrai problème de santé publique", rappelle-t-il au Parisien.

Ce protocole à destination des femmes enceintes et de leur futur enfant est d’autant plus nécessaire que la grossesse est souvent considérée comme un facteur de risque d’apparition des violences domestiques. Selon Richard Matis, gynécologue et coordinateur dans le Pas-de-Calais d'un centre de lutte contre ces violences interrogé par l’AFP en 2014, ce risque supplémentaire peut s’expliquer par la vulnérabilité accrue des femmes pendant cette période. La perspective de l’arrivée d’un tiers dans le couple et des bouleversements qui vont en découler peut aussi motiver un homme à devenir violent, tout comme le fait que sa compagne attire davantage l’attention sur sa personne et son état de santé pendant la grossesse.

Et ces violences ne sont pas sans conséquences. D’après Emmanuelle Piet, médecin de protection maternelle et infantile et présidente du Collectif féministe contre le viol (CFCV), les femmes enceintes victimes de violences ont trois fois plus de risques d’accoucher prématurément que la moyenne. Citant une étude réalisée en 2012, elle explique qu’"une grande proportion d'entre elles (7%) ont accouché à la maison, pas par choix mais par contrainte, un tiers d'entre elles ont reçu des coups sur le ventre et 82% ont subi des violences sexuelles".

Un dispositif bientôt étendu à d’autres hôpitaux

D’où l’importance de détecter tôt ces grossesses considérées comme à risque en formant notamment le personnel.

À Jossigny, "nous avons formé des personnels sur la violence pendant la grossesse qui peut entraîner des risques pour la femme et l’enfant avec des fausses couches et des naissances prématurées. Il fallait pouvoir apporter des réponses avec les psychologues, l’UMJ, les médecins légistes ou les associations d’aide aux victimes", explique Bernard Marc.

En cas de réponse positive à une ou plusieurs questions, les femmes ont été contactées par une psychologue. Parmi les potentielles victimes d’abus, une sur trois a mené une action et onze ont entamé une démarche judiciaire. Cinq plaintes ont pu être déposées.

Depuis, le questionnaire a été intégré à la consultation standard de grossesse afin de mieux détecter les femmes enceintes victimes de violences et ainsi leur venir en aide. Il sera bientôt étendu aux urgences du Ghef pour toutes les femmes qui s'y présentent. "Nous sommes partisans de former les personnels et décliner l’action dans d’autres hôpitaux", affirme Bernard Marc.

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