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Virus bactériophages

Antibiorésistance : sauvé d'une amputation grâce à la phagothérapie

Une technique de soin ancestrale, la phagothérapie, est venue à bout d’un staphylocoque doré qui menaçait un patient français d'une amputation de la jambe. 

Antibiorésistance : sauvé d'une amputation grâce à la phagothérapie wikipedia commons

  • Publié 16.11.2018 à 16h18
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A l’heure où les bactéries résistantes déciment l’Europe, l’histoire de Christophe, racontée dans Le Parisien, est riche d’enseignements. Supplantant des antibiotiques devenus inefficaces, la phagothérapie est venue à bout d’un staphylocoque doré qui menaçait la jambe de ce quinquagénaire.

Une technique de soin ancestrale

"A force, le cocktail d’antibiotiques que je recevais en continu ne fonctionnait plus; il glissait sur moi comme de l’eau sur une toile cirée", raconte le patient, aux prises avec une plaie ouverte depuis l’âge de neuf ans. Au bout de 49 opérations, un médecin finit par lui parler d’amputation. Désespéré, Christophe entend alors parler de la phagothérapie. Pratiquée notamment en Géorgie, cette technique de soin ancestrale consiste à utiliser des virus bactériophages (aussi simplement appelés phages) afin de traiter certaines maladies infectieuses d’origine bactérienne.

Traité sur place, il faudra à peine 15 jours à Christophe pour se débarrasser de son staphylocoque doré et retrouver progressivement l’usage de sa jambe. "J’ai mis beaucoup de temps à atterrir, à m’appuyer dessus, à me dire que je pouvais ressortir avec mes chiens, regarder les petits oiseaux chanter", raconte l’ex-malade, à qui on découvre au passage cinq bactéries multirésistantes.

"Développer les phages"

"Il faut à tout prix développer les phages. Pardon mais aujourd’hui, on est dans la merde, les bactéries deviennent super-fortes", conclut-il. Un objectif que Christophe compte bien atteindre grâce à sa nouvelle association Phages sans frontières. Une vingtaine de malades résistants aux antibiotiques sont déjà partis en Georgie via son intermédiaire.

Alors qu’en 2014, un rapport sur la résistance aux antibiotiques prédisait que d’ici 2050, les infections résistantes aux antimicrobiens pourraient devenir la principale cause de décès dans le monde en occasionnant 10 millions de morts par an, une nouvelle étude publiée dans la revue The Lancet Infectious Diseases émet un constat tout aussi alarmant. Selon les chercheurs, les bactéries résistantes aux antibiotiques ont causé la mort de 33 000 personnes en 2015 au sein de l’Union européenne. "Le fardeau de ces infections est comparable à celui de la grippe, de la tuberculose et du VIH/Sida combinés", s’inquiètent les scientifiques.

Concevoir des traitements alternatifs

D’où "l’urgence d’une prise en compte de la résistance aux antibiotiques comme une donnée de santé vitale pour les patients et le besoin de concevoir des traitements alternatifs pour les patients qui ont d'autres maladies et qui sont vulnérables du fait de défenses immunitaires amoindries ou de l'âge". 

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