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Un premier cas humain détecté à Hong Kong : qu'est-ce que l'hépatite E du rat ?

Voilà qui bouleverse les certitudes de la communauté scientifique : pour la première fois au monde, un cas d'hépatite E du rat a été diagnostiquée à Hong Kong (Chine) chez un homme de 56 ans. Qu'est-ce que cette maladie que l'on pensait réservée aux rongeurs uniquement ?

Un premier cas humain détecté à Hong Kong : qu'est-ce que l'hépatite E du rat ? tenra /istock

  • Publié le 29.09.2018 à 10h25
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Jamais pareil cas n'avait été observé jusque-là. Un cas d'infection humaine d'hépatite E du rat (HEV du rat) a récemment été diagnostiquée chez un habitant de Hong Kong (Chine) âgé de 56 ansIl s'agit du premier cas humain connu à ce jour. L'Université de Hong Kong affirme avoir "prouvé pour la première fois au monde que le virus de l'hépatite du rat peut infecter les êtres humains et provoquer une infection clinique". Aucune élément n'avait démontré jusque-là, que les rats pouvaient contaminer les humains.  

L'hépatite E du rat chez l'humain

L'hépatite E du rat est "une cousine très éloignée des variantes humaines de l'hépatite E", une maladie infectieuse due à un virus entrainant une atteinte du foie (hépatite). Peu connue jusqu'ici, elle ne concernait que les rats, réservoirs potentiels du virus.

Dans un bulletin épidémiologique relatant "les nouvelles connaissance animales" liées à l'hépatite E, l'Anses indiquait que "le virus ou des séquences virales ont été isolés uniquement chez les porcs, les sangliers, les cervidés, les lapins, les rats ainsi que les mangoustes, confirmant qu’il s’agit d’espèces dans lesquelles il y a une multiplication active du virus". Mais l'Anses concluait à l'époque : "il n’y a pas actuellement de données sur leur transmission éventuelle à l’Homme ou à d’autres espèces". Voilà qui ne tient plus. De fait, l'université de Hong Kong explique que cette découverte a "une signification majeure pour la santé publique", puisqu'elle démontre que l'Homme peut être directement infecté par un rat.

Ces derniers mois, les colonies de rats déjà présentes dans les artères de la ville se sont étendues massivement faisant de leur présence un véritable problème urbain. Le fait que ces rongeurs puissent infecter les humains est donc une donnée inquiétante. Selon le journal South China Morning Post, le patient qui vivait dans une cité dont les abords attestent de la présence de rats, a pu être infecté en mangeant des aliments contaminés par des excréments de rongeurs. Il est désormais en convalescence, mais son cas a provoqué un sursaut de la communauté scientifique. 

Les rats, déjà à l'origine de la peste de Chine en 1894

La peste de Chine, la dernière pandémie de peste connue qui commença en 1894 à Hong Kong, a touché 77 ports sur les cinq continents en une dizaine d'années. A l'époque, le médecin franco-suisse Alexandre Yersin soupçonna les rats de la ville d'être vecteurs de cette maladie en voyant de nombre élevé de leurs cadavres dans les rues. Yersin a démontré que le bacille de la peste des rats était le même que celui de la peste humaine. Ces premiers résultats lui ont permis de mettre au point, deux ans plus tard, un premier sérum antipesteux qui eut un grand succès.

L'hépatite E en France

Cette récente découverte intervient dans un contexte sanitaire français déjà très marqué par la recrudescence de cas d'hépatite E. Selon le dernier rapport de Santé Publique France, le nombre de cas a en effet littéralement explosé en France (9 vs 2 292) entre 2002 et 2016, tout comme le nombre de personnes hospitalisées pour cette maladie (57 vs 653). 

La transmission française la plus fréquemment documentée est alimentaire, provoquée par la consommation de produits contaminés issus d’animaux porteurs du VHE comme le porc, le sanglier, le cerf et non le rat pour le moment. "Le porc, principal réservoir du VHE en France, est à l’origine d’une transmission alimentaire, particulièrement les produits à base de foie cru. La prévention repose sur l’information des consommateurs quant à la nécessaire cuisson à cœur (71°C pendant 20 minutes pour inactiver le virus) de ces produits", alerte donc Santé Publique France. 

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