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Hépatite E: à cause de la charcuterie, le nombre de cas explose en Occitanie

Le nombre de cas d’hépatite E (VHE) a littéralement explosé en France ces dernières années, en particulier en Occitanie, à cause de la consommation de charcuterie insuffisamment cuite... et de l'augmentation du dépistage.

Hépatite E: à cause de la charcuterie, le nombre de cas explose en Occitanie fortyforks/stock

  • Publié 22.09.2018 à 13h30
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Le nombre de cas d’hépatite E a littéralement explosé en France entre 2002 et 2016 (9 vs 2 292). Il en est de même pour le nombre de personnes hospitalisées pour cette maladie (57 vs 653). Selon le dernier rapport de Santé Publique France, les régions du Sud, et en particulier l'Occitanie, sont particulièrement touchées.

"À partir de 2010, la disponibilité de tests diagnostiques et une meilleure connaissance de l’hépatite E ont entrainé une augmentation considérable du nombre de personnes testées, d’où une incidence croissante du nombre de cas autochtone", explique l’agence.

Le taux de mortalité estimé entre 1% et 4% chez les adultes

L’hépatite E est une maladie infectieuse due à un virus qui entraine une atteinte du foie ("hépatite"). Les proportions de formes cliniquement non apparentes (asymptomatiques) ont été estimées à plus de la moitié des cas (67%). Cependant, après une incubation silencieuse de 2 et 8 semaines (40 jours en moyenne), l’hépatite E peut provoquer des signes ressemblant à ceux de l’hépatite A, avec présence de fièvre, fatigue, nausées, vomissements, anorexie et douleurs abdominales, souvent suivis par une jaunisse, appelée ictère par les médecins (68 %-86 %). 

L’évolution est, le plus souvent, spontanément favorable en 3 à 5 semaines. Néanmoins, l’hépatite E peut évoluer vers une "forme fulminante", très agressive, qui peut imposer une transplantation hépatique ou conduire au décès. Le taux de mortalité a été estimé entre 1% et 4% chez les adultes.

La charcuterie à base de porc

Au début des années 2000, la plupart des cas d’hépatite E diagnostiqués en France et dans les pays industrialisés étaient des cas importés, à la suite d’un séjour dans un pays où l’accès à l’eau potable et l’assainissement étaient peu maîtrisés. Puis, une transmission autochtone a été suspectée chez des patients n’ayant pas voyagé, suggérant des modes de transmission autres que la voie hydrique.

La transmission la plus fréquemment documentée en France est, depuis lors, alimentaire, par consommation de produits contaminés issus d’animaux porteurs du VHE (porc, sanglier, cerf). "Le porc, principal réservoir du VHE en France, est à l’origine d’une transmission alimentaire, particulièrement les produits à base de foie cru.

Le dépistage doit être mis en place

La prévention repose sur l’information des consommateurs quant à la cuisson de ces produits qui doit absolument être réalisée "à cœur" (71°C pendant 20 minutes pour inactiver le virus), selon Santé Publique France. On parle ici par exemple de "figatelli corses" ou des "saucisses de foie de porc". Une hygiène des mains insuffisantes avant de manipuler les aliments peut aussi contribuer à propager l'infection.

"Des discussions sont en cours pour l'introduction d'un dépistage génomique viral systématique des dons de sang à partir de 2019", indiquent les auteurs de l’étude. Cette technique permet de détecter des infections très récentes, avant que les anticorps fabriqués par l'organisme qui a été en contact avec le virus soient détectables par les tests sanguins. 

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l'hépatite E touche chaque année plus de 20 millions de personnes dans le monde, et a été responsable de 44 000 morts en 2015. En France, le virus serait responsable de 18 décès chaque année.

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