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Hépatite E : le nombre de cas explose en France, notamment à cause de la charcuterie

Attention aux produits à base de porc pas assez cuits. Ces dernières années, le nombre de cas d’hépatite E (VHE) a littéralement explosé en France, de même que le nombre d'hospitalisations liées à cette maladie.

Hépatite E : le nombre de cas explose en France, notamment à cause de la charcuterie Dr_Microbe / stock

  • Publié 11.09.2018 à 12h06
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Entre 2002 et 2016, le nombre de cas d’hépatite E a littéralement explosé en France (9 vs 2 292), tout comme le nombre de personnes hospitalisées pour cette maladie (57 vs 653). Selon le dernier rapport de Santé Publique France, les régions du Sud sont particulièrement touchées. "À partir de 2010, la disponibilité de tests diagnostiques et une meilleure connaissance de l’hépatite E ont entrainé une augmentation considérable du nombre de personnes testées, d’où une incidence croissante du nombre de cas autochtone", explique l’agence.

Le taux de létalité a été estimé entre 1% et 4% chez les adultes

L’hépatite E est une maladie infectieuse due à un virus entrainant une atteinte du foie (hépatite). Les proportions de formes asymptomatiques (absence de signes cliniques) ont été estimées à plus de la moitié des cas (67%). Cependant, l’hépatite E peut entraîner, après une incubation de 2 et 8 semaines (40 jours en moyenne), des formes symptomatiques ressemblant à celle de l’hépatite A, avec présence de fièvre, fatigue, nausées, vomissements, anorexie et douleurs abdominales, souvent suivis par un ictère (68 %-86 %). 

L’évolution est, le plus souvent, spontanément favorable en 3 à 5 semaines. Néanmoins, l’hépatite E peut évoluer vers une forme fulminante pouvant nécessiter une transplantation hépatique et conduire au décès. Le taux de létalité a été estimé entre 1% et 4% chez les adultes.

Au début des années 2000, la plupart des cas d’hépatite E diagnostiqués en France et dans les pays industrialisés étaient des cas importés à la suite d’un séjour dans un pays où l’accès à l’eau potable et l’assainissement étaient peu maîtrisés. Puis, une transmission autochtone a été suspectée chez des patients n’ayant pas voyagé, suggérant des modes de transmission autres que la voie hydrique.

La nécessaire cuisson à cœur du porc

La transmission française la plus fréquemment documentée est depuis lors alimentaire, par consommation de produits contaminés issus d’animaux porteurs du VHE (porc, sanglier, cerf). "Le porc, principal réservoir du VHE en France, est à l’origine d’une transmission alimentaire, particulièrement les produits à base de foie cru. La prévention repose sur l’information des consommateurs quant à la nécessaire cuisson à cœur (71°C pendant 20 minutes pour inactiver le virus) de ces produits", alerte donc Santé Publique France. On parle ici par exemple de figatelli corses ou des saucisses de foie de porc. Une hygiène des mains insuffisantes avant de manipuler les aliments peut aussi contribuer à propager l'infection.

"Des discussions sont en cours pour l'introduction d'un dépistage génomique viral systématique des dons de sang à partir de 2019", indiquent les auteurs de l’étude. Cette technique permet de détecter des infections très récentes, avant que les anticorps fabriqués par l'organisme qui a été en contact avec le virus soient détectables par les tests sanguins. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l'hépatite E touche chaque année plus de 20 millions de personnes dans le monde, et a été responsable de 44 000 morts en 2015. En France, le virus serait responsable de 18 décès chaque année.

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