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Infections sévères

Méningite de l’enfant: un quart des décès et des séquelles graves sont évitables

Dans un contexte de défiance vis-à-vis de la vaccination, certains enfants restent exposés à des infections bactériennes sévères, comme la méningite, avec un risque de décès et de séquelles. Pourtant, une étude démontre qu’une vaccination à jour peut en réduire nettement le nombre.

Méningite de l’enfant: un quart des décès et des séquelles graves sont évitables Jovanmandic/istock

  • Publié 12.09.2018 à 22h10
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Des chercheurs de l’Inserm ont montré que 25% des décès et 25% des séquelles graves des enfants après une infection bactérienne sévère comme une méningite, auraient pu être évités par la simple application du calendrier vaccinal concernant le méningocoque et le pneumocoque. 

Il s’agit d’un travail, réalisé en collaboration avec des pédiatres de ville dans le Grand-Ouest, sur une période de 5 ans, et paru dans la revue Paediatric and Perinatal Epidemiology.

Infections bactériennes graves de l’enfant

Les infections bactériennes sont fréquentes et sont normalement combattues par le système immunitaire. Les antibiotiques servent surtout à aider ce système de défense qui est à la fois naturel et éduquable. Mais les enfants, et plus particulièrement les bébés, dont le système immunitaire est moins développé, sont très vulnérables face à certaines infections bactériennes.

Cela peut conduire à des infections sévères (méningite, purpura fulminans, choc septique...) qui peuvent être responsables de séquelles graves (paralysie, déficit auditif, hydrocéphalie, épilepsie…) et de décès.

Une étude prospective régionale française

L’étude visait à déterminer, chez des enfants ayant une infection bactérienne sévère, la part de celles qui auraient pu être évitées par une vaccination complète reçue dans les délais des recommandations officielles.

Tous les enfants âgés de 1 mois à 16 ans dans le Grand-Ouest français, admis en réanimation pédiatrique ou décédés avant leur admission à cause d’une infection bactérienne sévère, ont été analysés prospectivement sur 5 ans (de 2009 à 2014). Il s’agit d’une étude coordonnée par l’Inserm et financée par le Ministère de la Santé.

Une infection était considérée comme théoriquement évitable par la vaccination si l’enfant avait une vaccination absente ou incomplète et si les souches bactériennes identifiées dans son organisme étaient ciblées par les vaccins recommandés au moment de la survenue de l’infection.

Les pneumocoques et les méningocoques sont dangereux chez l’enfant

D’après les résultats de cette étude, le méningocoque et le pneumocoque restent les principales bactéries à l’origine des infections sévères de l’enfant (65%). Elles sont, par ailleurs, responsables de 71% des décès et de près de la moitié des cas de séquelles graves.

Seuls 39% des enfants étaient correctement vaccinés contre ces bactéries et 61% avaient donc une vaccination inexistante ou incomplète. Un crève cœur quant on sait que les vaccins anti-pneumococcique et anti-méningococcique C ont été introduits dans le calendrier vaccinal en France en 2002 et 2009. Au final, 25% des décès et 25% des cas de séquelles étaient évitables par la simple application des recommandations vaccinales officielles.

Une partie des enfants reste non protégée

Alors que les principales bactéries responsables de ces infections peuvent être prévenue par des vaccins (vaccins anti-pneumococcique et anti-méningococcique C), la défiance vis-à-vis de la vaccination est désormais importante en France, ce qui aboutit souvent à l’absence de vaccination complète chez certains enfants et les expose à ces risques de séquelles graves ou de décès.

En France, si la vaccination contre les deux principales bactéries responsables de ces infections sévères est devenue obligatoire pour l’ensemble des enfants nés à partir du 1er janvier 2018 (vaccins anti-pneumococcique et anti-méningococcique C), la plupart des décès liés au méningocoque C survient chez des enfants de plus de 2 ans qui n’avaient pas leur statut vaccinal à jour.

Ces enfants ne sont pas concernés actuellement par l’obligation vaccinale, et les chercheurs considèrent qu’il est fondamental de leur appliquer les recommandations actuelles de rattrapage.

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