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Nitrates

Troubles bipolaires : la viande transformée peut déclencher la phase maniaque

Les nitrates utilisés pour conserver les charcuteries comme le boeuf séché, le salami, les hot dogs et autres snacks à base de viande transformée peuvent contribuer à déclencher la manie, un état d'humeur anormal associé au trouble bipolaire.

Troubles bipolaires : la viande transformée peut déclencher la phase maniaque Genadijs Stirans / istock

  • Publié 19.07.2018 à 12h15
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L’analyse d’une cohorte de plus de 1 000 personnes a montré que les nitrates - des produits chimiques utilisés pour conserver les charcuteries comme le boeuf séché, le salami, les hot dogs et autres snacks à base de viande transformée - peuvent contribuer à déclencher la manie, un état d'humeur anormal associé au trouble bipolaire. La manie est caractérisée par l'hyperactivité, l'euphorie et l'insomnie.

Les résultats ont été publiés le 18 juillet dans Molecular Psychiatry. Plus précisément, les chercheurs ont constaté que les personnes hospitalisées pour un épisode de manie avaient trois fois plus de chances d'avoir déjà mangé des viandes aux nitrates que les personnes n'ayant pas d'antécédents de troubles psychiatriques graves.

Interventions diététiques

Des expériences menées chez le rat par les mêmes chercheurs ont montré une hyperactivité maniaque après seulement quelques semaines de régime alimentaire enrichi en nitrates. "Les futurs travaux sur cette association pourraient mener à des interventions diététiques pour aider à réduire le risque d'épisodes maniaques chez ceux qui souffrent de troubles bipolaires ou qui sont autrement vulnérables à la manie", explique l’auteur principal de l’étude Robert Yolken, professeur de neurovirologie pédiatrique à l'École de médecine de l'Université Johns Hopkins.

La manie, qui peut durer des semaines, voire des mois, est généralement observée chez les personnes atteintes d'un trouble bipolaire, mais peut aussi se produire chez les personnes atteintes d'un trouble schizoaffectif. Les états maniaques peuvent mener à des comportements dangereux et des hospitalisations.

3,5 fois plus élevés

Entre 2007 et 2017, Robert Yolken et ses collègues ont recueilli des données démographiques, sanitaires et alimentaires de 1101 personnes âgées de 18 à 65 ans, avec et sans troubles psychiatriques (celles souffrant de problèmes psychiatriques ont été recrutées dans un service hospitalier spécialisé). Parmi les personnes hospitalisées pour manie, les antécédents de consommation de viande traitée avant l'hospitalisation étaient environ 3,5 fois plus élevés que dans le groupe des personnes sans troubles psychiatriques. Les chercheurs n'ont en revanche pas pu tirer de conclusions quant à la quantité exacte de viande séchée qui augmente le risque de manie.

Les nitrates sont utilisés comme conservateurs dans les produits à base de viande transformée, et ont été récemment associés à certains cancers et maladies neurodégénératives.

7% de la population

Le trouble bipolaire est un trouble de l’humeur (avant intitulé : psychose maniaco-dépressive). Il se caractérise par une variation anormale de l’humeur : alternance de périodes d’excitation (manie ou hypomanie) et de dépression, voire de mélancolie profonde, entrecoupées de périodes de stabilité. Le terme "bipolaire" évoque les deux pôles manie et dépression, entre lesquels l’humeur oscille.

Le trouble bipolaire classique touche environ de 0,4% à 1,6% de la population adulte en France dans toutes les catégories sociales, soit environ 600 000 personnes. En incluant les types II ou III, on obtient des chiffres nettement plus élevés, pouvant aller jusqu’à 7% de la population en incluant tout le "spectre" bipolaire, c’est-à-dire tous les troubles apparentés.

Selon les chiffres de Santé Publique France, 163 à 190 femmes pour 100 000 ont présenté des troubles bipolaires entre 2010 et 2014, contre 104 à 120 hommes pour 100 000."Au total, entre 2010 et 2014, 80 000 personnes, en moyenne, ont été prises en charge annuellement en France métropolitaine pour troubles bipolaires, et 300 000 personnes pour troubles dépressifs. Des taux stables ont été observés pour la prise en charge des troubles dépressifs tandis qu’une augmentation a été constatée pour celle des troubles bipolaires", indiquent les auteurs du rapport.

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