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Avancée médicale

Fibrillation auriculaire : l'ablation par cathéter réduit les risques de décès et d'AVC

La fibrillation auriculaire est le trouble cardiaque le plus fréquent chez l’adulte de plus de 40 ans. Des chercheurs ont récemment découvert un moyen efficace de réduire les risques de décès et d'AVC (d'ordinaire cinq fois plus élevés chez ces patients que dans le reste de la population).

Fibrillation auriculaire : l'ablation par cathéter réduit les risques de décès et d'AVC Dr_Microbe / istock

  • Publié 30.06.2018 à 12h55
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La fibrillation auriculaire, ou fibrillation atriale (souvent appelée FA) est le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent chez l’adulte de plus de 40 ans. Son incidence augmente avec l'âge. Selon la Haute Autorité de Santé, "près de 70 % des patients en fibrillation ont plus de 75 ans et sa prévalence est supérieure à 10% chez les personnes de plus de 80 ans (17 % au-delà de 85 ans)".

On estime que 33 millions de personnes dans le monde en sont atteintes. On repère la FA quand "les palpitations sont irrégulières", expliquait en 2017 au Télégramme le Pr Frédéric Anselme, cardiologue au CHU de Rouen. "L'oreillette gauche du coeur ne se contracte plus", le sang s'évacue mal et stagne dans cette partie du muscle cardiaque. Globalement, les patients atteints de FA ont cinq fois plus de risque de faire un AVC. 

Les avantages de l'ablation 30 jours après une hospitalisation

Heureusement, la recherche avance. Selon une récente étude américaine, l'ablation par cathéter, à la place d'un traitement médicamenteux seul, réduirait les risques de décès et d'AVC chez les patients atteints de FA. Actuellement, "moins de 2% des patients subissent une ablation au début de la fibrillation auriculaire", explique Uma Srivatsa, professeur de médecine cardiovasculaire à UC Davis Health et principal auteur de l'étude. "Notre étude montre que l'ablation peut être considérée comme un traitement primaire pour tout le monde."

Avec son équipe, le Professeur a étudié les dossiers médicaux de patients hospitalisés pour une FA entre 2005 et 2013. Deux groupes d'environ 4000 personnes ont été comparés : l'un avait été traité par ablation et l'autre non. Les résultats pour les deux groupes étaient similaires en termes de taux de décès, d'AVC ischémique et d'AVC hémorragique dans les 30 jours suivant l'hospitalisation.

Au-delà de 30 jours cependant, les avantages de l'ablation étaient évidents : 84 patients du groupe de l'ablation sont morts, contre 189 dans le groupe témoin, 55 patients ayant subi une ablation ont eu des AVC ischémiques, contre 86 dans le groupe témoin et 17 patients du premier groupe ont eu des AVC hémorragiques contre 53 dans le groupe témoin. En somme, l'étude confirme la sécurité globale à court et à long terme de l'ablation en tant que traitement de la FA, selon Srivatsa.

L'ablation, une question de vie ou de mort ?

Jusqu'à présent, l'hésitation des médecins à utiliser l'ablation plus tôt et plus souvent était due au manque de données officielles. Publiée dans la revue Circulation: Arrhythmia and Electrophysiology, cette étude évalue les résultats du traitement sur une longue période chez un grand nombre de patients multiethniques . "Ce n'est qu'avec des études plus robustes et réelles comme la nôtre que nous serons en mesure de savoir ce qui fonctionne le mieux pour traiter les patients atteints de FA", explique le chercheur. 

Dans un éditorial publié avec l'étude, des cardiologues de l'Université de Toronto ont écrit que, bien que les études rétrospectives aient certaines limites, le Professeur Srivatsa et ses collègues sont parvenus à obtenir des résultats encourageants. Selon eux, des essais randomisés détermineront "si l'ablation est vraiment une situation de vie ou de mort".

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