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Diabète : bientôt une pilule pour remplacer les piqûres d'insuline quotidiennes ?

Des chercheurs américains sont en train de mettre au point une pilule capable de transmettre de l'insuline par voie orale. S'il venait à être commercialisé, ce médicament pourrait permettre aux personnes souffrant de diabète de type 1 de ne plus avoir recours aux piqûres. 

Diabète : bientôt une pilule pour remplacer les piqûres d'insuline quotidiennes ? 6okean/iStock

  • Publié 28.06.2018 à 18h00
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Voilà qui pourrait révolutionner le quotidien des millions de personnes atteintes de diabète de type 1 dans le monde. Des chercheurs américains sont en train de mettre au point une pilule d’insuline afin qu’elles n’aient plus jamais besoin de se servir d’une aiguille pour s’administrer cette protéine que leur corps ne secrète plus naturellement, selon une étude publiée dans la revue Pnas lundi 25 juin.  

Cela fait déjà bien longtemps que les scientifiques essayent de développer de nouveaux systèmes pour administrer différemment de l’insuline au malades. Malheureusement, quand elle est avalée, la protéine n’est pas absorbée assez vite par le système digestif et ne pénètre pas à temps dans les tissus. C’est pourquoi, afin qu’elle ne soit pas lésée par l’acidité de l’estomac et mal absorbée par l’intestin, les chercheurs de l’Université d’Harvard ont eu l’idée de combiner l’insuline à un liquide ionique composé de choline et d'acide géranique. Le tout incorporé dans une capsule à l’enrobage biocompatible et résistant aux acidités de l’estomac. Ainsi, le comprimé ne se dissout qu’une fois arrivé dans l’intestin grêle.

"Une fois ingérée, l'insuline doit naviguer sur un parcours d'obstacles avant de pouvoir être absorbée efficacement dans la circulation sanguine. Notre approche est comparable à un couteau suisse, où la pilule a tous les outils pour répondre à chacun des obstacles rencontrés", résume Samir Mitragotri, co-auteur de l’étude.

La pilule bientôt testée sur d'autres animaux que les rats 

Pour l’heure, l’expérience est un succès puisque le taux de glucose des rats testés a diminué. "Cette étude montre des résultats remarquables : l'insuline administrée par voie orale en combinaison avec un liquide ionique fonctionne aussi bien qu'une injection conventionnelle", commente Mark Prausnitz, chercheur en biologie moléculaire à l’Université de Technologie de Géorgie en marge de l’étude.

Toutefois, la formule doit encore être testée sur d’autres animaux avant d’être éventuellement expérimentée sur des humains lors d’un essai clinique. Mais, si elle devait un jour être commercialisée, cette pilule aurait un impact extraordinaire sur le quotidien des diabétiques.

En effet, actuellement, les personnes souffrant de diabète de type 1 (5 à 10% des cas de diabètes) doivent s’injecter une à cinq fois par jour des quantité précises d’insuline par voies intraveineuse afin de réguler leur glycémie. Car elles n’en produisent quasiment pas en raison d’une réaction auto-immune qui détruit partiellement ou entièrement les cellules bêta du pancréas. Or l’insuline est une protéine essentielle à l’utilisation du glucose sanguin par l’organisme comme source d’énergie.

Quatre patients sur dix souffrent lors de leur injection d'insuline 

En France, sur les 3,5 millions de personnes qui souffrent du diabète, 800 000 sont aujourd’hui soignés par insuline. Or d’après la Fédération française des diabétiques, quatre patients sur dix affirment ressentir des douleurs lors des injections et huit sur dix remarquent des saignements ou des hématomes après s’être piqués. Le procédé est parfois si pénible que certains diabétiques préfèrent abandonner leur traitement, ce qui peut alors entraîner une hyper ou hypoglycémie.

La première aura tendance à se manifester par une extrême fatigue et de l’essoufflement, une grande soif, de la somnolence, des maux de ventres et un besoin fréquent d’uriner tandis que la deuxième provoquera un sentiment de faim, d’anxiété et des tremblements chez le malade. Non traité, le diabète de type 1 peut également accroître le risque de maladies cardiovasculaires, de troubles aux reins, de pertes de sensibilité aux doigts et aux pieds et de problèmes de vision pouvant aller jusqu’à la cécité.

C’est pourquoi, les implications de la recherche de l’Université d’Harvard pour la médecine pourraient être énormes si les résultats aboutissent à une pilule qui administre de manière sûre et efficace l'insuline aux humains, s’enthousiasme Mark Prausnitz.  

 

 

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