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Polyarthrite rhumatoïde: une maladie hétérogène mais les formes à risque désormais identifiables

La polyarthrite rhumatoïde est la plus fréquente des maladies articulaires inflammatoires d’origine auto-immune. On sait désormais comment identifier les formes les plus dangereuses pour les articulations.

Polyarthrite rhumatoïde: une maladie hétérogène mais les formes à risque désormais identifiables Tharakorn/istock

  • Publié 14.06.2018 à 13h37
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Au cours de la polyarthrite rhumatoïde, une nouvelle technique, développée par une équipe de recherche suédoise, permet de mieux analyser quels sont les processus auto-immuns qui se passent réellement à l’intérieur d’une articulation inflammatoire.

Cette découverte va permettre de déterminer quelles sont les malades les plus à risque de destruction articulaire afin de leur appliquer les stratégies thérapeutiques les plus efficaces d’emblée et de prévenir ces lésions. Cette étude est publiée dans Annals of the Rheumatic Diseases.

Polyarthrite rhumatoïde : une maladie hétérogène

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie inflammatoire chronique des articulations qui est d’origine auto-immune.

Elle s’accompagne, chez environ deux tiers des malades, d’anticorps spécifiques qui sont dirigées contre différents fragments de protéines qui se trouvent naturellement dans le corps, les protéines citrullinées (fillagrine, α-enolase, vimentin, collagen type II, fibrinogen and histones...). Ces « auto-anticorps » sont appelés anticorps anti-protéine citrullinée ou ACPA.

La recherche a démontré des différences génétiques entre les malades qui ont des ACPA et ceux qui n’en n’ont pas. De plus, l’apparition des polyarthrites avec ACPA est fortement associée au tabagisme, ce qui n’est pas le cas chez les PR qui n’ont pas d’ACPA.

Ainsi les polyarthrites rhumatoïdes avec ou sans ACPA représentent 2 maladies inflammatoires articulaires différentes, avec des pronostics articulaires distincts, mais qui commencent avec un tableau clinique identique. Ceci complique le choix du traitement, d'autant que toutes les polyarthrites avec ACPA ne sont pas agressives.

Un diagnostic plus précoce des polyarthrites à risque

Les auto-anticorps ACPA simplifient le diagnostic de polyarthrite rhumatoïde quand ils sont présents au début de la maladie, mais ils ont également un rôle pronostique puisqu’ils sont plus souvent associés à une inflammation plus intense, à une évolution plus sévère et à des destructions articulaires plus fréquentes.

Jusqu’à maintenant, on ne comprenait pas pourquoi et surtout quel taux ou quel type d’ACPA était le plus dangereux. L’étude révèle que le taux des ACPA est plus faible dans le liquide articulaire que dans le sang et que ce n’est pas le taux des ACPA dans le liquide synovial ni dans le sang qui est corrélé au risque articulaire.

Celui-ci serait plutôt dépendant du mélange d’ACPA de différents types dans l’articulation : c’est dans ces conditions de « polyclonalité » que ce mélange d’ACPA formerait des agrégats d’anticorps, les « complexes immuns », à même de déclencher l’inflammation articulaire intense qui conduit aux destructions du cartilage et de l’articulation.

Il s’agit d’une vraie révolution. Avec cette nouvelle méthode, l’équipe suédoise a été à même de montrer que, dans la polyarthrite rhumatoïde avec ACPA, ce mélange d’anticorps à un rôle direct dans la destruction articulaire. Surtout, il est désormais possible d’identifier les malades à risque afin de mettre en œuvre plus rapidement les traitements qui vont éviter toute destruction articulaire.

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