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Cancérologie

Cancer du sein : vers la fin de la chimiothérapie pour 70% des patientes ?

Une étude présentée au congrès de cancérologie ASCO, début juin, avance qu'une chimiothérapie peut être évitée chez les femmes dont le cancer est hormonosensible. Mais ces résultats demeurent approximatifs, on vous explique pourquoi. 

Cancer du sein : vers la fin de la chimiothérapie pour 70% des patientes ? PRImageFactory /iStock

  • Publié 06.06.2018 à 14h00
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  • Mise à jour le 08.06.2018 à 14h15
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Le cancer du sein est une tumeur maligne qui peut être guérit dans 9 cas sur 10 si elle est diagnostiquée suffisamment tôt : la survie à 5 ans est de 99 % pour un cancer du sein détecté à un stade précoce, elle est de 26 % pour un cancer métastasé. Mais sa guérison dépend de plusieurs facteurs, dont l’âge, la taille et le type de la tumeur ainsi que le stade de la maladie. Ainsi, chaque année 54 000 nouveaux cas sont diagnostiqués et environ 12 000 décès sont recensés. Fort heureusement, la recherche avance.

Une étude supportée par le gouvernement américain et présentée lors du Congrès ASCO 2018 à Chicago démontre que chez les femmes atteintes d’un cancer du sein hormonodépendant sans récepteur HER2 (c'est-à-dire sans traitement ciblé possible), ni atteinte ganglionnaire (50% des cancers le sont), la réalisation d'un test baptisé Oncotype DX Breast Recurrence Score pourrait permettre d’éviter la chimiothérapie et de se contenter d’une hormonothérapie après la chirurgie. Les promoteurs de l’étude TAILORx, vont jusqu’à dire que grâce à ce test "70% de ces femmes pourraient se passer de la chimiothérapie". Une affirmation un peu abusive, voire commerciale. 

Un test quantitatif parmi d’autres

Ce test permet d’attribuer un score de 0 à 100 en analysant les anomalies de 21 gènes de la tumeur du sein. Généralement, les patientes qui ont un score de 0 à 10 en font plus de chimiothérapie en plus de l’hormonothérapie. Par contre chez celles qui ont un score de 26 à 100, la chimiothérapie est systématique. La question de la chimiothérapie se posait donc chez les femmes qui ont un score intermédiaire, soit entre 11 et 25.

Après un suivi de plus de 7 ans de 10 000 femmes âgées de 18 à 75 ans, le pronostic des celles qui avaient un score intermédiaire et qui ont été traitées par chimiothérapie ne s'est pas amélioré : ni en termes de survie globale, de survie sans progression ou du taux de récidives à distance. Les courbes entre le groupe traité avec chimiothérapie + hormonothérapie et le groupe traité par hormonothérapie seule sont strictement superposables. La chimiothérapie ne sert donc à rien dans ce groupe, ce qui, additionné aux femmes avec un score faible, correspond à 70%. 

Pourquoi ces résultats sont-ils approximatifs ?

De tout temps les médecins et les autorités de santé ont rêvé d’avoir des scores infaillibles qui leur permettraient de traiter avec "précision" les malades : le juste traitement pour le bon malade… décidé par le bon ordinateur. Mais est-ce que ce test va révolutionner la pratique ? Pas forcément.

Ce test n'a pas été comparé à l’évaluation traditionnelle qui est réalisée en "Réunion de Concertation Pluridisciplinaire" (RCP). Ce processus consiste en effet à définir le meilleur traitement pour chaque patient au terme d'une discussion entre plusieurs médecins. On ne sait donc pas s’il fait mieux que l’évaluation réalisée par les médecins sur des critères cliniques, radiologiques et biologiques. De plus, ce test sera bien disponible en France, mais dans une enveloppe budgétaire qui rembourse également d’autres innovations, dont des thérapies ciblées. Certains experts français consultés sur place au Congrès se sont laissés aller à dire que, compte tenu de l’enveloppe budgétaire limitée, "entre le remboursement du test et celui des traitements ciblés", ils préféraient choisir "les thérapies ciblées". 

Il est donc important de ne pas exagérer la portée de cette étude dont les résultats demeurent approximatifs. Des milliers de femmes ne reçoivent déjà pas de chimiothérapie en France. Ces travaux confirment donc les données actuelles. Ce que cela va changer, c’est que les cancérologues ont désormais les moyens d’être plus affirmatifs quand il expliquent leur stratégie thérapeutique à une patiente. 

Prévenir pour mieux guérir

Huit cancers du sein sur 10 se déclarent après 50 ans et plus de 47 % d’entre eux sont diagnostiqués chez les femmes de 65 ans et plus. L’Institut National du Cancer (INCa) a lancé un nouveau site Internet pour "s’informer et décider". Il insiste sur les "réelles chances de guérison" lorsque le cancer se manifeste chez une femme de moins de 40 ans. Il parle aussi de la mammographie, d’éventuels antécédents pouvant contribuer au développement de la maladie et de la prise en charge. Une rubrique est également dédiée aux questions des internautes.

Orienté essentiellement sur le dépistage, le site permet de rentrer son âge et d’accéder à des informations en lien avec celui-ci : une femme de mois de 40 ans accèdera à des informations relatives à la prévention, comme l’important de faire un examen annuel des seins et aux symptômes afin de prévenir la maladie. Celles âgées de 40 à 49 ans recevront des informations sur l’origine de la maladie, ses facteurs de risque et les symptômes. Enfin, les femmes âgées de 50 à 74 ans seront informées sur le dépistage du cancer du sein, qui leur est recommandé tous les deux ans. Celles âgées de plus de 75 ans seront averties des symptômes à surveiller, les facteurs de risque et l’intérêt d’en parler avec leur médecin traitant.

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