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A la diète

L'importance du jeûne : manger moins pour vivre plus longtemps

D'après deux nouvelles études, diminuer son apport calorique permettrait aux humains de vivre plus longtemps. Ces résultats vont dans le sens de nombreuses recherches qui avaient déjà prouvé les bienfaits du jeûne sur la longévité. 

L'importance du jeûne : manger moins pour vivre plus longtemps nehopelon/Istock

  • Publié 07.06.2018 à 09h45
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Manger à ventre déboutonné ou vivre plus longtemps, il faut choisir. D’après deux études datant d'avril, la restriction calorique est la clé de la longévité. La première a été menée sur des primates par des scientifiques français du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) et du CNRS et a été publiée dans la revue Communications Biology. L'autre, réalisée sur des humains par une équipe américaine de l'Université de Louisiane, est parue dans Cell Metabolism.

Dans la première étude, les chercheurs ont suivi des Microcebus murinus adultes, une espèce de lémuriens de Madagascar qui partage de nombreuses caractéristiques physiologiques avec l’humain et ont exposé une partie de ces animaux à une "restriction calorique modérée" soit 30% de calories en moins que les autres. Résultat : les primates qui mangeaient moins ont présenté une durée de vie augmentée de 50%. Alors que les Microcebus murinus ont une survie médiane de 6,4 ans, celle des animaux mis à la diète est passée à 9,6 ans.

Les chercheurs ont également remarqué une réduction de pathologies telles que le diabète ou le cancer, maladies que ces animaux ont tendance à développer quand ils vieillissent. Enfin, ils ont remarqué des impacts de la restriction calorique assez paradoxaux au niveau du cerveau. Les bêtes au régime ont subi une accélération légère de perte de matière grise (corps cellulaires des neurones) en même temps qu’un ralentissement important de l'atrophie de la matière blanche (ensemble des fibres des neurones).

Un ralentissement du métabolisme

Ainsi, la restriction calorique semble très efficace pour allonger l’espérance de vie et retarder le processus de vieillissement chez un primate non humain, conclut l’étude. S’il est encore impossible de déterminer pourquoi, les chercheurs avancent deux hypothèses. La première pourrait être expliquée par l’hormèse, soit une réponse généralement favorable de stimulation des défenses biologiques, suite à l'exposition modérée à un phénomène générateur de stress. Ici, le stress modéré consiste à réduire le nombre de calories à un niveau poussant l’organisme à réagir de manière positive. Autre possibilité : notre expérience ramènerait le nombre de calories ingérées à un niveau plus adapté. Toutefois, puisque 30% de calories en moins conduit à un effet négatif sur le cerveau (légère atrophie cérébrale), ce niveau de restriction est peut-être trop intense, notent les scientifiques.

Dans la seconde étude, les chercheurs ont suivi 53 participants pendant deux ans, demandant à 34 d’entre eux de diminuer leurs apports caloriques d’environ 15% sans modifier leur repas. Non seulement ces volontaires ont perdu en moyenne neuf kilos mais ils ont présenté un ralentissement du métabolisme, soit l’ensemble des réactions biologiques de l’organisme. Les scientifiques ont également noté chez eux une diminution de la production de radicaux libres, des molécules qui favorisent le vieillissement en s’accumulant dans les cellules.

Pour expliquer cela, les chercheurs avancent deux théories. La première est celle du taux de vie : les mammifères vivent d’autant plus vieux qu’ils ont une activité métabolique faible, rapportée à leur corpulence. Selon la seconde, nous vieillissons à cause de la multiplication des lésions cellulaires liées à l'accumulation de radicaux libres dans les cellules. Notons toutefois que les personnes suivies ici étant toutes en surpoids au début de l’étude, il paraît logique qu’une restriction calorique ait entrainé des effets bénéfiques sur leur métabolisme.

Les bienfaits du jeûne

Mais finalement ces deux études arrivent à la même conclusion. Chez l’humain ou chez l’animal, un apport calorique trop élevé est mauvais pour la longévité. A ce stade, il est toutefois impossible de déterminer à quel pourcentage exact correspond le niveau idéal d’apport calorique quotidien chez l’humain.

Quoi qu’il en soit, ces résultats rejoignent plusieurs études ayant mis en lumière les bienfaits du jeûne sur la longévité. En 2015, des chercheurs américains recommandaient de diminuer d’un tiers sa consommation de calories pendant quatre jours par mois pour ralentir le vieillissement et réduire le risque de cancers et de maladies cardiovasculaires. A la place d’une alimentation classique, ils conseillaient de se nourrir de différentes soupes de légumes et boissons à base de camomilles, plante connue pour aider à ralentir le vieillissement.

D’autres chercheurs, également américains, prônent quant à eux le jeûne intermittent. Soit jeuner pendant un certain nombre d’heures par jour, 16h par exemple, tout en se permettant de manger ce que l’on veut le reste du temps. D’après leur étude publiée en mai 2018, cette technique permettrait non seulement de prolonger la durée de vie mais également d’améliorer le fonctionnement des processus métaboliques, de protéger les fonctions cognitives, d’améliorer les performances physiques, de réduire les risques d’inflammations et de protéger contre les maladies cardiovasculaires.

Si vous envisagez une de ces pratiques, pensez toutefois à en parler avec votre médecin pour plus de sécurité avant de vous lancer.

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