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Journée sans tabac : "La France va certainement aboutir à une génération de non-fumeurs avant 2034"

Selon une nouvelle étude de l’association Paris sans tabac, les Parisiens de moins de 15 ans sont désormais seulement 5% à fumer. C’est plus de deux fois moins de fumeurs quotidiens chez les élèves de 14 à 16 ans en cinq ans.

Journée sans tabac : \ Istock / licsiren.

  • Publié 31.05.2018 à 16h25
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Les adolescents parisiens semblent désormais à l’abri du fléau. En 2018, les moins de 15 ans sont seulement 5% à fumer, selon une nouvelle étude de l’association Paris sans tabac.

Deux fois moins de fumeurs quotidiens

C’est plus de deux fois moins de fumeurs quotidiens chez les élèves parisiens de 14 à 16 ans en cinq ans : de 2013 à 2018, le taux de fumeurs est passé de 4 à 1% chez les 14 ans, de 11 à 4% chez les 15 ans et de 18 à 8% chez 16 ans. Si l’évolution reste continue, il devrait en être de même en 2020 pour les 16 ans, en 2024 pour les 17 ans et en 2030 pour les 18 ans.

"A ce rythme, les fumeurs, les bureaux de tabac et les terrasses enfumées ne seront bientôt qu’un lointain souvenir. L’évolution actuelle rend très optimiste sur l’extinction du tabagisme", selon le Pr Bertrand Dautzenberg, président de Paris sans tabac, pneumologue à la Pitié-Salpêtrière et tabacologue. "La France va très certainement aboutir à une génération de non-fumeurs avant 2034".

La classe de quatrième, un moment charnière

Autre donnée intéressante, la classe de quatrième (14-15 ans) apparaît comme un moment clé dans la vie des jeunes Parisiens. En 2018, le taux de fumeurs quotidiens passe de 0,78% chez les 12-13 ans à 13% chez les 16-17 ans. "La consommation de tabac chez les jeunes Parisiens de cet âge est multipliée par plus de dix en un an. C’est ce temps très court que doivent désormais viser les politiques de prévention, en inculquant à ces adolescents que fumer n’est pas cool, mais ringard", insiste Bertrand Dautzenberg.

Cette exception du paysage tabagique français tient à une plus forte concentration de CSP+, catégorie socio-professionnelle ayant le plus accès à l’information. "On observe un effet de ciseaux, analyse Bertrand Dautzenberg. Les CSP+ ont été les premiers à fumer, car à l’époque, la cigarette était synonyme de raffinement et de richesse. Aujourd’hui, les CSP+ sont les premiers à arrêter de consommer du tabac". Paris, comme toutes les grandes capitales, est par ailleurs souvent en avance sur ce genre de tendance sociétale.

Cigarette électronique et paquet neutre

Outre les facteurs sociologiques, l’apparition de la vape et du paquet neutre semblent des éléments pouvant expliquer les très bons chiffres parisiens. La cigarette électronique apporte une image sociale concurrente de la cigarette, et le paquet neutre (sans couleur, ni logo) fait régresser l’attachement à une marque, argument marketing auquel les jeunes sont très sensibles.

Les effets des augmentations importantes des taxes ne sont en revanche attendus que dans les prochaines enquêtes, même si elles avaient été très efficaces sur les 14-15 ans en 2003 lors du premier Plan cancer de Jacques Chirac.

Plus globalement et selon les données du Baromètre santé 2017 de Santé publique France publiées tout récemment, la prévalence du tabagisme quotidien est tombée de 29,4% en 2016 à 26,9% en 2017, soit une baisse de 2,5 points. Cela correspond à un million de fumeurs en moins sur une année.

73 000 décès chaque année

En France, le tabagisme reste malgré tout la première cause de mortalité évitable, avec environ 73 000 décès chaque année. Il peut être la cause de multiples cancers (poumon, gorge, bouche, lèvres, pancréas, reins, vessie, utérus, œsophage). Mais également de maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux, artérite des membres inférieurs, anévrismes, hypertension artérielle) et de troubles de l’érection.

D’autres pathologies ont un lien ou sont aggravées par le tabagisme : les gastrites, les ulcères gastro-duodénaux, le diabète de type II, l’hypercholestérolémie, l’hypertriglycéridémie, l’eczéma, le psoriasis, le lupus, les infections ORL (nez - gorge - oreilles) et dentaires, la cataracte et la DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age) pouvant aboutir à la cécité. Sans oublier la parodontite, maladie des gencives qui provoque le déchaussement et la perte des dents.

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