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Infection

Gironde : qu'est-ce que la leptospirose, cette maladie transmise par l'urine des rats qui a tué un triathlète ?

À Libourne, un triathlète de 44 ans est décédé après avoir contracté la leptospirose. Aussi appelée "maladie des rats", cette affection bactérienne est principalement transmise par l’urine des rongeurs. On dénombre 60 000 décès chaque année dans le monde.

Gironde : qu'est-ce que la leptospirose, cette maladie transmise par l'urine des rats qui a tué un triathlète ? GeorgeDolgikh /istock

  • Publié 31.05.2018 à 10h30
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Dans la semaine du 14 mai, un homme de 44 ans est décédé après avoir contracté la leptospirose. Triathlète, il était licencié au club de Libourne et avait pris l’habitude de s’entraîner dans différents points d’eau de la région, dont le lac des Dagueys, situé au nord de la ville.

"Il suffit que des rats urinent sur une planche de bois"

Si pour le moment, aucun élément ne permet d’affirmer que la contamination a eu lieu dans l’un des points d’eau où le triathlète s’est entraîné, la ville de Libourne a décidé de prendre des précautions. Ainsi, une alerte a été lancée auprès de l’Agence régionale de santé et de la cellule de la Veille sanitaire afin de déterminer la présence ou non de la bactérie dans l’eau. Une équipe municipale a aussi été chargée d’inspecter le pourtour du lac afin de vérifier la présence de rongeurs. Des prélèvements ont été réalisés et envoyés à l’institut Pasteur, à Paris. Les résultats seront connus d’ici une dizaine de jours.

"Ce n’est même pas sûr qu’il l’ait contractée dans l’eau. Il peut très bien avoir fait des travaux chez lui où des rats auraient pu contaminer les lieux", a déclaré Élisabeth Dugos, présidente de l’ASL Triathlon lors d’une réunion d’information aux adhérents du club, citée par Sud Ouest. Cette dernière invite les riverains à ne pas "céder à la panique". "Tout plan d’eau peut contenir la leptospirose", a-t-elle poursuivi. "Il suffit que des rats urinent sur une planche de bois" pour que la maladie se développe.

60 000 décès par an dans le monde

Maladie bactérienne transmise par les animaux via leurs urines, et en particulier les rats, la leptospirose peut également l’être par des animaux sauvages ou domestiques. En cause : des bactéries pathogènes telles que l’espèce Leptospira interrogans, qui se maintiennent dans les eaux douces et les sols boueux. La saisonnalité de la maladie est très marquée, avec une recrudescence estivo-automnale liée à la chaleur et aux précipitations.

La leptospirose est la maladie zoonotique la plus répandue dans le monde en raison du grand nombre de mammifères réservoirs, sauvages ou domestiques, qui peuvent être porteurs de la bactérie. "Elle provoque plus de 1 million de cas et est responsable d’environ 60 000 décès par an dans le monde, selon Santé publique France. Le fardeau de la leptospirose est donc comparable, voire supérieur à celui d’autres maladies tropicales négligées comme la dengue ou la leishmaniose". En 2016, le Centre national de référence de la leptospirose (Institut Pasteur, Paris) rapportait deux cas de leptospirose parmi les détenus de la prison de Fresnes, dans le Val-de-Marne.

Selon l’institut Pasteur, la leptospirose est une maladie de répartition mondiale, à dominante tropicale. En France métropolitaine, elle touche environ 600 personnes chaque année et une moyenne de 700 cas dans les départements et collectivités d’outre-mer, où les conditions climatiques sont propices au maintien de la bactérie dans l’environnement.

Certaines professions (agriculteurs, éleveurs, égoutiers, éboueurs…) et les personnes pratiquant des loisirs nautiques (baignade, canoé, kayak, pêche, chasse, canyonning...) sont particulièrement à risque. Un vaccin contre le type de la bactérie est d’ailleurs proposé à certains professionnels tels que les égoutiers ou les vétérinaires. Cette vaccination nécessite un rappel tous les deux ans et ne protège pas contre l’ensemble des sérovars.

Endémique dans les collectivités d’outre-mer

Chez l’homme, la bactérie pénètre principalement par la peau lésée ou les muqueuses. Dans sa forme modérée, la leptospirose "débute par une fièvre élevée avec frissons, maux de tête, douleurs musculaires et douleurs articulaires diffuses. Elle peut évoluer vers une atteinte rénale, hépatique, méningée ou pulmonaire", détaille l’institut Pasteur.

Elle peut aussi conduire à la mort dans 5 à 20% des cas. Les formes les plus graves peuvent aussi entraîner des hémorragies ou une jaunisse. "Le diagnostic est souvent tardif au cours de l’infection. En effet, le spectre clinique de la leptospirose pouvant varier d’un état pseudo-grippal à une insuffisance rénale aiguë, ce syndrome peut être confondu avec d’autres maladies telles que la grippe ou, dans les régions tropicales, le paludisme ou la dengue", précise Santé publique France.

La leptospirose "reste largement sous-estimée du fait de l’absence de symptômes spécifiques et d’un manque de sensibilisation au sein de la communauté médicale, en particulier en France métropolitaine où son incidence, au cours des années 2014 et 2015, a atteint 1 cas pour 100 000 habitants, incidence la plus élevée observée depuis 1920", expliquent les épidémiologistes de Santé publique France. Mais elle est endémique dans de nombreux départements et collectivités d’outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française), où son incidence peut être 50 fois plus élevée qu’en France métropolitaine.

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