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Grippe tropicale

Dengue : l'épidémie se poursuit à La Réunion, 297 nouveaux cas en une semaine

L’épidémie de dengue continue de s’étendre sur l’île de La Réunion. L’ouest et le sud de l'île sont particulièrement touchés. Depuis le début de l’année, 3756 cas ont été confirmés.

Dengue : l'épidémie se poursuit à La Réunion, 297 nouveaux cas en une semaine Istock/parinyabinsuk

  • Publié 30.05.2018 à 11h30
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Malgré l’entrée dans l’hiver austral, l’épidémie de dengue continue de s’étendre sur à La Réunion. L’ouest et le sud de l'île sont particulièrement touchés.

Depuis le début de l’année, 3756 cas ont été confirmés. 79 personnes ont dû être hospitalisées, dont 10 pour dengue sévère. Avec 297 nouveaux cas diagnostiqués la semaine dernière, la contagion "diminue légèrement, mais confirme la poursuite de l’épidémie dans l’ouest et le sud de l’île", souligne la préfecture dans un communiqué. En effet, les conditions météorologiques actuelles restent encore favorables aux moustiques vecteurs de la dengue, même si l’hiver austral a commencé.


"L’objectif est de stopper la circulation du virus durant l’hiver afin d’éviter une épidémie d’ampleur au cours de l’été prochain", explique la préfecture. Des équipes de lutte anti-vectorielle (LAV) composées de membres de l’Agence régionale de santé et des pompiers sont sur le terrain pour "une intervention systématique autour de tous les cas isolés et foyers émergents de dengue". 300 volontaires du Service civique vont aussi être recrutés pour des actions de prévention et d’information, comme l’avait annoncé la ministre des Outre-mer Annick Girardin à la mi-mai.

La dengue, une maladie potentiellement mortelle

Rappelons que la dengue peut être mortelle. En Nouvelle-Calédonie, une fillette de six mois est décédée samedi 19 mai au soir à Nouméa des suites de la maladie, en raison de la dégradation de son état général. "Les parents du nourrisson l’avaient conduit au médipôle de Koutio", selon un communiqué du gouvernement. Malgré une prise en charge en soins intensifs, l’évolution de la maladie a été foudroyante. Déclarée en Nouvelle-Calédonie le 22 février, l’épidémie de dengue avait déjà emporté une femme de 74 ans, sans antécédents médicaux particuliers.  

La dengue, aussi appelée "grippe tropicale", est une fièvre hémorragique tropicale liée à un arbovirus, transmis par la piqûre d’un moustique tigre femelle uniquement. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime à 50 millions le nombre de cas annuels dans le monde, dont 500 000 cas de dengue "hémorragique", c'est-à-dire qui sont mortels dans plus de 2,5% des cas. La dengue est initialement présente dans les zones tropicales et subtropicales du monde.

Une stratégie vaccinale difficile à mettre en place

"Si l’on est infecté par la rougeole, on est immunisé à vie, rappelle Henrik Salje, statisticien et épidémiologiste au sein de l’unité Modélisation mathématique des maladies infectieuses à l’Institut Pasteur. Avec la dengue, c’est différent. Si on est infecté par l’un des virus de la dengue, on s’immunise contre ce virus mais pas contre les trois autres. Et lors d’une seconde infection, par une autre forme du virus, les personnes ont davantage de risques de tomber très malades."

Il est ainsi très compliqué de définir une stratégie vaccinale adaptée contre la dengue. Pour y parvenir, des chercheurs de l'Institut Pasteur ont décidé d’étudier avec un œil neuf les données détaillées d’une cohorte de patients thaïlandais constituée entre 1998 et 2003 par des chercheurs de l’université de Buffalo et de Walter Reed. Pour cela, ils ont développé un modèle mathématique et statistique sur mesure. La cohorte en question rassemble les données relatives à 3 451 enfants d’une région rurale du nord de la Thaïlande. Ces derniers ont subi une prise de sang tous les 90 jours pendant 5 ans, ce qui a permis aux chercheurs d’avoir accès à leur niveau d’anticorps au fil du temps. Ces enfants ont également bénéficié d’un suivi rapproché pour savoir s’ils présentaient les symptômes de la dengue.

Toutes ces données réunies ont ensuite permis d’alimenter le modèle élaboré par l’équipe et d’associer, après un traitement statistique sophistiqué, des niveaux d’anticorps à un risque plus élevé de complication. "La caractérisation des risques individuels va permettre de surveiller des populations de la même manière et de déterminer quand une population pourrait être collectivement à risque de présenter des taux élevés de dengue", se félicite Derek Cummings, co-auteur de l'étude et professeur de biologie à l'Université de Floride.

Les symptômes 

Les symptômes de la dengue se manifestent au bout de 3 à 14 jours (en moyenne 4 à 7 jours) après la piqûre infectante. On observe alors un syndrome grippal touchant les nourrissons, les jeunes enfants et les adultes. Il n’existe aucun traitement spécifique. Si la dengue hémorragique est une complication potentiellement mortelle, le diagnostic clinique précoce et une prise en charge clinique rapide permettent souvent de sauver des vies.

Comme le souligne l'Organisation de la Santé (OMS), "on retrouve plus de 70% de la charge de morbidité imputable à cette maladie en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique occidental. En Amérique latine et dans les Caraïbes, l’incidence comme la gravité de la maladie ont augmenté rapidement ces dernières années. L’Afrique et la Méditerranée orientale ont également enregistré davantage de flambées épidémique au cours des dix dernières années". Depuis le 1er janvier 2018, près de 1 300 cas de dengue ont été confirmés dans le nord, l’ouest et le sud de La Réunion.

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