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QUESTION D'ACTU

Meningites mortelles

Une jeune femme de 20 ans décède d'une méningite à Montpellier

Une jeune femme de 20 ans est décédée d'une méningite dans la nuit du 14 au 15 mai, à Montpellier, après avoir été admise à l'hôpital Lapeyronie. Deux autres cas mortels lui ont précédé. Chaque année dans notre pays, la méningite est une infection foudroyante qui prend la vie d'une trentaine de jeunes.

Une jeune femme de 20 ans décède d'une méningite à Montpellier ccaetano/EPictura

  • Publié 25.05.2018 à 14h21
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  • Mise à jour le 26.05.2018 à 13h00
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Depuis mars dernier, la méningite a emporté trois jeunes gens. Voici quelques réponses pour mieux comprendre cette maladie. 

1/ La méningite est-elle souvent mortelle ?

Non, heureusement. La méningite est une inflammation des méninges assez fréquente. Elle n'est pas grave lorsqu'elle est due à un virus. Elle devient dangereuse si c'est une bactérie qui est responsable. Mais là encore, grâce aux antibiotiques, elle guérit assez facilement. Mais c'est une vraie urgence, car la méningite devient mortelle si les soins n'interviennent pas rapidement. 

2/ Est-on face à une épidémie ?

Non, en ce qui concerne la France. En revanche, tous ces cas dramatiques montrent qu'il existe des foyers localisés, à un quartier, une ville, voire un département. C'est ce qui explique que, lorsqu'un cas est détecté, il y a la prescription d'antibiotiques à l'entourage élargi, en prévention. Et des campagnes de vaccination locales.

3/ Quels sont les symptômes de la méningite ?

Rien de particulier dans un premier temps. Un très violent mal de tête qui peut faire penser à de nombreuses causes, mais qui est associé à une augmentation importante de la température. Cela existe toutefois dans de nombreuses infections. Il y a souvent des vomissements d'un type particulier puisqu'ils sont en jet.

Lorsque la méningite s'aggrave, l'attitude de l'enfant change : il reste en chien de fusil, la tête sous les draps. Là, pas de doute, ce sont les méninges qui souffrent.

Il existe un signe très spécifique, la raideur de nuque, que le médecin retrouve facilement, mais que les parents ne voient pas en général, parce que ce n'est pas facile à rechercher quand on n'en a jamais vue.

4/ Comment fait-on pour savoir ce que l'on a exactement ?

On hospitalise en urgence. On commence par éliminer le diagnostic d’hémorragie méningée incompatible avec la ponction lombaire dont l’état du liquide est le juge de paix… Soit il est purulent et c’est une méningite due à une bactérie. C’est grave, mais théoriquement sensible aux antibiotiques qu’il faut vite injecter. Soit le liquide est clair, et là deux solutions après analyse. Soit c’est une méningite due à un virus…  Et on est un peu démuni, mais en général, ce n’est pas grave. Soit, enfin, le liquide est pur comme de l’eau, et c’est un syndrome méningé, beaucoup moins grave.

5/ Qu’est-ce qui provoque une méningite ?

Dans 80 % des cas, il s’agit d’un virus. C’est douloureux et pénible à supporter, il n’y a pas vraiment de traitement spécifique mais la guérison est la règle. Toute autre histoire avec une bactérie : le liquide céphalo-rachidien devient purulent et tout le système nerveux est en danger. Il s’agit d’une urgence extrême qui heureusement, si le diagnostic est fait à temps, peut bénéficier de l’effet spectaculaire des antibiotiques. Pour faire le diagnostic, pour traiter efficacement, un seul geste : la ponction lombaire. Avec une longue aiguille, on va prélever entre deux méninges un peu de liquide. On le fait dans le bas du dos, parce que les méninges recouvrent non seulement le cerveau, mais également son prolongement, la moelle épinière. D’où ce prélèvement entre les quatrième et cinquième vertèbres lombaires, là où se terminent les méninges, là où on peut prélever sans risque de blesser une zone vitale.

6/ Les méningites foudroyantes, celles qui tuent en quelques heures, pourquoi on ne sait pas les soigner ?

En France, les méningites entraînent une trentaine de décès par an. Elles touchent essentiellement les enfants de moins de 5 ans et les adolescents. Un impératif, vacciner lorsque c'est possible. Ce sont les méningites à liquide purulent. Les antibiotiques sont efficaces à condition que le traitement soit très rapide. Ce qui n'est pas le cas une fois sur 10. C'est le cas de cette méningite dramatique de Dijon qui est la réapparition d'une forme fulminante et mortelle de la méningite dans la région. Fin 2016, 3 cas de méningite avaient déclenché une campagne massive de vaccination.

7/ Met-on longtemps à se remettre d’une méningite grave ?

Un séjour en réanimation signifie la plupart du temps des semaines de convalescence. Ensuite, il est impératif pour les médecins de comprendre la cause, même si les symptômes ont disparu. D’où toute une batterie d’examens.

8/ La méningite touche-t-elle surtout les enfants ?

Non. Il y a environ 8 000 cas de méningite par an en France dont près de 2 000 sont des formes graves. Si on insiste sur les enfants, c’est parce que chaque année, quelque 500 à 800 personnes sont touchées par une méningite à méningocoque, la forme la plus grave. La plupart sont des nourrissons ou des jeunes enfants. Un sur dix en meure et 6 % des "survivants" ont des séquelles importantes.

9/ La vaccination est-elle efficace ?

Pas contre toutes les formes de méningites mais pour celle, mortelle, due au méningocoque C, il existe un vaccin efficace à plus de 90 %.

Pour l'entourage, traitement antibiotique et vaccination large s'imposent. C'est ce que les Agences Régionales de Santé vont mettre en place.

10/ La vaccination est-elle obligatoire ?

 Non. Juste fortement conseillée.

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