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Chronobiologie

Ne pas respecter ses cycles de sommeil et d’éveil peut conduire à des troubles sérieux de l’humeur

Déranger le rythme naturel de son horloge interne n’est pas bon pour notre santé mentale : telle est la conclusion d’une vaste étude britannique, qui a constaté que ne pas respecter ses cycles de sommeil et d’éveil pouvait conduire à des troubles de l’humeur parfois graves comme la bipolarité ou la dépression.

Ne pas respecter ses cycles de sommeil et d’éveil peut conduire à des troubles sérieux de l’humeur demaerre/iStock

  • Publié 19.05.2018 à 09h00
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C’est une expérience que l’on a toutes et tous vécue un jour : celle de se réveiller grognon, voire déprimé, après avoir fait la fête et passé une petite nuit.

Si passer une nuit blanche occasionnelle n’a pas d’incidence majeure sur notre santé, ce n’est en revanche pas le cas lorsque l’on ne respecte pas de manière régulière le rythme naturel de notre horloge interne.

C’est en tout cas ce qu’affirme une étude britannique publiée dans la revue The Lancet Psychiatry. D’après les chercheurs de l’Université de Glasgow, lorsque l’on ne respecte plus ses cycles d’éveil et de sommeil, notre organisme ne parvient plus à réguler notre humeur. Cela influe sur notre bien-être et, dans les cas les plus graves, peut conduire à des troubles mentaux tels que la bipolarité et la dépression.

En cause : une perturbation des rythmes circadiens, c’est-à-dire des schémas comportementaux des êtres vivants qui suivent un cycle d’environ 24 heures. Notre cycle veille-sommeil est l’un des rythmes circadiens majeurs qui réagit à la lumière et à l'obscurité, au jour et à la nuit.

Une mesure des rythmes circadiens

Déjà suggéré dans des précédentes études, le lien entre les perturbations des rythmes circadiens et les troubles de l’humeur est ici établi par les chercheurs au moyen d’une vaste étude observationnelle menée auprès de 91 105 Britanniques âgés de 37 à 73 ans, entre 2006 et 2010.

Pendant une semaine, les chercheurs leur ont fait porter un accéléromètre, un appareil qui enregistre des mesures objectives du repos et de l’activité 24 heures par jour pendant 7 jours. L’objectif : mesurer l’amplitude de leur niveau d’activité au cours de la journée. Lorsque l’amplitude est grande, cela signifie que l’activité est concentrée sur la journée et que la nuit sert à se reposer. En revanche, une amplitude faible est un indicateur de rythme circadien perturbé. Par exemple, une personne dont l'activité est réduite le jour en raison d'un épisode de dépression, ou dont l'activité est accrue la nuit en raison d'un sommeil perturbé, a une amplitude relative inférieure à celle d'une personne qui est active le jour et qui dort bien la nuit.

Les scientifiques ont ensuite comparé les modèles d'amplitude relative avec les "troubles de l'humeur, le bien-être et les variables cognitives" provenant des questionnaires sur la santé mentale qui avaient été remplis par les participants.

Troubles mentaux et de l’humeur

Les résultats ont révélé que les personnes ayant participé à l’étude et ayant des amplitudes relatives plus faibles du rythme circadien étaient aussi celles qui étaient les plus susceptibles présenter des antécédents de trouble bipolaire ou de trouble dépressif majeur. En outre, les chercheurs ont également trouvé des liens fiables entre des amplitudes relatives plus faibles et des troubles de l’humeur tels que la déprime, le névrotisme, le sentiment de solitude, l’instabilité émotionnelle ou une moins grande attention portée à sa santé.

Ces liens n'étaient pas affectés par des facteurs susceptibles d'influencer les résultats, comme le sexe, l'origine ethnique, le tabagisme, l'alcool, l'éducation, l'indice de masse corporelle (IMC), les traumatismes de l'enfance et la période de l'année au cours de laquelle les données sur l'activité ont été enregistrées.

Bien qu’inédite de par son ampleur, l’étude menée par les chercheurs de l’Université de Glasgow a aussi ses limites. L’étude a ainsi été menée auprès de participants âgés de 37 à 73 ans. Or, les rythmes circadiens ne sont pas les mêmes selon que l’on est adolescent, jeune adulte ou encore senior. Les auteurs reconnaissent d’ailleurs que leur étude n’est pas représentative de l'adolescence, période qui signe généralement le début de la plupart des troubles de l'humeur.

"D'autres études longitudinales sur des populations plus jeunes pourraient améliorer notre compréhension des mécanismes de causalité et nous aider à trouver de nouvelles façons de prédire les troubles de l'humeur et d'affiner les traitements ", concluent les auteurs.

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