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QUESTION D'ACTU

Santé publique

Surdosage, associations hasardeuses... plus de 10 000 décès par an à cause du mauvais usage des médicaments

Avec près de 10 000 personnes décédées chaque année en France, le mauvais usage des médicaments serait responsable de 3 fois plus de morts que les accident de la route. Dans un communiqué daté de ce 22 mars, le Collectif Bon Usage du Médicament alerte sur les mauvais usages des médicaments. Mais il faut nuancer ce que l'on appelle le "mésusage" en aidant les médecins à remettre de l'ordre et surtout en évitant de le faire soi-même. En particulier, le "nettoyage" des ordonnances des personnes âgées s'impose. Et c'est du pharmacien que devrait venir la parade.

Surdosage, associations hasardeuses...  plus de 10 000 décès par an à cause du mauvais usage des médicaments PeterHermesFurian/iStock

  • Publié 23.03.2018 à 12h12
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  • Mise à jour le 26.03.2018 à 09h00
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Le médicament n'est pas un bonbon... Le considérer comme une substance anodine est aussi dangereux que d'en faire une substance miraculeuse. Car le médecin prescrit, et le malade dispose... Certes il peut faire des erreurs, rarement dramatique parce qu'il connait parfaitement les risques des principaux produits potentiellement dangereux, mais  « mauvais dosage, mauvaise prise, non-respect du traitement prescrit, interaction entre plusieurs médicaments"... les causes d'un accident lié à un médicament sont diverses et les conséquences loin d'être anodines. 

Dans un communiqué daté de ce jeudi 22 mars, le Collectif du Bon Usage du médicament alerte sur les dangers liés à un mauvais usage des médicaments, responsable selon lui de plus de 10 000 décès par an en France, soit trois fois plus de victimes que les accidents de la route. S’y ajoutent 130 hospitalisation et près de 1,3 million de journées d’hospitalisation, elles aussi liées à un mésusage des médicaments.

Les personnes âgées en première ligne

Selon le Collectif Bon Usage du médicament, qui rassemble depuis trois ans des acteurs des professions médicales, paramédicales et pharmaceutiques, mais aussi de l’industrie pharmaceutique, de l’assurance complémentaire santé et des systèmes d’information liés à la santé, 45% à 70% des accidents liés à un mauvais usage des médicaments sont évitables.

« Les signes d’alerte sont très banals », écrit le collectif. « Une fatigue excessive, une diminution de l’appétit, une perte de poids, des vertiges, un malaise, des troubles de l’équilibre, une chute, des pertes de mémoire, des troubles digestifs ou urinaires, des palpitations, des troubles de la vision » sont autant de signes d’alerte liés au mauvais usage des médicaments, mais qui hélas, sont trop génériques pour que la corrélation soit toujours faite à temps.

Les personnes âgées sont les patients les plus touchés par le mauvais usage des médicaments : entre 75 et 84 ans, elles prennent en moyenne quatre médicaments différents par jour, ce qui augmente les risques de mésusage.

Les médecins doivent être plus vigilant, en faisant des mises au points régulières, ce qui n'est pas fait par manque de temps et surtout par refus fréquent de se séparer d'un vieux médicament pris depuis des années.

Toutefois, se félicite le collectif, la consommation a baissé ces dernières années chez les personnes âgées de plus de 65 ans, notamment grâce au déploiement de campagnes d’informations visant les séniors ainsi que les professionnels de santé les conseillant et les accompagnant. Des économies ont ainsi été réalisées : 185 millions d’euros entre 2015 et 2016 selon le Collectif Bon Usage des médicaments.

C'est en effet un des objectifs majeur de l'Assurance Maladie de faire la promotion du service (rémunéré) que se propose d'amener les pharmaciens a cette toilette bi-annuelle des ordonnances des séniors.Une action que les enfants doivent aussi conseiller à leurs parents. Le médecin ne s'offusquera jamais de cette demande de réduction. Il est parfaitement conscient de cette dérive.

Enfin juste un mot pour aux côtés de ces 10 000 morts - intolérables rappelons-le - il faut souligner les centaines de milliers de vies que le médicament épargne chaque année.  C'est de l'honnêteté que jaillira la vérité et l'efficacité.

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La France, « mauvais élève européen »

Le chemin reste cependant long pour sensibiliser le grand public à un usage raisonné des médicaments et au respect des prescriptions médicales. En 2013, un rapport d’experts remis au ministère de la Santé faisait déjà état d’une consommation importante, voire excessive des médicaments en France, faisant du pays un « mauvais élève européen ».

Pour poursuivre les efforts jusqu’ici engagés, le collectif présente ce jeudi à la ministre de la Santé Agnès Buzyn ses 10 préconisations pour encourager la politique du bon usage du médicament. Parmi celles-ci, la création d’un Observatoire du bon usage du médicament, la relance des campagnes d’information à destination du grand public ou encore la généralisation de la détection des interactions médicamenteuses provenant de multi-prescriptions dans les logiciels d’aide à la prescription. Renforcer la formation de tous les professionnels de santé au bon usage du médicament ou encore fixer à 5 ans un objectif de réduction des décès et des hospitalisations dus au mauvais usage du médicament sont aussi préconisés.

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