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Leucémie résistante : l'espoir d'un nouveau traitement issu de la thérapie génique

Un traitement basé sur des cellules modifiées par la thérapie génique, autorisé récemment aux Etats-Unis, se révèle très efficace chez les jeunes atteints de leucémie aigüe lymphoblastique, notamment en rechute. Et ce, malgré des effets secondaires importants. 

Leucémie résistante : l'espoir d'un nouveau traitement issu de la thérapie génique lightpoet/Epictura

  • Publié 07.02.2018 à 18h43
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L’année dernière, la FDA, l’agence américaine du médicament, a donné son feu vert à un traitement : Kymriah (tisagenlecleucel), mis au point par le laboratoire Novartis. Pour mener leur recherche, des scientifiques du monde entier se sont penchés sur des enfants et jeunes adultes atteints de leucémie lymphoblastique aigüe, en récidive ou résistants aux précédents traitements. Les résultats de l’étude, publiée dans le New England Journal of Medicine, montre les chances supplémentaires de rémission données par le Kymriah. 

Un traitement par thérapie génique

Le Kymriah est le premier traitement utilisant certains globules blancs du malade modifiés par thérapie génique autorisé aux Etats-Unis. Concrètement, il est basé sur des "cellules CAR-T", c’est-à-dire des cellules génétiquement reprogrammées. Les médecins prélèvent des cellules du système immunitaire parmi les globules blancs du malade, ce sont des lymphocytes T. Ces lymphocytes sont ensuite modifiés par thérapie génique pour leur faire exprimer un récepteur dirigé contre une protéine présente à la surface des cellules leucémiques, le CD-19. Cette modification des cellules du malade est obtenue grâce à un virus spécial qui va incorporer dans ces lymphocyte un fragment d'ADN capable de faire synthétiser ce récepteur CD-19. Puis les lymphocytes modifiés (CAR-T cells ou lymphocytes T CD-19) sont multipliés, puis réinjectés au malade. 

Un taux de rémission de 81%

Dans cette étude, les chercheurs ont réalisé les lymphocytes T modifiés dans un centre au Etats-Unis puis dans un autre en Europe, et ont traité les jeunes patients avec leurs propres cellules modifiées dans 25 centres éparpillés dans le monde. 
Ils ont analysé le taux de rémission global, suite à une injection de Kymriah, dans les trois mois suivants. Résultat : un taux global de rémission dans les trois mois élevé à 81%. 

Gare aux effets secondaires 

Si les résultats de l’étude témoignent de l’efficacité du traitement, le Kymriah, en attaquant les nombreuses cellules leucémiques entraîne des effets secondaires qui peuvent être sévères. 73% des patients analysés ont eu des effets secondaires susceptibles d’être liés à la thérapie, dont 30% ont eu besoin d'un passage en réanimation pour contrôler un syndrome de libération de cytokines, appelé aussi "choc cytokinique". Ce syndrome peut désormais être mieux traité avec des anticorps anti-IL6.

Un risque mortel 

Les cellules immunitaires du malade détruisent les cellules cancéreuses porteuses du CD-19. Cela libère des molécules : les cytokines. En trop grande quantité, elles provoquent des effets généralement proches de l’état grippal, donc bénin. Mais cela peut être plus grave, avec par exemple la chute de la tension artérielle, des problèmes rénaux ou encore la diminution d’oxygène dans le sang. Selon la FDA, le choc cytokinique peut être mortel. Les malades doivent donc être suivis de très près.

Les CAR-T cells, un traitement sur-mesure, représentent une avancée formidable mais coûtent très cher, à la fois pour leur préparation, mais aussi pour la gestion du traitement. Leur efficacité est démontrée dans la leucémie, dans le lymphome, dans le myélome et dans certaines tumeurs solides.

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