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Fake News, le nouveau nom du mensonge ; rien de nouveau sauf la puissance d'internet !

Les Fake News (traduction « fausses nouvelles ») sont au centre des débats, pas seulement parce que notre président dénonce l’arme politique, mais parce que désormais, aucun secteur n’y échappe. Chez les puissants et un peu partout. Là où Internet est en forte pénétration, grâce aux réseaux sociaux. Rien d’étonnant. Depuis que l’on écrit histoire, l’homme a toujours été menteur.

Fake News, le nouveau nom du mensonge ; rien de nouveau sauf la puissance d'internet ! kantver/epictura

  • Publié 26.01.2018 à 12h47
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Notre président songe à enseigner la méfiance vis-à-vis des Fake News et surtout, la façon de les repérer, en terminale, dans le cadre de l’enseignement de la philosophie. Mais il n’est pas le seul dans son microcosme de super dirigeants.

Donald Trump nie avoir voulu limoger le procureur de l'enquête russe. A Davos, le président américain qualifie les informations parues dans le New York Times de "Fake News" !

Le pape François a invité, en janvier, les journalistes et les utilisateurs des réseaux sociaux à dénoncer ces "Fake News" ( traduction, Mendacia en latin) qui sèment la division pour servir des intérêts politiques et économiques.

Le Monde du 24 janvier nous informe sur la façon « scientifique » de le faire.

On attend les commentaires de la reine d’Angleterre, très exposée avec ses fils et petits-fils.

Du très lourd ; un problème mondial ; pour ce qui n’est rien d’autre que du mensonge amélioré par un « transporteur » dont on commence à mesurer la portée réelle. Mais il ne faut pas avoir la mémoire courte. Tout média nouveau a accéléré la force et la diffusion du mensonge et l’homme a toujours su apporter la parade. Depuis le « crieur des rues », à la télé réalité, en passant par l’émergence de la presse écrite, puis de la radio, la rumeur a toujours su trouver son média.

Pathologie ou normalité de l’intelligence ? La médecine identifie 4 types de menteurs.

Le mythomane

La première pathologie, celle qui indiscutablement concerne la médecine, est la mythomanie. Comme toujours en psychiatrie, l’utilisation dans le langage populaire des termes médicaux a un peu dévoyé la réalité du « mytho », pour en faire un « baratineur », un « rêveur ». Loin de la réalité d’une vraie maladie et surtout souffrance, pour celui qui ressent un besoin impérieux de mentir. Pour répondre au mépris qu’il éprouve de lui-même ; une « abjection de conscience », comme le dit si joliment Boris Cyrulnik. Ce neurologue de renom, qui est aussi spécialiste du comportement animal, hésite à traiter le mythomane de menteur, à la différence de celui pour qui le mensonge est cynique et utilitaire.

Le menteur par utilité

Point de pathologie identifiée pour ce menteur, qui abuse et manipule, alors que le mythomane ment pour le plaisir d’attirer l’attention. Malade ne veut d’ailleurs pas dire candidat à un traitement puisqu’il ne consulte jamais spontanément. Il n’est d’ailleurs examiné, dans la grande majorité des cas, que dans le cadre d’une expertise judiciaire… On ne peut pas parler non plus de traitement chez le menteur cynique puisque son acte disparaît dès que le danger disparaît. Toutefois, dire devant un menteur que l’on est en face d’un mythomane ou pas, ce qui juridiquement pourrait changer la responsabilité, est extrêmement complexe, nécessite un examen psychiatrique long et soigneux. Ce qui signifie que les exemples dont s’abreuve actuellement l’actualité ne permettent pas de trancher.

Le déni

Les deux catégories de mensonge, mythomanie et mensonge utilitaire, ne résument pas le problème. Il existe une troisième catégorie, très particulière, le « déni », que l’on pourrait définir comme le refus de prendre en charge certaines réalités. C’est le domaine de prédilection des toxicomanes ou de certaines maladies psychiatriques.

La fausse vérité acceptable

Enfin, la médecine ne peut pas aborder le chapitre du mensonge sans évoquer une quatrième et dernière catégorie, que les médecins appellent pudiquement « la fausse vérité acceptable ». Une façon bien particulière pour expliquer que certains mentent à leurs malades pour ne pas leur faire de la peine… Un débat qui, contrairement à ce qu’affirment de nombreux médecins, est loin d’être tranché.  

La base de la vie en communauté présuppose que l’autre dit la vérité

Quelle attitude avoir face aux Fake News, au mensonge ? Pour Boris Cyrulnik, il faut apporter des nuances même si le mensonge cynique et manipulateur reste méprisable. Dès que l’on enlève la passion qui entoure ce sujet, on peut aussi penser que le mensonge est une preuve de virtuosité intellectuelle et que nous sommes tous contraints à mentir ; l’animal est d’ailleurs, lui aussi, menteur dès qu’il est capable d’agir sur le mental des autres. Autre exemple particulier, l’enfant, grand menteur sans que personne ne lui apprenne ; il s’agit, chez lui, d’un mécanisme de défense de négation d’une réalité qui le gêne…

Pourtant, le débat qui agite notre société aujourd’hui sur ces Fake News présente un danger : la base de la vie en communauté présuppose que l’autre dit la vérité.  Il faut se méfier des généralisations lapidaires, car la réalité n’est pas si simple et le mensonge est un comportement difficile à classer. Le généraliser en fait une banalisation bien pratique…

 

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