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Tristesse : simple déprime ou vraie dépression ?

Deuils, ruptures sentimentales, accidents… les moments de tristesse font partie notre vie. La tristesse, le découragement, voire même un désespoir passager, sont donc des expériences normales à ne pas confondre avec la dépression.

Tristesse : simple déprime ou vraie dépression ? kmiragaya/epictura

  • Publié 27.10.2017 à 11h33
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La dépression est une maladie qui touche au fonctionnement du cerveau. Celui-ci est perturbé, voire ralenti. Dans les cas extrêmes, c’est une « paralysie de la pensée », ce qui ne facilite pas la guérison. La dépression est surtout caractérisée par une tristesse anormale et une perte de plaisir. D’autres signes peuvent être associés mais ils ont moins de valeur pour la différencier d’une tristesse réactionnelle. Le risque de ne pas diagnostiquer une dépression et de ne pas la soigner à temps est personnel (souffrance), social (problèmes professionnels ou familiaux) parfois vital (suicide).

Quand doit-on évoquer une dépression ?

La dépression ne désigne pas un simple coup de déprime ou une tristesse passagère mais une véritable maladie neurologique, avec des troubles du fonctionnement de certains circuits du cerveau, au moins dans ses formes les plus sévères.

Le principal signe est « l'humeur dépressive » qui entraîne une tristesse quasi-permanente dans la journée et une vision pessimiste du monde et de soi-même. Il existe aussi des idées de dévalorisation, voire parfois de désespoir.

Ce « trouble de l’humeur » s’associe à un « ralentissement psychomoteur » qui se manifeste par des troubles des fonctions intellectuelles comme un déficit de la mémoire et des perturbations de la concentration et de l’attention.

Il existe toujours une perte de plaisir et une perte d’envie de faire les activités de la vie quotidienne, même celles qui étaient habituellement appréciées de la personne malade : c’est ce que les psychiatres appellent une « anhédonie ».

Ces signes peuvent s’associer à des perturbations du sommeil, une anxiété, une perte de l’appétit, un amaigrissement et une fatigue surtout le matin. Le malade souffre énormément et le principal risque de cette souffrance est le suicide.

Pris isolément, tous ces symptômes ne signifient pas forcément qu'il y a une dépression. Pour évoquer le diagnostic, il faut donc qu’il y ait plusieurs signes associés : au moins une humeur triste et une perte de plaisir mais aussi : une diminution de la capacité de concentration, une fatigue intense qui n'est pas améliorée par le repos ou le sommeil, une altération du sommeil qui devient peu réparateur, avec des réveils précoces.

Dans les formes les plus sévères de la maladie, on peut aussi ressentir un sentiment de dévalorisation de soi et une culpabilité, associées au sentiment que cela ne peut pas s’améliorer. Il est possible de trouver également une impression de solitude, d'abandon, d'inutilité, le sentiment de ne pas être aimé, une vision pessimiste de la vie, des pensées autour de la mort en général, et parfois autour du suicide, une altération de l'appétit qui peut entraîner un amaigrissement ou une prise de poids et des perturbations sexuelles : le désir et le plaisir sexuel s'atténuent ou disparaissent complètement. L’anxiété peut être une maladie autonome, mais peut aussi apparaître au cours d’une dépression.

Comment faire la différence entre déprime et dépression ?

Il arrive à tout le monde de se sentir triste ou « déprimé », d’avoir des « idées noires » ou le « blues ». Il peut même arriver que ce « coup de cafard » s’accompagne d’une anxiété et de difficultés pour dormir. Mais cela ne veut pas pour autant dire que l’on souffre de dépression. Au fils des événements, en particulier les deuils, les moments de tristesse font partie de la vie de tous. La tristesse, le découragement voire même, un désespoir passager, représentent des expériences normales. Ces problèmes d’humeur ne doivent pas être confondus avec la dépression.

Pour pouvoir parler de maladie dépressive, il faut que ces perturbations de l’humeur soient bien caractérisées, qu’elles s’associent à d’autres signes comme un ralentissement psychomoteur ou un manque d’envie de faire des choses (« anhédonie »). Il faut aussi qu’elles soient présentes de façon quasi permanente sur une période d’au moins deux semaines et qu’elles entraînent une gêne importante dans la vie quotidienne : difficulté à se lever, à aller à son travail, à se concentrer pour travailler, à sortir faire ses courses… Ainsi, il est possible de poser un diagnostic de dépression, même moins d’un mois après un deuil : contrairement à ce que l’on disait autrefois, une dépression peut exister même moins de 6 mois après un deuil. C’est l’analyse de l’intensité des signes qui permettra de porter le diagnostic.

Comment faire le diagnostic de la dépression ?

Il est très important de détecter précocement un premier épisode de dépression car une dépression traitée tardivement peut être plus difficile à traiter, elle peut récidiver plus facilement et elle peut entraîner des complications.

Le diagnostic de dépression chez l’adulte peut s’appuyer sur la classification américaine des maladies psychiatriques, le DSM-5 : le diagnostic est posé devant l’association d’au moins cinq des signes suivants, dont l’humeur dépressive et la perte d'intérêt ou de plaisir.

1. Humeur dépressive
2. Diminution marquée de l'intérêt ou de plaisir
3. Perte ou gain de poids ou de l'appétit
4. Insomnie ou hypersomnie
5. Agitation ou ralentissement psychomoteur
6. Fatigue ou perte d'énergie
7 Sentiment de dévalorisation ou de culpabilité
8 Diminution de l'aptitude à penser ou à se concentrer ou indécision
9. Pensées de mort et idées suicidaires récurrentes

Le diagnostic d’épisode dépressif majeur est posé typiquement quand l’épisode dépressif dure suffisamment longtemps (plus de quinze jours) avec, durant cette période, un sentiment de tristesse, de désespoir et d’absence d’envie pour quoi que soit, chaque jour ou presque, et pendant la plus grande partie de la journée, surtout si cet état de souffrance est associé à d’autres signes qui ont des répercussions au niveau affectif, social, professionnel ou dans d’autres domaines importants de la vie. Mais l’épisode dépressif peut être plus ou moins sévère, les signes plus ou moins nombreux et intenses, la gêne plus ou moins importante.

Peut-on éviter de se traiter ?

Les épisodes de dépression peuvent se résoudre spontanément avec le temps dans 10 à 15% des cas en quelques mois. La plupart des épisodes dépressifs dure moins de six mois, mais ce sont quand même des moins de souffrance et de moindres performances dans ses relations avec autrui. Mais, 80 % des patients souffrant d'un premier épisode dépressif seront une nouvelle fois atteint par au moins un autre épisode de plus dans leur vie. Les récidives peuvent donc se succéder et les périodes d'amélioration de l'état entre les épisodes dépressifs (« périodes de rémission ») peuvent devenir de plus en plus courtes. Le suicide reste un risque qui peut conclure cette évolution : il y a plus de 10 000 suicides par an en France, soit 3 fois plus que les accidents de la route. Lorsque la personne bénéficie d’un traitement et d'un suivi adapté, le risque de réapparition des signes de dépression, et la souffrance qui leur est liée, sont largement diminués. D'où l'intérêt d'une prise en charge précoce et efficace de la maladie.

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