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Journée mondiale

Le bébé au sein, un chef-d’œuvre en péril ?

L’allaitement au sein n’a plus la cote auprès des Françaises... Nous sommes même la lanterne rouge des pays européens. Plus d’une femme sur deux, par manque de temps ou peut-être tout simplement par peur de voir sa poitrine s’effondrer, a choisi le biberon.

Le bébé au sein, un chef-d’œuvre en péril ? oksun70/epictura

  • Publié 18.10.2017 à 16h30
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Une grande marque automobile l’avait choisi pour vanter les vertus de l’airbag. C’est certainement le symbole du bonheur, du moins celui de la sérénité pour l’enfant et de l’abnégation pour la mère... 

 Un des investissements les plus efficaces et les plus rentables

 Pourtant, selon les organisateurs de la Snam (la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel) qui se déroule du 15 au 22 octobre : « Aucun pays au monde ne respecte entièrement les recommandations en matière d'allaitement maternel, d'après un nouveau rapport de l'Unicef et de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) établi en collaboration avec le Collectif mondial pour l'allaitement maternel, une nouvelle initiative visant à accroître les taux d'allaitement maternel à l'échelle mondiale ». Et « une nouvelle analyse montre qu'il faut investir seulement 4,70 dollars par nouveau-né et par an pour porter à 50 % d'ici à 2025 le taux mondial d'allaitement exclusif pour les enfants de moins de 6 mois ».

Pour le directeur général de l’Unicef, Anthony Lake, « l'allaitement maternel est l'un des investissements les plus efficaces et les plus rentables qu’un pays puisse faire en faveur de la santé de ses plus jeunes habitants et de la santé future de son économie et de sa société. En n'investissant pas en faveur de l'allaitement maternel, nous manquons à notre obligation envers les mères et leurs nourrissons et payons une double pénalité : en vies perdues et en possibilités gâchées. »

Une femme sur deux n’allaite plus au sein

Pourquoi l’allaitement maternel est-il en régression dans notre pays ? Est-ce par désintéressement de la santé des enfants ? Certainement pas... Jamais celle-ci n’a été aussi importante. C’est donc plus certainement par mode ou plutôt par manque d’information que les mères le négligent. Il faut bien avouer que les laits artificiels maternisés sont très présents, dès la naissance, gratuits même dès la maternité, et qu’ils offrent à la jeune maman une solution simple, non angoissante à défaut d’être parfaite d’un point de vue nutritionnel, économique et surtout psychologique.

Un triple intérêt

Les propriétés de l’allaitement maternel sont triples... D’abord dans le registre diététique. On sait depuis que l’on effectue des analyses précises que la composition du lait varie en cours de la tétée, acide au début puis de plus en plus gras, et que surtout, elle change en fonction des besoins du bébé. C’est également par le lait que la mère va fournir des éléments protecteurs à son enfant. Ensuite, il y a l’économie bien sûr, le coût du lait en poudre, mais il y a également le débat sur la reprise du travail qui, pour certaines mères, représente un véritable chantage à l’emploi. Enfin, il y a l’aspect psychologique, car ce n’est pas simplement du lait que la mère offre à son enfant, mais également un moment de véritable fusion qui ne peut pas être anodin pour l’équilibre futur.

Face à de tels arguments, le monde médical essaie de conseiller, à la femme qui le peut, d’essayer de ne pas se priver de ce plaisir utile en toute quiétude sans risque d’intoxiquer son enfant… Sans pour autant la culpabiliser.

Elisabeth Badinter, dans son livre Le Conflit - La femme et la mère, traduit bien cette inquiétude de la « pression morale (…) pesant sur les femmes depuis 30 ans pour être mères à temps complet » : « On interdit de penser la diversité formidable des désirs féminins. Je pense qu'il est plus que temps de rappeler aux futures mères qu'elles doivent suivre leurs envies. Si on vous force à allaiter et que vous n'avez pas envie de le faire, ce sera raté et douloureux. »

 C’est à la future maman de choisir

 Aucune étude médicale ne montre qu’allaiter son enfant lui offre plus de garanties d’être mieux dans sa peau ou dans sa tête. Une fois informée objectivement, sans aucun esprit sectaire – car les intégristes ne sont jamais très loin –, c’est à la future maman de choisir. Il n’y a qu’une seule règle impérative : une fois la décision prise, il faut la respecter et ne plus en parler.

Thème de la Snam 2017 : Ensemble, protégeons l'allaitement, loin des conflits d'intérêts. 

 

Pour en savoir plus : Une association pour le soutien à l’allaitement maternel :

www.lllfrance.org

 

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