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Surdoué

Enfant surdoué : haut potentiel, mais à haut risque

Au bout de quelques semaines d'école, les enfants « différents » se retrouvent souvent marginalisés. Le cerveau des surdoués bouillonne, mais leurs jambes et leur maturité affective ne suivent pas. Le diagnostic est donc urgent.

Enfant surdoué : haut potentiel, mais à haut risque DELAHAYE CATHERINE/SIPA

  • Publié 18.10.2017 à 11h12
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Ce que l’on imagine comme une chance ou un don n’est pas vécu du tout comme cela par l’intéressé : le surdoué comprend tout très vite et s’ennuie en classe. Il est déçu par l’école qui ne répond pas à ses attentes et risque de décrocher à tout moment. Il perçoit très vite la différence avec les autres, une différence difficile à vivre car il est en décalage avec ses camarades :  il n’a pas les mêmes centres d’intérêt et a donc du mal à se faire des copains et vit alors dans sa bulle à l’écart ; en plus il est hypersensible et souffre de cette différence.

Surdoués, précoces, en avance, à haut potentiel, les qualificatifs pour ces enfants sont nombreux et en France on parle plutôt d’enfants intellectuellement précoces. Mais précocité revient à dire que ces enfants sont simplement en avance et donc qu’un jour ils pourraient être rattrapés par les autres. Ce qui n’est pas le cas.

Des enfants précoces de plus en plus nombreux

Ces enfants seraient de plus en plus nombreux, peut-être parce qu’on les détecte plus et qu’on y pense plus souvent devant des problèmes scolaires. Il y en aurait 200 000 sur 10 millions d’élèves  entre 3 et 18 ans soit environ 5% des enfants, soit un à deux enfants précoces par classe.

Les repérer n’est pas facile ! Ce n’est pas forcément un 1er de la classe, au contraire :  derrière tout  enfant dissipé ou même en échec, peut se cacher un surdoué ! Un cancre un peu particulier qui a commencé par un bébé très éveillé : il a marché autour de 12 mois au lieu de 4, il s’exprimait bien à 2 ans, et a 3 ans avait le vocabulaire et les phrases d’un enfant de 7 ou 8 ans. Il a su lire avant l’entrée en cours préparatoire et surtout a posé des milliers de fois la question « pourquoi » à propos de tout, et en particulier du sens de la vie... En fait un enfant qui avait des questions d’adultes, mais avec des besoins affectifs d’enfant et qui est devenu un écorché vif...

 Ils lisent vite et beaucoup, mais écrivent mal

Leur écriture est souvent mauvaise parce que la motricité de leur main ne suit pas la rapidité du développement intellectuel. Ils sont incapables de mettre leurs lacets, mais vous demande ce qu’il y a après la mort ! En éducation physique, ce ne sont pas des flèches ; au foot, le ballon leur file entre les pieds. Pour eux, c’est vexant et ils refusent donc ces jeux avec, une fois de plus, mise à l’écart du groupe.

Les spécialistes pensent qu’ils utilisent leur cerveau droit, alors que l’être humain utilise plus la moitié gauche du cerveau, ce qui fait qu’ils sont plus intuitifs que raisonnés. Mais de toutes façons,  les deux parties du cerveau fonctionnent à plein régime donc les informations sont traitées plus rapidement. Ce n’est pas tout : ses sens sont exacerbés, plus performants : sa vue est plus large, son ouïe lui permet d’écouter plusieurs conversations à la fois, son odorat est ultra-sensible….

Comment les repérer ?

Dès qu’on a des doutes, le mieux est de consulter un psychologue ou un pédopsychiatre pour faire des tests psychométriques. Ces tests de QI sont fiables dès l’âge de 4 ans. On considère que l’enfant est précoce pour un QI entre 120-125, et pour d’autres entre 130 -135.  Mais tout ne doit pas se résumer au QI pour porter le diagnostic d’enfant précoce. Il faut une évaluation psychologique complète et approfondie.
Mais surtout, il y a urgence à s’occuper d’eux car ce sont des enfants fragiles et vulnérables très exposés paradoxalement à l’échec scolaire et aux troubles de l’apprentissage.

Reste à savoir que faire : la réponse est complexe. Le psychologue doit être très présent pour aider la famille à trouver la bonne formule pour bien insérer l’enfant.

Le cœur de la prise en charge réside aussi dans la scolarité : sauter ou pas une classe, changer ou pas d’établissement pour en trouver un où les talents peuvent s’exprimer. « Il faudrait simplement que l’école reconnaisse et tienne compte de nos particularités de fonctionnement » : c ’est eux qui le disent !

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