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QUESTION D'ACTU

Moins de 20 opérations par an

Cancer du pancréas : un taux de mortalité doublé dans les hôpitaux qui opèrent peu

La mortalité du cancer du pancréas est étroitement liée au volume chirurgical de l’hôpital où le patient est pris en charge.

Cancer du pancréas : un taux de mortalité doublé dans les hôpitaux qui opèrent peu stefanolunardi/epictura

  • Publié 15.09.2017 à 15h41
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Pour soigner son cancer du pancréas, mieux vaut bien choisir son hôpital… Selon une étude menée au CHRU de Lille, la mortalité attribuée à ce cancer serait étroitement liée au lieu de prise en charge. Ainsi, on meurt pratiquement deux fois plus du cancer du pancréas dans les hôpitaux qui réalisent peu d’interventions chirurgicales, selon ces travaux présentés au Congrès de l’Association Française de Chirurgie.

L’étude a été menée sur 12 333 patients opérés de résection pancréatique de 2012 à 2015. Elle démontre que les taux de survie sont corrélés au volume d'activité chirurgicale de l’hôpital. Dans le détail, les travaux montrent que la prise en charge d’une opération du pancréas par un centre qui réalise moins de 20 opérations par an augmente la mortalité de 71 %.

"Même les patients à faible risque"

Ainsi, la mortalité est significativement supérieure dans les centres à très faible volume chirurgical (moins de 10 résections par an) et à faible volume (entre 10 et 19 résections). Elle s’établit à 9,1 % et 8,1 % respectivement, alors que dans des établissements à volume chirurgical moyen (entre 20 et 49 résections) et élevé (plus de 50 résections), elle s’établit à 5,8 % et 4,8 % respectivement.

« Même chez les patients à faible risque, la mortalité était significativement plus élevée dans les centres réalisant moins de 20 opérations par an », soulignent les auteurs dans un communiqué. Cette corrélation entre mortalité et fréquence des opérations dans les établissements avait déjà été démontrée au cours de précédents travaux sur le cancer de l’œsophage.

« La majorité des hôpitaux et des cliniques français opèrent moins d’une vingtaine de ces malades par an », indique le Pr Patrick Pessaux, secrétaire général de l’Association Française de Chirurgie, cité dans le communiqué.

 

Toutefois, certaines nuances doivent être apportées à ces résultats. « Même si le cap des 50 opérations annuelles semble nécessaire pour atteindre une certaine sécurité dans le diagnostic et le geste, d’autres critères doivent être intégrés », précise encore le Pr Pessaux.

En effet, le seul critère du volume chirurgical ne saurait être satisfaisant en soi pour garantir une qualité absolue. Mais il conditionne d’autres critères, comme la formation du personnel soignant ou l’équipement technique de l’établissement, font remarquer les auteurs.

Alors que plusieurs pays européens ont mis en œuvre des pratiques de classification, les chercheurs appellent à renforcer la transparence à travers « une plus grande visibilité et un référencement sur la spécialisation des établissements de santé », sans tomber dans des classements « simplistes », concluent-ils. 

 

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