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QUESTION D'ACTU

Un million d’enfants suivis

Grossesse : les antidépresseurs associés à des troubles psychiatriques chez l'enfant

Les enfants ont un risque accru de développer des troubles du spectre autistique, mais aussi de l’anxiété, des dépressions ou de l’hyperactivité.

Grossesse : les antidépresseurs associés à des troubles psychiatriques chez l'enfant ShmelevaNatalie/Epictura

  • Publié 08.09.2017 à 12h21
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Les antidépresseurs ne font pas partie des médicaments interdits pendant la grossesse, mais leur prise suscite l’inquiétude. Et il est difficile de s’y retrouver entre les différentes études qui évaluent les risques liés aux traitements.
Les chercheurs étudient notamment leur impact sur d’éventuelles malformations cardiaques de l’enfant, et sur son risque de développer des troubles du spectre autistique. Sans que leurs conclusions s’accordent.

Une nouvelle étude, publiée dans le BMJ, a été menée par l’université d’Aarhus (Danemark). Et les résultats ne sont pas rassurants. Ils montrent que les antidépresseurs auraient un impact sur les enfants. Ceux-ci auraient plus de risques de développer des troubles psychiatriques, et pas seulement de l’autisme.

Un risque presque doublé

L’étude a été menée sur près d’un million d’enfants nés entre 1998 et 2012. Parmi eux, plus de 32 000 ont développé un trouble psychiatrique. En reliant ces données à la prise de médicaments, ils sont parvenus à trouver une association.

Ils ont distingué les femmes traitées en continu, avant et pendant la grossesse, de celles traitées avant et qui avaient interrompu en apprenant qu’elles étaient enceintes. Un troisième groupe était composé de femmes qui avaient commencé à prendre des antidépresseurs au cours de leur grossesse.

C’est pour ces dernières que le risque de développer un trouble psychiatrique était le plus important chez l’enfant : 14,5 %, en comparaison d’un risque de seulement 8 % chez les enfants dont les mères n’ont jamais pris d’antidépresseurs. Les enfants dont les mères n’ont pas arrêté leur traitement ont un risque égal à 13,6 %, et ceux dont les mères ont arrêté la médication un peu plus faible : 11,5 %.

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D’autres explications

Le fait que les résultats diffèrent entre les différents groupes laisse penser que les antidépresseurs jouent un rôle. « Nos résultats montrent que la médication a l’air d’augmenter le risque, même si l’héritabilité joue un rôle », explique Trine Munk-Olsen, qui tempère les résultats en soulignant que, souvent, ce sont les mères dont les symptômes sont les plus sévères qui continuent leur traitement pendant la grossesse.
Leur enfant a donc naturellement plus de risque, avec ou sans médicament, et l’écart entre les chiffres serait donc à relativiser.

Mais l’impact des antidépresseurs ne semble pas nul. Il augmenterait légèrement le risque de développer des troubles du spectre autistique, mais aussi des dépressions, de l’anxiété ou encore des troubles de déficit de l’attention ou de l’hyperactivité.

La dépression plus risquée que les médicaments

Ces résultats s’insèrent dans une succession d’études aux conclusions différentes. Certaines ont formellement écarté le risque sur la survie du fœtus ou du nouveau-né, d’autres ont confirmé un risque de malformation cardiaque. Mais c’est sur le plan de l’autisme qu’elles divergent.

Une étude parue dans JAMA Pediatrics avait déjà conclu quant à un risque accru de 87 %. Ce risque avait ensuite été remis en question dans la même revue, quelques mois plus tard. Une troisième étude, publiée cet été dans le BMJ, avait montré un léger risque accru d’autisme chez les femmes ayant pris des antidépresseurs pendant leur grossesse, mais les chercheurs avaient appelé à la prudence sur les résultats.

« Le fait qu'une association existe entre les deux phénomènes ne prouve pas qu'il y a un lien de causalité, avait alors commenté pour Science Media centre le Dr Michael Bloomfield, chercheur en psychiatrie à l’University College London. Il peut y avoir une multitude d'autres explications. »

Face à l’augmentation modérée du risque associée à la prise d’antidépresseurs, l’ANSM avait, en 2016, appelé à restreindre les prescriptions, en restant néanmoins mesurée. Car, de l’avis de tous, les risques liés à l’interruption des traitements chez les femmes qui en ont réellement besoin sont bien supérieurs à ceux identifiés par les différentes études sur le sujet.

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