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QUESTION D'ACTU

10 idées fausses à combattre

Antidépresseurs : l'Académie de Médecine veut en finir avec les idées reçues

L'Académie nationale de médecine liste les 10 idées fausses qui circulent sur les antidépresseurs. Dans un rapport, des experts rappellent les bienfaits de ces médicaments, parfois injustement décriés.

Antidépresseurs : l'Académie de Médecine veut en finir avec les idées reçues GILE MICHEL/SIPA

  • Publié 23.05.2014 à 19h40
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La surconsommation d'antidépresseurs fait l'objet d'alertes très régulières depuis 20 ans. Si la surconsommation est un fait, elle ne doit pas cacher les bienfaits de ces médicaments. C'est la raison pour laquelle l’Académie Nationale de Médecine (ANM) a publié un rapport rappelant « l’importance de ces médicaments lorsqu’ils sont judicieusement prescrits ». Les sages veulent notamment combattre les idées reçues qui touchent les antidépresseurs.


En France, environ 20% de la population suit un traitement à base d’antidépresseurs. Pour les médias comme pour le grand public, cette forte consommation d’antidépresseurs est due à la « sinistrose » ambiante. L’image qu’ont les Français de ces petites pilules est en effet souvent fausse. Par exemple, il faut le rappeler, le Valium, le Lexomil ne sont pas des antidépresseurs mais bien des anxiolytiques, calmant les angoisses à court terme.

Le pays le plus consommateur d’antidépresseurs, un mythe

Même si un français sur quatre se voit prescrire des antidépresseurs, l’ANM tient à démonter l’idée reçue selon laquelle les Français goberaient des antidépresseurs comme des Tic-Tac. À l’inverse de ce que tout le monde pense, la France n’est « qu’au 5ème rang en matière de prescriptions d’antidépresseurs ». Une idée reçue qui peut s’expliquer par la facilité d’accès aux soins et au traitement qui peut fausser la vision de cette consommation. 

Même si la prise d’antidépresseurs est assez élevée, le rapport le rappelle, il n’est pas possible de soigner la dépression sans antidépresseurs. L’ANM déconseille vivement de tester des traitements à base de plantes que l’on trouve sur Internet pour soigner sa dépression. Ils sont « non seulement inefficaces mais peuvent être dangereux ».

Suicide, dépendance et antidépresseurs, beaucoup d’idées fausses

Concernant le risque de suicide associé à ces médicaments, l’Académie de Médecine le dit, les antidépresseurs peuvent avoir un effet déclencheur de conduites suicidaires. Mais « la formation des médecins à la reconnaissance et à la prise en charge de la dépression s’accompagne d’une diminution des taux de suicide, » conclut le rapport du Pr. Jean-Pierre Olié. Dans beaucoup des cas, « la majorité des sujets déprimés qui se sont suicidés ne recevaient pas d’antidépresseurs. » En réalité, plus un pays prescrit des antidépresseurs, moins le taux de suicide est élevé.

Pour ce qui est de la dépendance, beaucoup croient qu’il est facile de devenir accro aux antidépresseurs mais c’est faux. Pour le devenir, il est nécessaire d’augmenter les doses pour avoir le même effet qu’auparavant, c’est ce qui s’appelle l’effet de tolérance. L’ANM l’affirme pour éviter les risques de dépendance,« les antidépresseurs doivent être prescrits dans le respect des bonnes règles de prescription. » Et donc pour une durée relativement courte.

De nouvelles études sont nécessaires

Pour en finir avec les idées fausses, l'Académie de médecine formule des recommandations. Le Pr Olié préconise de mener « des études portant sur les effets des antidépresseurs chez l’enfant ». La dépression chez l’enfant et l’adolescent arrive chez 2,1 à 3,4% des enfants et 14% des adolescents. Un approfondissement de leur utilisation sur de jeunes patients permettrait « d’en évaluer l’efficacité selon l’âge de l’enfant » et « pour apprécier les conséquences neurodeveloppementales et biologiques de l’introduction de tels agents sur un cerveau en développement. »

Les enfants ne sont pas les seuls sujets pour lesquels l’Académie Nationale de Médecine recommande des études approfondies, la femme enceinte est aussi visée. Depuis plusieurs années, la prise d’antidépresseurs chez les femmes enceintes fait débat. Selon certaines études, ils augmenteraient fortement les risques de naissance prématurée particulièrement chez les femmes ayant continué le traitement après le 1er semestre de la grossesse. Pour l’instant, aucune étude ne s’accorde sur la dangerosité de ses antidépresseurs.

Enfin, pour les Académiciens, la formation des médecins laisse aussi à désirer en la matière. « Savoir prescrire ou ne pas prescrire un antidépresseur » devrait donc être mieux enseigné.

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