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VIH : les moyens de la lutte doivent s'adapter aux jeunes patients

Des voix s'élèvent pour une approche plus ciblée et adaptée aux besoins des enfants et des adolescents.

VIH : les moyens de la lutte doivent s'adapter aux jeunes patients AV/Pourquoidocteur

  • Publié 26.07.2017 à 16h11
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Avant même leur majorité, ils doivent affronter une maladie chronique. Les enfants et les adolescents sont la face cachée de l’épidémie de VIH dans le monde. Sur la planète, plus de deux millions de moins de 15 ans vivent avec le virus. Et tous ne bénéficient pas des mêmes chances.

Concentrer la bataille sur cette population est pourtant essentiel. Car en Afrique subsaharienne, l’immense majorité de la population est encore jeune. Prévenir les infections revient donc à désamorcer une bombe à retardement.

Mais « trop souvent, les jeunes gens sont oubliés de la lutte contre l’épidémie », déplore Linda-Gail Bekker, présidente de l’International AIDS Society. Elle co-préside le congrès annuel de la société, qui s'est tenu du 23 au 26 juillet, au Palais des congrès de Paris.

Un tabou sur la sexualité

En matière de prévention chez les enfants et les adolescents, il y a du pain sur la planche. Les nouvelles infections ont bien reculé de 47 % depuis 2017, mais plus de 100 000 nouveaux cas sont dénombrés chaque année.

Loin d’être rapide, cette diminution est très progressive et ne s’effectue pas au même rythme dans les différentes régions de la planète. En Afrique de l’Ouest, les nouveaux diagnostics chez les enfants n’ont reculé que de 33 % en 2016. A l’inverse, en Afrique orientale et australe, ils ont baissé de 57 %.


Source : Onusida (2016)

« Les gouvernements doivent s’assurer que les jeunes gens reçoivent une éducation sexuelle appropriée à l’école », martèle Kate Thompson, du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Elle déplore le tabou qui pèse sur la sexualité des plus jeunes. Et appelle ceux-ci à faire bouger les lignes. « Dans les 13 pays où le Fonds mondial travaille, nous aidons les jeunes gens à se mobiliser », souligne-t-elle.

Le triangle de contamination

De fait, les mineurs doivent être considérés comme une population clé de l’épidémie. Le VIH reste la deuxième cause de mortalité chez les moins de 18 ans. Et les jeunes femmes sont touchées de manière disproportionnée. « Malgré le déclin mondial du VIH, cette population est à la traîne », confirme Linda-Gail Bekker. Dans son pays natal, l’Afrique du Sud, 5 000 nouvelles infections surviennent chaque semaine. 2 000 concernent des jeunes femmes.

Dans les pays les plus affectés, les initiatives se multiplient pour améliorer non seulement la prévention mais aussi la prise en charge de ceux qui constituent le futur de l’épidémie. Et leur mise au point s’avère complexe.

« La jeunesse n’est pas un groupe homogène, et nos programmes doivent refléter cette réalité, rappelle Yogan Pillay, du ministère de la Santé d’Afrique du Sud. Ils doivent se référer à l’expérience et aux besoins des jeunes qui sont à l’école, au travail, à l’université… »

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Une question cruciale doit donc obtenir des réponses : comment ces jeunes sont-ils infectés ? Yogan Pillay évoque un « triangle » de contamination : des femmes séropositives âgées ont des rapports sexuels avec des hommes de leur âge et leur transmettent le virus.

Comme ceux-ci se tournent aussi vers des femmes très jeunes, le cycle de l’infection se poursuit. « Nous devons travailler sur les trois arêtes de ce triangle pour rompre la chaîne de transmission », conclut le spécialiste. L’Afrique du Sud s’y est engagée et a commencé un travail intensif dans 22 sous-districts où l’épidémie est particulièrement virulente.

Adapter les formulations

Mais une lutte efficace nécessite aussi une implication plus large. A ce titre, les financements jouent un rôle clé. Et ils manquent à l’appel. « Alors même que le VIH a un impact disproportionné sur les jeunes gens, le financement de programmes et de services ciblés n’est pas du tout adéquat », confirme Kate Thompson.

Résultat direct de ces lacunes : le taux d’enfants sous traitement ne progresse pas. Au contraire. En 2015, la moitié des mineurs vivant avec le VIH bénéficiaient d’antirétroviraux – et seulement la moitié de ces derniers de médicaments appropriés. En 2016, ils ne sont plus de 43 % parmi les 0-14 ans à être traités.


Ce n’est pas faute de recommandations claires. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a émis un document dans lequel les stratégies thérapeutiques sont détaillées pour les moins de 3 ans, les plus de 3 ans et les adolescents.

« Nous avons fait de réels progrès dans l’accès aux antirétroviraux, mais il faut doubler la charge », estime Anna Grimsrud, de l’IAS. L’OMS a notamment conclu que des ordonnances sur de plus longues durées étaient une solution enviable pour les adolescents, ainsi qu’un suivi par des pairs.

Les formulations des médicaments ont aussi tout intérêt à s’adapter à ces jeunes patients, sous la forme de sirops et de comprimés effervescents. Un secteur que l’industrie pharmaceutique doit améliorer.

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