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Santé Publique France

Personnes âgées : plus de 9 000 décès liés à des chutes en 2013

Une personne âgée sur trois est déjà tombée, chez elle ou en extérieur. La prévention de ces incidents courants est pourtant sous-développée.

Personnes âgées : plus de 9 000 décès liés à des chutes en 2013 rookman48/epictura

  • Publié 11.07.2017 à 09h21
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Une chute, et la spirale infernale se met en place. Par peur de tomber à nouveau, une personne âgée sur cinq décide de limiter ses déplacements. Mais cette perte de mobilité a des effets paradoxaux, rappelle un article publié dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH), édité par Santé publique France.

Dans un numéro thématique, l’agence sanitaire se penche sur la santé de nos aînés. Elle pointe notamment le manque d’intérêt porté à leurs chutes. Si celles-ci sont fréquentes, les statistiques à ce sujet sont largement déficitaires, tout comme les stratégies de prévention.

De vagues connaissances

Rien qu’en France, les chutes sont à l’origine de 9 300 décès pour la seule année 2013. Le taux de mortalité augmente avec l’âge. Mais derrière ce nombre spectaculaire se cachent les innombrables pertes d’équilibre qui surviennent chaque année, avec des conséquences moins dramatiques.

Le problème, c’est que le nombre de chutes est sous-estimé dans le pays, déplorent les experts. Sur les 76 000 hospitalisations pour fracture du col du fémur, la quasi-totalité (90 %) est liée à une chute. Ce diagnostic augmente le risque d’incapacité à long terme pour les seniors. Mais il raccourcit aussi considérablement l’espérance de vie.


Au-delà de ces données, seules des estimations vagues existent. Grâce au Baromètre Santé de 2010, on estime que 8 % des seniors (55-85 ans) ont déjà consulté un médecin ou été hospitalisés à cause d’un accident de la vie courante. Une chute est en cause dans un cas sur deux. Des autres, pas un mot.



L’efficacité de la prévention

Au vu de ces carences, il est peu surprenant que les facteurs de risque soient mal identifiés. On sait que certains médicaments, la présence de plusieurs pathologies ou tout simplement l’âge, favorisent les pertes d’équilibre. Mais l’impact de leur accumulation est mal connu. Or, « les causes des chutes, multiples, sont souvent intriquées », soulignent les auteurs de cet article.

Cette méconnaissance freine le développement de stratégie de prévention. Celles-ci sont pourtant nécessaires et efficaces. Car promouvoir la mobilité des seniors, c’est aussi protéger leurs os et les muscles. Pour preuve, l’expérience « Ossébo », menée pour l’occasion.

Réalisée auprès de 706 femmes âgées, l’étude a comparé l’évolution de deux groupes sur deux années. D’un côté, les volontaires qui n’ont bénéficié d’aucune intervention. De l’autre, celles qui ont participé à des séances d’activité physique adaptée.

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Adapter le domicile

Au terme de l’expérimentation, les participantes qui ont pris part à une activité régulièrement étaient 19 % moins à risque de chuter. Cette habitude a aussi l’intérêt de limiter les complications. Souplesse, tai-chi ou yoga pourraient donc trouver leur place dans la prévention.

Une autre approche consisterait à repérer les personnes à risque, afin de les prendre en charge rapidement. Trois outils sont particulièrement indicateurs : les tests de marche – la lenteur étant un signe de manque d’équilibre –, les tests d’équilibre sur une jambe, ainsi que les antécédents de chute. Car dans un cas sur deux, les chuteurs sont des récidivistes.

Dernière corde à l’arc préventif : l’adaptation du domicile. La majorité des dégringolades surviennent en effet au sein du foyer, et des objets du quotidien en sont la cause. Chaises, escaliers ou échelles, par exemple, reviennent régulièrement dans les déclarations. Les experts de Santé publique France proposent ainsi la mise au point d’une stratégie globale de prévention, avec des exercices spécifiques et des aménagements. A l'heure du vieillissement de la population, de telles mesures ne seraient pas de trop.

 

Vivre plus longtemps en moins bonne santé

Les Français vivent plus longtemps… mais en moins bonne santé. Cela vaut particulièrement pour les femmes. Si ces dames peuvent espérer vivre 6 ans de plus que leurs conjoints, elles ne profitent pas pleinement de cette rallonge. Car l’écart d’espérance de vie sans incapacité est bien plus étroit. Ces messieurs peuvent ainsi se targuer d’atteindre 62,6 ans sans limitation majeure. Les femmes ne bénéficient que de deux ans de plus sans handicap.

« Avec l’âge, le pathologique devient plus fréquent que le "normal"», résume en éditorial Claudine Berr, médecin épidémiologiste à l’Inserm. De fait, 70 % des seniors souffrent d’hypertension après 65 ans. La moitié se plaint aussi de douleurs chroniques (lombalgies, cervicalgies, arthrose). Un constat qui soulève la question de la fragilité de nos aînés. En effet, les plus frêles occasionnent des dépenses supplémentaires en médicaments.

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