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Réovirus

Intolérance au gluten : la piste virale de plus en plus probable

Des virus généralement inoffensifs pourraient sensibiliser l'intestin au gluten et provoquer la maladie coeliaque.

Intolérance au gluten : la piste virale de plus en plus probable Franck LODI/SIPA

  • Publié 09.04.2017 à 08h56
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Alors que le nombre d’adeptes du régime sans gluten a plus que doublé entre 2009 et 2014 aux Etats-Unis, ces derniers vont peut-être en savoir plus sur l'origine de leurs troubles. Selon une étude publiée ce jeudi dans Science, un virus généralement inoffensif peut déclencher une allergie durable au gluten

Ces chercheurs de l'université de Chicago (Illinois) rappellent tout d'abord que, chez ces patients, c'est l'ingestion de gluten issu du blé, du seigle ou de l'orge, qui provoque une réaction immunitaire anormale dans l'intestin grêle, créant une inflammation qui endommage la paroi intestinale.

Des "réovirus" très néfastes 

« Cette étude montre clairement qu'un virus qui n'est pas cliniquement pathogène peut être très néfaste pour le système immunitaire et créer des conditions favorisant un trouble auto-immun, la maladie coeliaque en particulier », explique Bana Jabri, directrice de recherche à l'université de Chicago, et principale auteure des travaux.

La recherche montre que ces virus intestinaux appelés « réovirus » peuvent faire sur-réagir le système immunitaire au gluten, une protéine connue par être déjà difficile à digérer. Chez des souris, ces réovirus humains ont tout simplement déclenché une réaction inflammatoire et la perte de la tolérance orale au gluten, détaille la chercheuse.

Vacciner les enfants à risque 

Face à ces résultats, l'équipe de scientifiques souligne que la plupart des enfants mangent leurs premières céréales contenant du gluten vers l'âge de six mois, quand leur système immunitaire est encore très vulnérable aux virus et autres agents pathogènes.

« Pendant la première année de vie, le système immunitaire continue à se former, laissant certains enfants avec des caractéristiques génétiques particulières, plus sensibles à ces virus qui peuvent laisser des séquelles intestinales durables », poursuit le Dr Jabri. C'est la raison pour laquelle elle pense « qu'avec d'avantage d'études, il serait peut-être judicieux de penser à vacciner des enfants ayant un risque élevé de développer la maladie coeliaque ». 

Cette découverte met c'est vrai en lumière le rôle apparemment important des infections virales dans les maladies auto-immunes puisqu'un virus est aussi suspecté dans le diabète infantile de type 1, selon d'autres travaux. Cela ouvre la possibilité que des vaccins puissent un jour prévenir ces maladies, concluent les chercheurs

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