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QUESTION D'ACTU

Etude du Lancet

Syrie : 814 soignants tués depuis le début du conflit

Le nombre de soignants tués en Syrie s’est largement accru en 2016, alerte une étude publiée dans le Lancet.

Syrie : 814 soignants tués depuis le début du conflit L'hôpital de Ma’arat Al Numan après le bombardement du 15 février 2016 © MSF

  • Publié 15.03.2017 à 13h29
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Six ans. Six longues années de guerre, de meurtres, d’images plus désolantes les unes que les autres. Il y a six ans se déclenchait le conflit syrien ; le bilan, aujourd’hui, s’élève à 320 000 morts. Parmi eux, les soignants constituent des cibles prioritaires.

Selon une étude publiée dans le Lancet, 814 soignants ont perdu la vie depuis le début du conflit en mars 2011. Les attaques contre des établissements médicaux, érigées en arme de guerre, se sont nettement intensifiées l’an passé, précisent les auteurs de ces travaux.

"Systématique"

« L’année 2016 a été l’année la plus dangereuse à ce jour pour les professionnels de santé en Syrie », soulignent-ils. L’étude a été menée par un groupe de chercheurs, dont des membres de la société médicale syro-américaine (SAMS).

D’après ces travaux, le régime de Damas et ses soutiens, dont la Russie, ont pris pour cible les structures de soin de manière systématique. Cette stratégie s’est traduite par des « centaines de soignants tués, des centaines d’autres incarcérés ou torturés et des centaines d’établissements de soins délibérément attaqués », soulignent les chercheurs.

Le nombre d’attaques contre des établissements de santé est ainsi passé de 91 en 2012 à 199 en 2016. Selon les chercheurs, 94 % d’entre elles ont été menées par le régime de Bachar Al-Assad et ses alliés.

Bombardé 33 fois 

Parmi ces exactions est cité le cas de l’hôpital Kafr Zita Cave à Hama, dans le centre du pays. Celui-ci a été bombardé à 33 reprises depuis 2014, dont six fois depuis le début 2017. Autre cas, celui de l’hôpital souterrain M10, situé dans la partie orientale d’Alep. Il a été attaqué à dix-neuf reprises en l’espace de trois ans avant d’être complètement détruit en octobre 2016.

Selon des chiffres fournis par l’ONG américaine Physicians for Human Rights (PHR), entre mars 2011 et septembre 2016, 782 soignants ont été tués : 55 % dans des bombardements, 23 % lors de fusillades, 13 % à la suite de tortures tandis que 8 % ont été exécutés. A cela s’ajoutent 32 morts survenues entre octobre 2016 et février 2017, selon les chercheurs. Les médecins représentent un tiers de ces victimes.

Les travaux montrent que la moitié des praticiens présents avant la guerre ont fui le pays, soit plus de 15 000 personnes entre 2011 et 2015. Dans la partie orientale d’Alep, il ne reste plus qu’un seul médecin pour 7 000 habitants, contre 1 pour 800 en 2010. L’exode concerne plus particulièrement les docteurs expérimentés, ne laissant souvent sur place que des jeunes insuffisamment formés en raison du conflit, déplore encore l’étude.

"Lacunes" de l'OMS

Ces jeunes médecins sont concentrés dans les zones sous contrôle gouvernemental. Dans les autres régions, les rares soignants encore présents doivent gérer l’afflux de victimes, mais également faire face à des pénuries de médicaments, à des épidémies ou à des attaques chimiques.

Pour les auteurs de l’étude, la crise syrienne « a révélé des lacunes » dans les réactions des organisations internationales, notamment celle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui répertorie désormais les attaques. L’agence ne fournit pas les noms des responsables « ce qui porte atteinte aux efforts nécessaires pour mettre fin à ces crimes de guerre », expliquent les auteurs.

Dans un communiqué, l’OMS reconnaît que cette guerre est actuellement « la plus grande crise sur le plan humanitaire et en termes de réfugiés ». L'organisation onusienne envisage de travailler avec tous les participants « pour faire avancer les choses ».

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