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Cancers : le rôle du virus Epstein-Barr mieux compris

Le virus d’Epstein-Barr jouerait un rôle non-négligeable dans la survenue de plusieurs cancers, selon une étude franco-allemande.

Cancers : le rôle du virus Epstein-Barr mieux compris Virus Epstein-Barr/Inserm

  • Publié 13.02.2017 à 13h48
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Environ 95 % de la population mondiale adulte est infectée par le virus d’Epstein-Barr. Pas de panique : lorsqu’il est contracté, en général pendant l’enfance, ce membre de la famille des virus herpès, ne provoque que des banales infections des voies respiratoires, ou une mononucléose infectieuse.

Mais les chercheurs d’une unité franco-allemande de l’Inserm ont découvert qu’une protéine contenue dans les particules de ce virus, baptisée BNRF1, pouvait aussi provoquer des cancers chez certaines personnes.

Un simple contact suffit

Dans un article publié dans la revue scientifique Nature communications, ils rappellent que cette protéine reste, avec le virus, dans le corps humain après l’infection, et jusqu’à la mort des personnes infectées.

Ils expliquent aussi une spécificité liée au virus, qu'ils ont découverte. « En général, pour induire une tumeur, les virus ont besoin d’introduire leur génome dans les cellules qu’ils souhaitent infecter. Dans le cas du virus d’Epstein-Barr, il s’avère qu’un simple contact avec la particule virale elle-même suffit à induire des anomalies dans la division cellulaire. » Les cellules filles ont ainsi des risques de contenir des anomalies, de se répliquer sans contrôle, et donc de provoquer des cancers.

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Plusieurs cancers ORL

Chez certaines personnes, le virus, qui infecte notamment les lymphocytes du système immunitaire et certaines cellules de la muqueuse de la bouche et du pharynx, serait donc responsable, via BNRF1, du développement de cancers de l’estomac, de la partie nasale du pharynx, ou du système lymphatique.

Lors de tests sur la souris, les chercheurs sont en effet parvenus à supprimer l'instabilité chromosomique en supprimant BNRF1 du virus, prouvant ainsi le lien entre la protéine et le développement des cancers.

Proposition de vaccin

« Le virus d’Epstein-Barr pourrait donc causer plus de cas de cancers que l’on ne soupçonnait. Nous suggérons la mise au point d’un vaccin pour réduire la fréquence de contacts avec le virus d’Epstein-Barr et le risque de cancer associé », explique Henri Jacques Delécluse directeur de l’unité 1074 de l’Inserm, « Infection, cellules épithéliales et cancer », qui a mené cette étude.

Des prototypes de vaccin existent déjà. Ils consistent à injecter des pseudo-particules du virus, c’est-à-dire des particules dont la structure est identique à celle du virus, mais qui ne portent pas son patrimoine génétique, et ne sont donc pas infectieuses. Grâce à leur découverte, les chercheurs espèrent maintenant trouver un moyen d’inactiver la protéine toxique, avant de mener les tests permettant de confirmer l’utilité de ce prototype vaccinal.

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