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Ibuprofène, combinaisons

Rhume : les anti-inflammatoires associés à un risque d’infarctus

Les anti-inflammatoires sont associés à un risque trois fois plus élevé d'infarctus du myocarde s'ils sont pris lors d'une infection respiratoire aiguë, comme un rhume ou une grippe.

Rhume : les anti-inflammatoires associés à un risque d’infarctus photographee.eu/epictura

  • Publié 07.02.2017 à 13h37
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Et si la meilleure façon de guérir d’un rhume était tout simplement… d’attendre ? Cette solution peut sembler surprenante mais l’ibuprofène pourrait être contre-productif. C’est ce que suggère une étude parue dans le Journal of Infectious Diseases. Elle dresse en effet une association entre la prise d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) et le risque d’infarctus du myocarde.

Cette association résulte de l’analyse du registre national des assurés de Taïwan entre 2005 et 2011. Au cours de cette période, 10 000 patients ont été hospitalisés en raison d’un infarctus du myocarde. En passant en revue leurs dossiers, les chercheurs avaient pour objectif d’évaluer deux facteurs de risque : l’infection respiratoire – comme un rhume ou une grippe – et le recours aux AINS.

Des risques indépendants

Les résultats incitent à la prudence quant à ces médicaments. Prescrits dans le cadre d’une maladie des voies respiratoires, ils sont associés à un risque triplé d’infarctus du myocarde. Il est multiplié par sept si l’administration se fait par voie intraveineuse à l’hôpital.

Si la combinaison n’augure rien de bon, ces deux paramètres accroissent le risque indépendamment. La probabilité de faire une crise cardiaque est presque triplée lorsque les symptômes touchent les voies respiratoires. L’utilisation d’AINS sans maladie de ce type élève aussi le danger.

« Les médecins devraient être conscients du fait que le recours aux AINS durant une infection respiratoire peut accroître le risque d’infarctus », estime Cheng-Chung Fang, qui signe l’étude. Mais les professionnels de santé ne sont pas les seuls à devoir faire preuve de jugement.

Le paracétamol en substitution

Plusieurs molécules sont recommandées et disponibles en cas de rhume ou de grippe. Rhinadvil rhume, Nurofen rhume, Rhinureflex… voilà autant de médicaments qui sont en vente libre dans les pharmacies. Le recours à l’ibuprofène est aussi fréquent pour apaiser les symptômes d’un syndrome grippal. Les patients sont donc invités à demander l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant de s’y recourir… et à envisager l’achat de paracétamol, dont le profil est moins sujet à caution.

Les auteurs de ces travaux ont d’ores et déjà prévu d’entrer dans le détail, dans le cadre de recherches complémentaires. Ils ont l’intention de déterminer quelles molécules sont les plus à risque et si les personnes ayant des antécédents cardiovasculaires font l’objet d’un risque accru. Car une méta-analyse a déjà livré des conclusions proches en 2013. Parue dans le Lancet, elle montre une association entre des doses élevées d'AINS et l'insuffisance cardiaque.

« Les médecins devraient prendre en compte les pathologies existantes et les médicaments consommés lorsqu’ils prescrivent des AINS pour soulager les symptômes d’une infection respiratoire », confirment Charlotte Warren-Gash (London School of Hygiene & Tropical Medicine) et Jacob Udell (Université de Toronto) dans un commentaire associé à l’étude.

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