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Institut Pasteur, CNRS

Schizophrénie : la nicotine comme voie thérapeutique

La nicotine agit sur les symptômes de la schizophrénie, d'après des chercheurs français. Cette découverte ouvre une potentielle voie thérapeutique

Schizophrénie : la nicotine comme voie thérapeutique axentevlad/Epictura

  • Publié 24.01.2017 à 18h44
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  • Mise à jour le 25.01.2017 à 17h07
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Entre 80 et 90 % des patients schizophrènes sont fumeurs. Plusieurs études, dont une publiée en 2016 dans la revue Schizophrenia Reasearch, montrent un lien fort entre le tabagisme et la maladie. Le tabagisme semble être une sorte d’automédication, une manière de compenser les déficits dus à leur maladie. La nicotine agirait directement sur leurs symptômes, estiment des chercheurs français de l’Institut Pasteur, du CNRS de l’Inserm et de l’ENS.
Dans un article publié dans Nature Medicine, ils sont parvenus, grâce à un modèle animal, à proposer une explication sur le mécanisme d’action de la nicotine chez les malades.

Ils ont utilisé un gène connu pour être associé à la fois aux troubles cognitifs chez les schizophrènes et à la dépendance au tabac, CHRNA5, présent chez 37 % des Européens. En l’intégrant au génome de souris, ils sont parvenus à reproduire ces troubles chez l’animal. Ensuite, en observant leur activité cérébrale avec ou sans apport nicotinique chronique, les chercheurs ont pu proposer une explication : la nicotine stimule des zones déficientes du cerveau chez les patients schizophrènes.

Les cellules pyramidales requinquées

La schizophrénie se traduit par une altération de certains neurones du cortex préfrontal, une région du cerveau située juste au dessus des yeux, et associée à la cognition, à la prise de décision et à la mémoire de travail. L’activité de ces neurones, appelés cellules pyramidales, est affaiblie.

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La nicotine agirait, d’après les résultats de l’équipe française, sur les interneurones, de petites cellules cérébrales qui établissent des connexions dans le cerveau. Elle prend la place d’un neurotransmetteur sur ces interneurones. Comme des clés de rechange pour ouvrir une multitude de serrures, un apport chronique de nicotine les stimule et, par ricochet, les cellules pyramidales retrouvent une activité normale.

Trouver une clé sans effets secondaires

Les schizophrènes fument donc pour que la nicotine stimule leurs neurones. « Il n’est pas question de dire que le tabac, même pour les schizophrènes, peut-être bon pour la santé, explique à Pourquoidocteur Fani Koukouli, neurobiologiste à l’Institut Pasteur, et auteur principal de l’étude. Le tabac, et la nicotine en elle-même, ont des effets néfastes. Mais ce que nous pouvons imaginer comme piste thérapeutique, c’est de trouver un agoniste des récepteurs nicotiniques ; une molécule qui agit sur les mêmes récepteurs, et qui permettrait aux cellules pyramidales de retrouver un état d’excitation normal. »

Cette molécule devrait être débarrassée de l’effet addictif de la nicotine, ainsi que de ses effets sur le vieillissement cellulaire, ou sur l’activité cardio-vasculaire.

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